Juste Le Zinc

Ce fut Le Petit Turin. Aujourd’hui, avec sa large baie vitrée, son mobilier bistrotier, son zinc de 7 mètres de long avec sa pompe à bières rutilante, Juste le zinc ressemble à n’importe quel bistrot parisien.

On pousserait volontiers la porte sachant que l’on est certain d’y trouver une carte déroulant les classiques terrine de campagne, blanquette de veau, pot-au-feu et mousse au chocolat. Sauf que Juste le zinc, ce n’est pas juste de la cuisine ménagère. Il y a derrière les fourneaux un chef, Alain, qui n’est pas là pour étaler son CV mais pour envoyer des assiettes virevoltantes, audacieuses. La base est celle de notre patrimoine culinaire, côtes d’agneau, onglet de bœuf, etc., mais l’exécution est moderne, les présentations soignées et les accords maîtrisés. Velouté de chou-fleur caramélisé, imparable. Œufs Meurette, d’anthologie. Filet de daurade et courgettes confites, justesse des assaisonnements. Et puis, il y a ce plat que personne n’attendait, la cataplana, nom de l’ustensile typique de la cuisine portugaise. Sorte de wok en cuivre, il enferme les arômes pour les restituer à la dernière seconde quand on soulève le couvercle. En l’occurrence, du bar, des palourdes, des petits légumes, des herbes… et un jus iodé à souhait que l’on sauce jusqu’au bout. La chantilly de semoule terriblement régressive permet de prolonger le plaisir.


La note de la rédaction : 4 sur 5.