Les meilleurs polars à avoir lu au moins une fois dans sa vie

Un bon polar, c’est comme un bon plat, ça se déguste doucement pour en ressentir toutes les saveurs à chaque bouchée. Patiemment, sans se hâter, sans rien manquer des subtilités distillées par l’auteur. Certains ne lisent que des polars, d’autres y reviennent régulièrement pour retrouver le frisson. Entre les auteurs cultes et les jeunes loups qui renouvellent le genre, il est un univers impitoyable où chaque écrivain invente des personnages aux prises avec un destin contraire et entretient l’addiction. C’est parti pour un petit tour d’horizon en 10 ouvrages cultes à dévorer de toute urgence.

Agatha Christie, Le crime de l’Orient-Express

 

Le crime de l'Orient Express meilleur polar
©LeMasque

 

Publié en 1934, Le Crime de l’Orient-Express est un polar charnière qui n’a rien perdu de son attrait, redécouvert génération après génération. Traduit dans plus de 30 langues, il embrouille ses lecteurs au fur et à mesure des révélations abracadabrantes, jusqu’au bouquet final. Qui n’a pas cru découvrir le pot aux roses avant de se retrouver complètement coi à la lecture des révélations finales du célèbre détective belge Hercule Poirot ? Le style classique multiplie les bons mots, les touches d’ironie et l’intelligence pure pour un moment inoubliable de lecture.

 

Thomas Harris, Le silence des Agneaux

 

le silence des agneaux meilleur polar

© AlbinMichel

 

Lorsque Le Silences des agneaux parait en 1988, c’est un tremblement de terre. Tout le monde se l’arrache pour découvrir l’attitude délicieusement cruelle du cannibale le plus connu de la littérature, Hannibal Lecter. L’adaptation cinématographique en 1991 avec Jodie Foster et Anthony Hopkins ne fera pas retomber le soufflé, bien au contraire. L’auteur s’amuse à enchaîner les scènes macabres sans discontinuer, le lecteur ne peut pas lâcher l’ouvrage, rendu dépendant au psychiatre aussi intelligent que pervers. Un polar devenu un classique !

 

John Le Carré, La Taupe

 

la taupe meilleur polar
© Seuil

 

Il fut un temps où la guerre froide entre l’URSS et les Etats-Unis inspiraient les auteurs de polars pour leur ajouter une touche d’espionnage et de paranoïa aux rouages sadiques et aux personnages ambigus. La Taupe est un grand moment de lecture et l’adaptation cinématographique récente avec Gary Oldman dans le rôle titre a rappelé l’audience au bon souvenir de John Le Carré. Qui est communiste, qui est capitaliste, derrière les apparences se joue une partie d’échecs à découvrir sur petit écran et aussi sur feuillets. Le héros s’appelle George Smiley, il n’est pas impressionnant, et pourtant il détricote les apparences pour identifier l’agent double infiltré au cœur des services secrets britanniques. Du grand art.

 

Umberto Eco, Le nom de la rose

 

le nom de la rose meilleur polar

© LivredePoche

 

C’est un moine détective qui attira en 1980 les lecteurs de polars du monde entier. L’auteur sémiologue érudit Umberto Eco imaginait une enquête en plein cœur d’un monastère reculé et rendit des millions de lecteurs accros. L’adaptation cinématographique de Jean-Jacques Annaud en 1986 ne fit qu’amplifier le phénomène. L’auteur multiplie les digressions savantes et montre l’étendue de son savoir encyclopédique. L’enquête fait ressortir l’obscurantisme de temps reculés sans jamais donner envie de fermer l’ouvrage. Un livre à lire absolument.

 

Ian Fleming, Bons baisers de Russie

 

bons baisers de russie meilleur polar
© Plon

 

Avant de devenir un héros mythique de cinéma, James Bond fut d’abord un héros de littérature. Aussi alcoolique et coureur de jupons que son auteur, l’espion anglais est quelque peu différent par écrit comparé à ses interprétations multiples sur grand écran. Mais le rythme tient en haleine, l’auteur multiplie les péripéties et s’amuse à surprendre le lecteur. Tout le jeu est de lister les différences significatives entre sa première interprétation par Sean Connery et l’espion littéraire, quelque peu différent mais pas moins truculent. A vos crayons !

 

Patricia Highsmith, Plein soleil / Le talentueux Mr. Ripley

 

le talentueux Mr. Ripley meilleur polar

© LivredePoche

 

Avant de prendre les traits d’Alain Delon puis de Matt Damon, le héros littéraire Tom Ripley a surpris les lecteurs par sa perversité et sa logique toute personnelle. Capable de se travestir en à peu près n’importe qui, l’étudiant sans argent ni statut rêve de prendre la place d’un ami parti vivre la dolce vita sur la côte italienne. Le livre fait côtoyer réalité et fantasmes dans une dualité assez troublante et le lecteur ne peut pas s’empêcher de plaindre cet homme doué et calculateur mais perdu dans son stratagème machiavélique.

 

Graham Greene, Le troisième homme

 

Le troisième homme meilleur polar
© LivredePoche

 

Joseph Cotten et Orson Welles ont interprété les personnages perdus dans la Vienne de l’après Seconde Guerre mondiale. Le premier veut retrouver le second devenu un trafiquant de médicaments frelatés. La description faite par l’auteur des rapports entre Harry Lime et Rollo Martins met en abîme le génie du premier et la médiocrité du second, sur fond de monde à reconstruire, dans une ville en ruine mais appelée à renaître de ses cendres. En revanche, ne cherchez pas la référence à la Cuckoo Clock dans l’ouvrage, Orson Welles l’a inventée de toutes pièces pour le film !

 

Dan Simmons, L’échiquier du mal

 

l'échiquier du mal meilleur polar
© FolioSF

 

Si cet ouvrage mythique de 1989 n’est pas qu’un polar mais aussi un livre fantastique, il revêt de cette aura de suspense qui est généralement l’apanage du genre polar. Avec de l’histoire, de l’horreur, du fantastique et quelques hécatombes pour relever le tout. Saul Larski se retrouve mêlé à un complot international avec des anciens nazis revenus sous les traits d’êtres humains devenus leurs véhicules. Et l’histoire tient en haleine pour savoir comment les arrêter dans leur quête frénétique de pouvoir. Comme souvent avec Dan Simmons, l’écriture est aussi limpide qu’érudite pour un moment de lecture terrifiant.

 

James Ellroy, Le Dalhia Noir

le dalhia noir meilleur polar

© RivagesNoir 

 

Tout rêve comporte une face obscure, le rêve américain n’y fait pas exception. James Ellroy conte une histoire de cette Amérique qu’il aime tant à révéler au lecteur sous ses aspects les moins reluisants. Celle des voyous, des escrocs, des femmes à la fois sans défense et vénéneuses, et de cette quête de justice arbitraire pour faire payer les profiteurs. Comme dans LA Confidential, le livre est devenu un film, hélas bien moins réussi, devant la caméra de Brian de Palma. Mais le livre est plus noir, plus pervers, une pépite d’un James Ellroy qui n’a jamais fait fausse route.

 

Frank Miller, Sin City

 

sin city meilleur polar
© Rackham

 

D’accord, Sin City n’est pas un roman mais un Comics. Mais quelle qualité ! Quelle noirceur ! En un volume, l’auteur dépeint la lie de l’humanité, avec certains de ses représentants parmi les moins fréquentables. Le film tourné par Robert Rodriguez et Quentin Tarantino rend justice à la vision sinistre de l’auteur avec son noir et blanc classieux griffé de quelques touches de couleur. Les héros parviendront-ils à se faire justice contre des hommes puissants, sans scrupules, avides de pouvoir et d’argent ?