Portrait arty : Bruno Solques, boulanger-céramiste

Il se lève à trois heures tous les matins pour ouvrir sa boulangerie dès huit heures aux passants du Ve arrondissement. Bruno Solques n’est toutefois pas un boulanger comme les autres. Pourquoi ? Parce qu’il passe son temps libre à faire de la céramique, qu’il expose entre deux croissants ! 

 

Profession : boulanger-céramiste

© Bruno Solques. Crédit : MCL

 

« J’aime le matin, j’écoute tranquillement la radio, et je n’ai même pas besoin de réveil ! » Comme tous les boulangers, Bruno Solques, né en 1963, n’a pas peur de se lever à l’aube pour plonger les mains dans ses sacs de farine, malaxer ses pains et cuire ses viennoiseries. L’homme travaille jusqu’à 14 heures, avant que Laurent, son employé, n’arrive pour le remplacer jusqu’au soir. Avec lui, Elsa, une petite chatte noire accueille les clients en miaulant.

 

© Boulangerie Bruno Solques. Crédit : MCL

 

Dans sa boutique du bout de la rue Saint-Jacques, Bruno rayonne. Il accueille les clients avec un indéfectible sourire, une voix forte et recueille très souvent de jolis compliments. « J’adore votre boulangerie ! Vous êtes artiste, c’est ça ?« , lui lance une jeune femme venue acheter un pain au chocolat. Elle a sans doute deviné sa seconde passion en observant, entre les grands plats remplis de victuailles, d’étranges sculptures de terre cuite. Au menu ? Des perroquets colorés, des têtes de cochons et des choux, et, sur les murs, de très belles compositions d’assiettes garnies de poissons, d’asperges, de moules…

 

© Boulangerie Bruno Solques. Crédit : MCL

 

Héritier d’une tradition vieille du XIXème siècle, Bruno Solques emploie une partie de son temps libre à la confection de céramiques gourmandes, qu’il ne vend pas mais accroche et expose dans sa boulangerie, et change régulièrement. Celle-ci a, de fait, l’allure d’un palais des merveilles, enchanté et mystérieux. Assez sombre, surplombé de poutres en bois, l’endroit intrigue les passants qui scrutent sa vitrine avec attention puis entrent, l’oeil curieux, et ressortent avec les bras chargés de pains aux farines atypiques, Bruno utilisant de « vieilles semences » biologiques telles que l’épeautre, le sarrasin, la châtaigne ou encore le blé noir, pour concevoir des pains aussi sculpturaux que ses céramiques.

 

© Bruno Solques. Crédit : MCL

 

Comment lui est venue cette double vocation ? Bruno Solques a débuté par le pain – « J’étais insupportable ! J’ai été viré de l’école à quinze ans, j’ai cherché un travail et j’en ai trouvé un dans une boulangerie. Travailler la nuit, j’ai tout de suite aimé : personne ne m’embêtait ! » –, puis a découvert la céramique quelques années plus tard grâce à une amoureuse de jeunesse.

Depuis, il a quitté Cagnes pour Paris, ouvert successivement trois boulangeries, dont celle-ci il y a 19 ans, s’est installé dans le Morvan où il dispose d’un atelier « pour les grandes pièces » de terre cuite, a eu deux filles, 6 et 8 ans aujourd’hui, et s’est engagé pour une pratique de la boulange responsable. En partant, il nous colle un autocollant « Stop Pesticides » sur le manteau, et nous glisse un mot sur l’appel écologique Nous voulons des coquelicots : une amie à lui a fabriqué de petits coquelicots de céramique qu’il expose sur son comptoir… Si jolis qu’on garde dans le coeur un petit pétale d’amour (et un peu de farine).

Son adresse favorite ? Le restaurant Sauvage, 55 rue du Cherche-Midi, 75006 Paris.

Boulangerie de Bruno Solques,
243 rue Saint-Jacques, 75005 Paris

Ouverte du lundi au vendredi, de 8 heures à 19 heures

 

© Boulangerie Bruno Solques. Crédit : MCL