Les 6 cafés et restaurants les plus solidaires de Paris

Loin de se limiter à des nids à touristes aux consos trop chères, les cafés et restaurants de Paris ouvrent leurs portes aux plus nécessiteux. Certains se démarquent par leur dimension inclusive et font de la solidarité leur motivation première. La preuve en six lieux salutaires avec notre sélection d’adresses solidaires.

 

Le Refettorio

Il faut se rendre dans la crypte de l’église de la Madeleine pour goûter aux menus généreux du Refettorio, servis par une équipe de bénévoles. Derrière ce blaze aux sonorités italiennes – « le réfectoire » dans la langue de Molière – agissent des chefs mobilisés contre la précarité. Leur solution ? Accueillir des personnes en situation d’exclusion et leur concocter de véritables plats à partir du surplus alimentaire de leurs cuisines. La nourriture « de trop » des restaurants qui habituellement est jetée à la poubelle est ici recyclée à des fins aussi gustatives qu’éthiques – et écologiques bien sûr. Imaginé par un cuistot trois étoiles, le Refettorio nous sert sur un plateau une cuisine accessible, populaire et subtile (tomates mozza, poêlées de légumes, desserts gourmands), également distribuée dans les camps de migrants. Certainement une des adresses solidaires la mieux lotie.

Le Refettorio
Place de la Madeleine, 8e

 

Le Joyeux

Au Café Joyeux, les responsables contribuent à l’intégration des personnes porteuses d’un handicap mental ou cognitif. Par-delà le profil des serveurs, Joyeux privilégie une vision de la restauration comme événement solidaire, permettant de renouer contact avec l’humain en luttant contre les discriminations propres au monde du travail. Car ne l’oubliez pas, comme l’indique la devanture, tout ici est « servi avec le coeur« , des succulentes pâtisseries aux quiches agrémentées de légumes, des préparations veggie aux soupes bien chaudes. Dans cette lignée, nous ne saurions trop conseiller le restaurant nantais Le Reflet, admirable initiative de la jeune et dynamique architecte d’intérieur Flore Lelièvre. Au 4 rue des Trois Croissants, ce sont des personnes atteintes de trisomie 21 qui servent les plats.

Joyeux
23 rue Saint-Augustin, 2e

 

Le Troisième Café

Adresses solidaires : Le Troisième Café
© Le Troisième Café

 

Dans ce café du troisième arrondissement né sous l’impulsion de quelques habitants, c’est le vivre ensemble qui importe. Le bénévolat amène avec lui son lot de rencontres mixes et d’aides : des cafés et plats sont offerts chaque jour, des événements organisés, des invendus récupérés, des débats participatifs encouragés, et des services à l’habitant rendus entre usagers. C’est via ce type d’adresses solidaires qu’un quartier vit, entre conversations, entraide, savoirs, savoir-faire et allongés avalés sur un coin de table. A Paname, plusieurs cafés associatifs participent à restaurer une solidarité qui, quoi que l’on puisse croire, est loin d’être défunte. La preuve ? Cela fait déjà six ans que le Troisième Café perdure. Une persistance communautaire bien loin de l’indifférence qui règne dans le métro parisien.

Le Troisième Café
16 rue de Beauce, 3e

 

Les Cuistots Migrateurs

A l’instar de La Résidence (coin cosy à découvrir dans le douzième), Les Cuistots Migrateurs est un restaurant solidaire pour chefs réfugiés, issus de Tchétchénie, Syrie et Iran. Une startup qui depuis plus de deux ans rappelle notre devoir de solidarité tout en nous faisant voyager au gré de plats aussi bons et colorés que généreux. Les cuistots qui nous font goûter aux spécialités de leur région natale partagent un parcours tumultueux, où la gastronomie fait office d’échappatoire et de fierté. La cuisine y rappelle sa vocation de melting-pot, réunissant les cultures et s’opposant à l’exclusion au sein d’un climat socio-politique des plus houleux. L’idéal pour conférer plus d’humanité à ces lieux où l’on se soucie surtout de son assiette.

Les Cuistots Migrateurs
128 avenue de Saint-Ouen, 18e

 

Le Bar Commun

Quoi de mieux que l’ambiance conviviale des bars pour prôner l’agir-ensemble ? Dans ce lieu associatif du dix-huitième arrondissement, on débat environnement, enjeux de société et politique. Le tout en proposant des activités culturelles diverses et des événements ponctuels, qui vont des expos aux concerts. L’idéal pour papoter, rigoler et penser à l’unisson. Au comptoir du bar, last but not least, on peut même tester la bière artisanale. Bref, le Bar Commun rassemble et unit, sous couvert d’une conviction collective forte, énoncée d’entrée sur le compte Twitter de l’établissement : « Le comptoir d’un café est le parlement du peuple« . Une citation d’Honoré de Balzac, dont le spectre hante l’imaginaire parisien.

Le Bar Commun
135 rue des Poissonniers, 18e

 

Café Signes

Adresses solidaires chez Café Signes
© Café Signes

 

Son intitulé l’indique à demi mot : oui, le Café Signes et un café pour malentendants. Un concept qui ne devrait pas en être un (on s’étonne que cette initiative ne soit pas davantage démocratisée) et qui est tout à fait salutaire, en plus de se révéler des plus exquis. On se rend dans ces locaux habitués à la LSF (langue des signes française) pour déguster de la terrine de campagne, une bavette grillée, des filets de maquereau frais ou encore de belles parts de tarte maison. QG où se réunissent tout type de classe sociale, le café parisien démontre à travers ce type de lieux sa dimension nécessairement inclusive. Avis aux restaurateurs de demain, on attend désormais de fouler du pied un café parisien spécifiquement pensé  et aménagé pour les personnes non voyantes. Dans un futur proche ? A ajouter dans notre sélection des adresses solidaires à Paris.

Le Café Signes
33 avenue Jean Moulin, 14e