La Poudrière

Une humeur chafouine, des papilles en berne, un estomac en vrac, une compagnie terne… Il ne faut pas grand-chose pour dézinguer une adresse quand le Tout-Paris s’en émerveille.

Sauf qu’en l’occurrence, toutes les conditions étaient réunies pour rejoindre le fan club de cet établissement niché sous des voûtes dans un éco-quartier tout juste sorti de terre à deux enjambées du Fort d’Issy-les-Moulineaux. Accueil souriant, partie de baby-foot avant d’attaquer un verre de vin bio et une planche de speck fumé pour patienter avant l’arrivée des deux entrées, d’un petit plat (c’est sa dénomination) et d’un dessert. Dans la catégorie honorable, le velouté de champignons et le saumon mariné/ agrumes/ épices. Dans la catégorie trop gras, trop lourd, les couteaux et huile de chorizo et le carpaccio de légumes racines/tarama maison. Dans la catégorie immangeable, le maquereau au boudin noir. Une assiette d’une inélégance rare où rien n’est valorisé, avec une salade avachie sur le maquereau, un jus/ sauce/ escabèche tellement gras qu’il finit par vous donner des haut-le-cœur. Mais le pompon, c’est la glace au safran/jaune d’œuf confit vanillé/courge confite. Rien ne va ensemble, c’est écœurant (le jaune entier posé au milieu de l’assiette) et filandreux. Une fois encore, la cuisine “slash” a ses limites. Gare au Gorille (dans le 17e) la maîtrise, La Poudrière, pas franchement.

Note de la rédaction 1 sur 5