5 initiatives pour prévenir le harcèlement sexuel

Des applications pour smartphone aux idées plus insolites, nombreuses sont les initiatives disponibles dès à présent pour prévenir le harcèlement sexuel. En voici cinq.

Un cocktail

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©Facebook – Meltdown

 

C’est à Rennes que ça se passe, dans le bar du Meltdown plus précisément. Au 47 rue Jean Guéhenno, on a décidé de prévenir le harcèlement sexuel en proposant un cocktail fictif, L’œil d’Horus. Le commander est une discrète manière pour la cliente importunée de glisser un « SOS » au barman. Une initiative salutaire au sein d’un environnement plutôt réputé pour la misogynie qu’il concentre – la culture de l’alcool, ses blagues douteuses, ses pubs sexistes et ses divers excès. On espère désormais que cette judicieuse idée s’étendra par-delà la capitale et se démocratisera dans toutes les grandes villes de France. Ou quand un nom de code est une éloquente manière de dire l’urgence d’une situation…

 

Des applis

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smartphone addiction par Sergey Dushkin (Flickr Creative Commons)

 

C’est du côté du numérique que s’envisagent les solutions les plus directes pour lutter contre le harcèlement. Voyez plutôt. App-Elles vous permet de déclencher une « alerte agression » et de contacter les secours ou vos proches mais aussi de faire part de votre situation auprès des associations spécialisées. Un simple bouton suffit pour enclencher un suivi GPS et un enregistrement audio.

De son côté, l’appli Bodyguard vise à lutter contre le cyber-harcèlement sur les réseaux sociaux. Plus précis et efficace que les « bots » de Twitter, Bodyguard filtre les contenus indésirables de l’utilisateur en prenant en compte la fine nuance qui sépare l’ironie de l’insulte. Une démarche nécessaire à l’heure où l’impact des contenus haineux en ligne, bien que punis par la loi, est encore trop minimisé.

Enfin, quelques clics sur votre Android suffiront pour télécharger Handsaway, qui fait état des mêmes critères que les applis analogues (géolocalisation et échange de données) mais offre une nouvelle possibilité : le système d’alerte et de localisation vous permet d’aller à la rencontre de la personne agressée.

 

Un numéro anti-relous

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« Call Me » par Thomas Hawk (Flickr Creative Commons)

 

Mis en place en octobre 2017, le premier « numéro anti-relous » de Clara Gonzales et Eliott Lepers avait été abandonné suite à une virulente campagne de cyber-harcèlement. Imaginé par l’informaticien Pierre-Aimé Imbert, le numéro « anti-relous » nouvelle génération a finalement pris la relève de son aîné deux mois plus tard. Le numéro a changé (06 60 31 10 33) mais le principe est le même : prévenir et dénoncer le harcèlement de rue mais aussi le cyber-harcèlement. Si vous estimez que votre destinataire vous harcèle, il vous suffit de lui donner le numéro évoqué plus haut. L’importun devrait alors recevoir ce texto : « si vous recevez ce message, c’est que votre interlocuteur (trice) estime que vous l’harceliez. Veuillez ne plus l’importuner ainsi« . Une méthode d’intimidation par SMS, mais surtout de sensibilisation à ces enjeux trop incompris – comme la notion majeure de consentement.

 

Un point noir sur la main

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Guns for Hands par Erik Ternsjö (Flickr Creative Commons)

 

Les mains d’un harceleur sont qualifiées de « baladeuses », pourtant elles font pire que cela : elles importunent, contraignent, agressent. Comment une victime peut-elle y répondre ? Par ses mains, justement. C’est en Grande-Bretagne qu’est née la campagne « Black Dot », inaugurant un symbole désormais emblématique : le point noir esquissé dans la paume de la main. Un signe subtil, mais un message de première importance, signalant à celui ou celle qui s’en aperçoit la situation d’agression vécue par celui ou celle qui présente ce minuscule dessin. Un appel à l’aide qui témoigne des difficultés que l’on éprouve lorsqu’il s’agit de suggérer cette situation à autrui, qu’il soit question de harcèlement ou de violences conjugales. La multiplication des gestes et initiatives codifiées, du nom de cocktail fictif aux empreintes sur les mains, laisse entendre cette complexité du dialogue, mais également la nécessité d’y répondre en retour par la confiance, la compréhension, le secours et l’attention.

 

Un prénom

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C’est de cette pratique (britannique elle aussi, décidément) que s’inspire le bar du Meltdown à Rennes : en cas de rencontre gênante au sein d’un pub ou d’un club, du date Tinder chelou à la situation d’insécurité plus intense, allez simplement voir le barman et demandez « Angela ». Au parfum, celui-ci sait pertinemment ce que ces quelques syllabes signifient – « help ». Les professionnels du comptoir feront alors leur possible pour vous sortir discrètement de cette impasse (en appelant un taxi, par exemple). Bien qu’elle n’existe pas, Angela a donc tout de la super copine, toujours là pour aider. Surtout, cette Angela nous démontre que les initiatives contre le harcèlement ne sont réellement efficaces que si, par-delà la sororité, elles n’engagent pas la responsabilisation des hommes envers les femmes. Féministe et nécessaire.


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