Paris en 6 brasseries mythiques

Que serait Paris sans ses brasseries ? Ses immenses établissements vitrés où les cuisses de poulet rissolent et la purée est pressée en cuisine. Ici, le vin de table dessine un demi-cercle bordeaux sur des nappes immaculées. On se presse pour déguster des assiettes bien remplies à l’heure du déjeuner. Tour d’horizon de la comfort food à la française en 6 très bonnes adresses. 

 

Brasserie démocratique : Bouillon Pigalle

Le Bouillon Pigalle brasserie paris
© Le Bouillon Pigalle

 

Niché dans un ancien bar de Pigalle, le Bouillon s’est clairement inspiré de son grand frère Chartier quelques rues plus bas. Serveurs efficaces, banquettes en skaï rouge et nappes immaculées : les codes de la brasserie sont suivis à la lettre. Malgré les 300 couverts, la plupart du temps la file d’attente serpente jusque sur le trottoir. Il faut dire que dans le quartier, on est plus habitué aux bars à cocktails qu’aux brasseries parisiennes. C’est dans un brouhaha de couverts que l’on analyse le menu : escargots persillés, blanquette et steak-frites à l’honneur. La carte est longue et les prix très doux. 

Ce jour-là, pour nous, on reste dans le classique du genre : œuf mayo (avec beaucoup de mayonnaise) en entrée (1,90€), saucisse purée pour le plat principal (11,50€) et chou chantilly pour la note sucrée. Vu le prix du menu, on se laisse même séduire par un ballon de rouge.

Bouillon Pigalle
22 Boulevard de Clichy, 18e
Métro : Pigalle

 

Brasserie emblématique : Lipp

Brasserie Lipp Paris
© Yann Deret

 

Voilà plus de 60 ans que l’on savoure du hareng Bismark sur les nappes blanches de la brasserie Lipp. Véritables institutions à Saint-Germain-des-Prés, les mosaïques de Lipp voient défiler chaque jour des plats franchouillards composés avec soin. Poireaux vinaigrette, confit de cuisse de canard, escargots de Bourgogne, choucroute au jarret de porc… Les plats accompagnés de purée, d’endives meunière ou de gratin dauphinois ne sont pas au régime, et vous non plus. Ceux du jour, autour de 20 euros, changent tout au long de la semaine : gigot le mardi et cassoulet le jeudi !

Lipp
151 Boulevard Saint-Germain, 6e
Métro : Saint-Germain-des-Prés 


 

Le Vaudeville


Brasserie chic : Astair

Brasserie Paris Chic Astair
© Astair

 

La brasserie parisienne a de beaux jours devant elle. La preuve avec Astair, jeune table planquée depuis septembre 2018 dans l’un des plus beaux passages parisiens. Derrière les boiseries de ce restaurant aux 40 couverts, deux grands noms : Tristan Aueur (designer de l’année 2017) au décor et Gilles Goujon (3 étoiles à l’Auberge du Vieux Puit à Fontjoncouse), en cuisine.

Installé autour du bar circulaire, on se laisse charmer par un gin tonic à base de Normindia et relevé de poivre et de concombre. Suit très rapidement l’œuf parfait de poule fermière aux champignons des bois et sa brioche (15€). Un excellent prélude à la Sole grillée au charcoal (39€) et servie avec une purée onctueuse. N’hésitez pas à piquer dans l’assiette de votre voisin le gratin de coquillettes au comté. Difficile de repartir sans avoir croquer dans la tatin (10€) coiffée d’une (imposante) noisette de crème d’Isigny. En fonction de la taille de votre découvert, vous préférez peut-être tester le menu du midi à 25 euros (entrée-plat-dessert). Des classiques de la brasserie revisités par un chef triplement étoilé !

Astair
9 passage des Panoramas, 2e
Métro : Grands Boulevards

 

Brasserie huppée : Zebra

Brasserie Paris Zebra
salle du restaurant Zebra © Benoit Linero

 

Chouette, du nouveau à l’Ouest ! Située fièrement en face de la Maison de la Radio, cette néo-brasserie bien pensée par Alexandre Giesberg et Julien Ross (à qui l’on doit également le Roco et le Daroco) éblouit par son décor de marbre vert et son impressionnant tapis de suspensions. Un décor majestueux signé Olivier Delannoy et Francesca Errico. Voilà pour clore le chapitre name dropping. Dans l’assiette, les classiques du genre bistrotier reprennent des couleurs.

Aux manettes, le jeune chef Eloi Spinnler et au menu : tartare de bœuf haché minute, foie de veau grillé, saucisse purée et camembert entier rôti. Tout est délicieusement cuit et parfaitement assaisonné. Contrairement à la plupart des brasseries parisiennes, le Zébra propose un vrai plat végétarien. Ce jour-là, c’est une déclinaison de courges et son bouillon d’écorce qui est à l’honneur. Si les assiettes sont plutôt onéreuses, comptez entre 20 et 30 euros pour le plat de viande, la semaine la formule déjeuner entrée-plat-dessert est à 23 ou 26 euros.

Zebra
3 place Clément Ader, 16e
Métro : Javel 

 

Brasserie légendaire : La Coupole

Brasserie Paris La coupole
© La Coupole

 

Boulevard Montparnasse, ce ne sont pas les brasseries qui manquent ! C’est même un véritable carrefour de brasseries. Parmi elles, l’éternelle Coupole. Un restaurant au décor art-déco, célèbre pour ses 32 colonnes, et qui vit défiler entre ses murs étincelants les plus belles années du quartier. Aujourd’hui, on ne croise plus Sartre ou Beauvoir à la Coupole mais un mélange de touristes bien renseignés, d’hommes politiques et d’habitants du 6e arrondissement.

Ici, on ne bouscule pas les habitudes, on sert depuis 1927 le curry d’agneau à l’indienne et d’autres mets traditionnels : fricassée de rognons à l’Armagnac, blanquette de lotte et aile de raie à la Grenobloise. Du franchouillard servi par des garçons de café attentionnés.

La Coupole
102 Boulevard du Montparnasse ,14e
Métro : Vavin

 

Brasserie ferroviaire : Lazare

Brasserie Paris Lazare
Le Lazare © Corinne Jamet

 

C’est en plein cœur de la gare que le chef Eric Frechon a installé le décor de bois et de cuivre de sa néo-brasserie. Lazare, tout simplement. Un restaurant aux airs de brasserie chic où l’on déguste les classiques du genre : tartare de bœuf et ses pommes pailles, entrecôte de bœuf à la plancha accompagnée de petits pois au lard fumé ou encore sublime poitrine de cochon grillée aux pousses de moutarde. Ruisselante de bonheur et de gras pour tenir le coup le temps d’un trajet en Transilien.

Le service dépote sans être pressé. Vous aurez même quelques minutes devant vous pour déguster la spécialité sucrée du lieu : un Paris-Deauville (évidemment !) arrosé de caramel. Une recette – dit-on –  soufflée par la grand-mère du chef, visiblement bien familière de ce que l’on appelle aujourd’hui la comfort food. Comptez environ 30 euros pour un plat, et entre 10 et 18 euros pour une entrée.

Lazare
Parvis et rue Intérieure de la gare Saint-Lazare, 8e
Métro :Saint-Lazare