9 choses à savoir sur le ticket de métro avant qu’il ne disparaisse

C’est acté : aux alentours de 2021, le ticket de métro aura disparu, au profit de pass dématérialisés. Comme en amour, c’est lorsque l’on perd quelque chose que l’on réalise que l’on y était attaché. Mais quitte à en profiter encore quelques mois, autant le faire en ayant connaissance de ses moindres secrets ! Voici 9 choses à savoir sur le fameux sésame, glanées pour la plupart dans le livre Petite histoire du ticket de métro parisien de Grégoire Thonnat et auprès de la RATP.

 

Au début, il y avait plusieurs classes de ticket

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Le ticket de métro de 1900 à nos jours ©RATP – Denis Sutton

 

En 1900, époque de l’inauguration du ticket de métro, ce dernier se déclinait en trois couleurs. Un rose, vendu 25 centimes de francs, donnant accès aux voitures de première classe. Un beige pour la seconde classe, vendu 15 centimes. Et un vert, celui permettant de faire un aller-retour en seconde classe pour la modique somme de 20 centimes. La fin de cette distinction de tarifs date seulement du début des années 90 !

 

Qui étaient les premiers bénéficiaires du tarif réduit ?

métro parisien
© Florian Olivo on Unsplash

 

Depuis le début du siècle dernier, le prix des tickets de métro n’a eu de cesse d’évoluer – et autant le dire, d’augmenter. Ce n’est que dans les années 40, soit 30 ans après leur création, qu’un ticket au tarif réduit est proposé. Il est alors destiné aux mutilés de guerre, qui paient leur ticket 10 centimes de moins que les autres pour un voyage en seconde classe. Plus tard, au moment du baby boom d’après-guerre, c’est un tarif « famille nombreuse » à moitié prix qui voit le jour. La première carte hebdomadaire d’étudiant apparaît elle en 1961.

 

Ils ont longtemps servi de support publicitaire

Dès leur création vers 1900, les tickets de métro se sont attirés les convoitises des publicitaires, tant leur diffusion était large. Marques de savons, de lessives, cinémas, commerces de chaussures, spiritueux… Tous y ont vu l’occasion de s’offrir une incroyable visibilité. De nombreux slogans et logos étaient imprimés sur l’envers des tickets jusque dans les années 50. Astucieux !

 

Des p’tits trous, encore des p’tits trous

Si aujourd’hui les utilisateurs compostent seuls leur ticket, des agents étaient autrefois dédiés à cette fonction : les fameux poinçonneurs, immortalisés par la chanson de Gainsbourg Le poinçonneur des Lilas, qui se postaient à l’entrée des quais. Après 1943, les trous faits par les poinçonneurs étaient de formes différentes selon les lignes pour les tickets de première classe. Carré pour la ligne 7, triangle pour la 4, sous forme de croix pour la 3 ou encore de cœur pour la 9.

 

Que sont devenus les poinçonneurs ?

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©RATP – Denis Sutton

 

Face au caractère répétitif de la tâche, la RATP peine au début des années 70 à recruter de nouveaux poinçonneurs. Avec l’apparition des portiques automatiques et des bandes magnétiques sur les tickets, ces derniers ont de toute façon vu leur profession disparaître aux alentours de 1973. Certains se sont reconvertis en agents de station, qui faisaient localement figures d’autorité et limitaient la fraude.

 

Des tickets collector existent

Durant les 120 ans d’existence du ticket de métro, certains tickets « hors-série » liés à des événements importants ont vu le jour. Des révolutions concernant le réseau de transport, comme l’inauguration de la ligne 14 reliant Saint-Lazare à Olympiades, aux grandes célébrations historiques : fête de la Musique, Journées Mondiales de la Jeunesse ou encore commémoration du bicentenaire de la Révolution Française en 1989.

 

Combien de tickets de métro vendus par an ?

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© Wassila Djellouli

 

Malgré l’avènement du Pass Navigo, nombreuses sont les personnes – notamment les touristes de passage et les usagers des transports occasionnels, à encore utiliser le ticket de métro. Chaque année, c’est d’ailleurs environ 550 millions de tickets parisiens qui sont vendus, dont les trois quarts sont des tickets t+ selon la RATP. Vous vous demandez également quelles sont les dimensions exactes d’un ticket ? 30 millimètres de largeur et 66 millimètres de longueur.

 

Un ticket validé = 1h30 minimum dans le réseau de transport

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CC BY-SA 2.0, PR180.2

 

Tout le monde ne le sait pas, mais le ticket simple unitaire d’aujourd’hui vendu à 1,90 € (le ticket t+), est valable durant 2h après validation sur les réseaux parisiens métro et RER. Sur les réseaux bus et tram (hors tram express), un seul ticket t+ permet les correspondances entre bus et tramway pendant 1h30 entre la première et la dernière validation. Cependant, le ticket t+ ne permet pas les correspondances entre les réseaux métro et bus.

 

Quelles infos sont lisibles sur un ticket validé ?

Difficile de savoir à quoi correspondent les codes et les chiffres imprimés sur nos tickets de métro une fois validés. Et pourtant, ils contiennent de nombreuses informations sur notre parcours : non seulement on peut y découvrir la gare à partir de laquelle nous avons débuté notre trajet, mais ils peuvent aussi permettre de retrouver l’appareil qui a permis de valider notre ticket. On y lit aussi s’il s’agit d’une entrée, d’une sortie ou d’une correspondance (entre le métro et le RER par exemple). Ainsi que la date du jour, l’heure et la seconde.


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