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Les nouvelles ouvertures de restos en novembre à Paris

L’expression « cuisine réconfortante » n’a jamais aussi bien portée son nom que lorsque la météo se fait de plus en plus maussade. Rien de mieux que de se réchauffer l’estomac avec notre sélection de nouvelles ouvertures de restos en novembre à Paris. Spoiler : il y a du très lourd ce mois-ci. 

Shabour : le meilleur de Paris et Israël

© The Social Food

 

On avait lu des avis positifs ici ou là avant d’y aller, mais soyons honnêtes, on ne s’attendait pas à une telle claque culinaire. Après avoir séduit Paris avec Balagan, Assaf Granit nous met KO avec Shabour. C’est dans la rue Saint-Sauveur qu’il a décidé de poser ses casseroles. Le chef israélien, propose une expérience gastronomique intimiste. Ici, tout le monde est logé à la même enseigne : assis en hauteur et au comptoir qui entoure la cuisine. L’endroit parfait pour suivre des yeux toutes les petites mains qui s’affairent pour nous régaler. La carte puise ses inspirations entre Paris et Israël pour un melting pot gastro qui change régulièrement en fonction des humeurs du chef. Une évidence : le menu dégustation (91€).

Les amuses bouches se succèdent, puis la première baffe viens des entrées avec un œuf mollet fondant et entouré d’écume de tahini et oeufs de saumon. Du côté des plats, on est soufflé par la tendresse du pigeon accompagné par un cigare de bœuf et de tanzia et par le rouget servie avec le matbucha, sorte de salade de tomates et poivrons et sauce paprika. Et que dire de la mousse au chocolat badigeonnée d’huile d’olive d’Israël et de sel de la mer morte. Une folie. La carte des vins nous balade aux quatre coins du monde, de l’Espagne à la Grèce en passant par le Canada (avec un cidre des glaces incroyable). Rien à redire sur cette adresse qui rentre facilement dans notre top 3 de l’année. Mention spéciale pour le service et la convivialité (discussions avec le chef et tous les cuisiniers pendant tout le repas).

Shabour
19 rue Saint-Sauveur, Paris 2è
Ouvert du lundi au samedi de 19h à 23h30.

Contraste : la rencontre de deux terroirs

© Romain Gaillard

 

Après avoir ouvert Substance il y a un an, Stéphane Manigold récidive et re-dynamise le quartier de Madeleine avec Contraste, une cuisine terre et mer magnifiée par un beau duo en cuisine. Aux fourneaux donc, Erwan Ledru et Kevin de Porre, deux jeux chefs amis depuis l’enfance. Ils proposent une carte piochant dans leurs origines : nos papilles font donc des allers et venues entre le sud de la France et la Bretagne. En salle, une déco chic (table inspiration marbre, moulures, banquettes) et un service aux petits soins. Le soir, on se laisse guider par le menu en 5 temps (75€) qui débute avec un œuf du poulailler et de rivière infusé à la betterave sur une anguille fumée. Premier échange terre / mer qui claque.

Derrière, on croque avec envie dans les tortelloni aux blettes sur un lit de chorizo fondant et sa crème de parmesan. Les associations sont idylliques. Le veau du Limousin fond en bouche et se marie avec un salsifis croquant, moutarde à l’ancienne et mousse des bois. Enfin, gros coup de cœur pour le combo glace à l’Oseille du Gers, citrons jaunes et concombre qui détonne. On termine sur une note originale avec un chocolat Vietnam fumé, des algues et matcha. Ajoutez à cela un accord mets / vins au poil, et c’est un sans faute. Une cuisine revigorante et originale qui fait du bien au palais.

Contraste
18 rue d’Anjou, Paris 8è
Ouvert du lundi au vendredi de 12h à 14h et de 19h30 à 22h30

Gilberte : la nouvelle rôtisserie du 6ème

© Gilberte

 

Direction le cœur du 6ème arrondissement pour découvrir Gilberte, nouvelle rôtisserie implantée à Saint-Germain-des-Prés. On remarque de loin sa belle terrasse végétalisée et chauffée et un intérieur décontracté, mais chic. Le crédo : un repas comme à la campagne. On débute par le cocktail maison Gilberte (Mezcal, citron vert, fruit de la passion) pour une touche rafraîchissante. En entrée, on se laisse tenter par la belle alliance entre le sashimi de thon et son foie gras poêlé, chutney de pomme gingembre. Chez Gilberte, les amateurs de volaille rôties seront aux anges (la rôtisserie propose un poulet fermier de Normandie en 3 formats).

Notre suprême de volaille nacré est tendre à souhait et s’accompagne d’un jus de cuisson, d’haricots verts et d’un crumble. La poitrine de porc quant à elle est bien croustillante et prend du relief grâce à sa julienne de légume. Enfin, en dessert, parfaite mousse au chocolat Saint Domingue qui nous assied comme il faut pour le reste de la journée. Belle adresse loin de l’agitation du boulevard Saint-Germain qui nous embarque le temps d’un repas, en pleine campagne française.

Gilberte
79 rue de Seine, Paris 6è
Ouvert tous les jours de 12h à 1h

Street Bangkok Odéon : chaud comme la braise

© Simon Kolton

 

Et de quatre pour la team Street Bangkok qui débarque pour la première fois Rive Gauche dans le quartier animé d’Odéon. La nouveauté de ce spot ?  La cuisson à la braise et au sarment de vigne. Pour le reste, on garde l’ADN Street Bangkok avec une cuisine ouverte, des néons et des tags sur les murs (et évidemment les affiches X dans les toilettes). Verdict de ce nouveau mode de cuisson : une viande légèrement grillée et méga fondante.

Optez pour les deux plats phares : le bœuf tigre qui pleure (200g d’onglet de bœuf Black Angus servi bleu, sauce tamarin, échalotes, herbes thaïes citron vert) et le demi poulet mariné au lait de coco (+ gingembre, citronnelle, galanga, curcuma, curry, fenouil et concombre infusés). Balèze. On fait les costauds en prenant également une salade de papaye assez pimentée (papaye verte, tomates cerises, haricots, cacahuètes, crevettes roses séchées avec extra œuf de cana salé) pour une touche de verdure. Puis, on teste la nouveauté, le street sweet signature, maxi combo de riz gluant gourmand au lait de coco aromatisé à la feuille de Pandan, mangue et accompagné d’une Street ice cream 2 boules : saveur coco et pandan. La fraîcheur qu’il fallait pour calmer les papilles.

Street Bangkok Odéon
73 rue de Seine, Paris 6è
Ouvert tous les jours de 12h à 23h

 

Terminus Nord : joli coup de lifting sur la mythique brasserie

© Benedetta Chiala

 

On ne va pas se mentir, les restos avoisinants les gares ne sont pas forcément le lieu de prédilection des parisiens pour un déj’. Mais, c’était avant de découvrir le joli coup de lifting qu’a subi le Terminus Nord, brasserie frenchie située sur le parvis de la Gare du Nord, par John Whelan. Il fallait bien ça pour ce lieu emblématique datant de 1925 : nouvelle devanture, nouvelles assises, banquettes, tout en conservant son identité art déco d’autrefois. Du côté de la carte, les classiques de la brasserie française avec une belle mise en avant des fruits de mer (notamment les huitres).

Ce sont finalement les amandes de mer qui nous font de l’œil pour démarrer et elles sont bien charnues et respirent l’iode. Les plateaux de mer proposés séduiront les amateurs des bouchées marines (langoustines, bulots, homard, tourteau). On reste au rayon poissonnerie avec le fish & chips qui s’avère si fat, qu’on aurait presque envie de choper l’Eurostar sur un coup de tête. Côté sucré, on reste sur du classique avec une bonne crème brûlée à la vanille et une île flottante qui impressionne par sa taille. Une adresse parisienne cosmopolite où se mêlent touristes, costard cravate et parisiens à la cool. Validé.

Terminus Nord
23 rue de Dunkerque, Paris 10è
Ouvert du lundi au samedi de 6h45 à minuit et le dimanche de 8h30 à 23h