Acheter un logement : le parcours du combattant des indépendants

Auto-entrepreneurs. Free-lance. Chefs d’une petite entreprise… Malgré le développement des professions indépendantes, ces profils peinent à séduire les banques et les agences immobilières. Pourtant, des solutions existent pour mettre en valeur son dossier d’acquisition.

Avoir un projet cohérent

Acheter un logement quand on est indépendant : entrepreneur qui travaille dans un café
© Brooke Cagle on Unsplash

 

De l’avis des professionnels, c’est la règle d’or pour qui veut acheter un logement sans être en CDI : « vous devez être en mesure d’expliquer votre choix. Ce ne doit pas être une option par défaut, sous prétexte que vous ne trouvez pas d’emploi. Pour cela, faites comprendre à votre agent, mais surtout à votre banquier, qu’être webmaster, designer ou journaliste indépendant est une situation normale dans votre corps de métier », conseille Cécile Roquelaure, chargée d’études pour le courtier en crédit immobilier Empruntis. Reste que certaines professions souffrent d’une mauvaise réputation : « le banquier va être plus retissant à vous accorder un prêt si vous êtes auto-entrepreneur. Le business model de ces entreprises est souvent mal conçu, et le taux d’échec est important. D’autant plus s’il s’agit d’être auto-entrepreneur pour faire de la livraison ou être chauffeur VTC », ajoute-t-elle.

 

Une tenue de compte excellente

Tablette tactile
© Dose Media on Unsplash

 

Autre impératif : l’historique bancaire de l’emprunteur. « L’idéal est de s’adresser à son banquier personnel si l’on s’entend bien avec lui », recommande Brice Cardi, président du réseau d’agences immobilières l’Adresse. Si ce n’est pas le cas, l’emprunteur peut toujours tenter sa chance auprès des banques mutualistes. La Banque Populaire, avec sa garantie SACCEF, offre un mode de cautionnement du prêt adapté aux personnes travaillant en indépendant, tout comme le Crédit Mutuel. « En agence, nous disons à nos clients de mettre de côté leurs trois derniers exercices, qu’ils puissent démontrer au banquier que leur modèle est viable, d’autant plus si leurs revenus sont en progrès », souligne-t-il.

 

S’aider d’un proche

Jeune couple main dans la main
© João Silas on Unsplash

 

Pour rassurer le banquier, les emprunteurs peuvent solliciter l’aide d’un proche en CDI par exemple, non comme co-emprunteur, mais comme caution solidaire. Ce dernier versera, en cas de défaut de paiement de l’acquéreur, les mensualités dues à la banque. « Mais que les indépendants se rassurent », observe Brice Cardi, « le monde change et les professionnels s’adaptent de plus en plus à ce statut car c’est l’avenir. Aux États-Unis, certaines études présagent qu’à l’horizon 2020, 50 % de la population travaillera avec un statut d’indépendant ». Une tendance qui gagne également la France comme on peut le lire dans une étude de l’Observatoire Alptis de la protection sociale datée de mars 2017. Les auteurs, Cécile Désaunay et François de Jouvenel de Futuribles, constatent que « le nombre de travailleurs indépendants a augmenté de 25 % depuis 2003, soit 10 fois plus vite que la population salariée. L’emploi indépendant représente aujourd’hui 11,5 % de l’emploi en France. »

 

Ne pas s’inquiéter du taux

Logements à Paris
© Adrien Olichon on Unsplash

 

Une fois toutes ces barrières franchies, l’inquiétude sur la délivrance du taux et du montant de l’assurance emprunteur paraît légitime. Pourtant, il n’en est rien : « si vous êtes jugé solvable, vous bénéficierez du même niveau de taux qu’une personne en CDI », affirme Cécile Roquelaure. « Quant à l’assurance emprunteur, les auto-entrepreneurs sont vus comme des chefs d’entreprise. Ils sont traités par les assureurs comme des cadres et profitent des meilleurs tarifs. »