Toutes les bonnes adresses de la Colline des Musées

Des expos aux restos, l’itinéraire que l’on emprunte tout au long de la Colline des Musées est aussi érudit que gourmand. Les bonnes adresses du 16e arrondissement, c’est ici. 

Les expositions à ne pas louper

Exposition « Enquêtes vagabondes, le voyage illustré d’Émile Guimet en Asie »au Musée Guimet et exposition « Pop Art, Icons thats matter » au Musée Maillol

 

Réunissant la Cité de l’architecture et du patrimoine, le Musée national d’art moderne de la ville de Paris, le Musée du quai Branly et le Palais de Tokyo, la Colline des Musées célèbre une expression artistique aussi limpide qu’éclatée. Aux prémices de la nouvelle année, on se rend d’abord à la Cité de l’architecture, impressionnant îlot de design du Palais de Chaillot, afin d’explorer l’exposition « 10 ans de restaurations ».

Comment et pourquoi restaure-t-on une oeuvre ? Avec quels matériaux ? Quels sont les enjeux de la conservation du patrimoine ? Autant d’interrogations trouvant écho du côté du Musée national d’art moderne. Lieu culte où s’expose l’oeuvre expérimentale de Ian Kiaer, dont l’atypique projet « Endnote, tooth » questionne lui aussi le statut d’objet d’art.

Remontant l’avenue du Président Wilson, nous irons ensuite découvrir « Enquêtes vagabondes, le voyage illustré d’Émile Guimet en Asie ». Cette exotique exposition du Musée Guimet retrace au fil de peintures, photographies et objets le parcours « touristique » de l’industriel visionnaire. Des USA à l’Inde. L’amour fétichiste du collectionneur Guimet pour l’art nous invite à redécouvrir les nuances aux couleurs chaudes d’un mouvement saisi par le culte des objets : le Pop Art, honoré au Musée Maillol à travers l’ultramoderne collection « Pop Art, Icons thats matter ».

D’une collection à l’autre

Musée de l’Homme, espace « d’où venons-nous ? » ©Jean-Pierre Dalbéra / CC BY 2.0 / Flickr

 

D’une galerie à l’autre, les musées du 16e épatent par leurs collections permanentes. Celle de la Galerie centrale du Musée de l’Homme nous ballotte au gré des âges (de la Préhistoire aux conflits contemporains) le temps d’une introspection étendue. Du Qui sommes nous ? au Où allons nous ? Englobant ainsi l’universel pour toucher à la sensibilité individuelle… Là où l’exceptionnelle collection du Musée Yves Saint Laurent, recueillant plus de 5 000 robes, prend le chemin inverse : magnifier les créations avant-gardistes d’un grand couturier pour mieux démontrer l’attrait mondial de son stylisme.

Ode à l’élégance d’YSL, le Musée de l’Avenue Marceau est un chic complément aux expositions temporaires du Palais Galliera, panorama historique de quatre siècles de mode hexagonale et d’art graphique, représentés par 257 750 pièces de collection. Ces dernières sont très méticuleusement conservées. Des costumes d’époque aux poupées.

Les musées du seizième ont tous pour leitmotiv cette liaison entre passé et présent, conservation et air du temps, incarnant l’idée d’une culture et d’une société in progress. Ce concept d’art en continu s’étale d’ailleurs sur les murs et fenêtres de Palais de Tokyo. Depuis six ans s’y inscrivent les « oeuvres in situ« , soit l’investissement des épurés espaces blancs de la galerie par d’inspirés artistes.

Des tableaux à la table

©Monsieur Bleu

 

Si un temps peu clément vous empêche de flâner au gré des allées du parc de Bagatelle, mieux vaut glisser des tableaux aux tables des restos. De Monsieur Bleu et Les Grands Verres (associés au Palais de Tokyo) au Café de l’Homme (judicieuse conclusion à votre visite du musée éponyme), ces restaurants épousent par leur design l’épure esthétique des lieux de culture qu’ils bordent. Supports de photos Instagram s’il en est (#foodporn de mise), les plats servis contenteront vos velléités contemplatives et gustatives.

Moins minimaliste et plus royal, le Cristal Room Baccarat de la place des États-Unis vous fera l’effet d’un syndrome de Stendhal par sa nourriture cinq étoiles – dixit le Guide Michelin – et ses grands lustres élevées au plafond. In fine, si les salades à l’italienne des Grands Verres et les escargots de Bourgogne au beurre persillé du Café de l’Homme n’apaisent pas votre faim, le parfait endroit pour dévorer des pâtisseries reste la très renommée Maison Pradier.

En son sein, l’art culinaire se gouache en une suite d’éclairs au chocolat et de macarons de premier choix. Pour la digestion enfin, offrez-vous donc une brève balade du côté de la rue Berton, modeste ruelle faite de pierre et de végétation, autrefois parcourue par Apollinaire et Balzac.