Comment font les Parisiens pour évacuer leur stress ?

On les dit stressés à cause de leur rythme de vie infernal, et c’est une réalité. Mais comment font les Parisiens pour calmer leurs nerfs et survivre aux sollicitations de la jungle urbaine ? Recherche de calme, sport, cocooning, balades méditatives… A chacun à sa recette.

 

La source de stress n°1 : les transports en commun

transport Paris stress
©Paul Dufour on Unsplash

 

Entre circulation dense, bruit, pollution, coût de la vie élevé, la vie parisienne a de quoi irriter. À tel point qu’il est difficile pour certains d’envisager y vivre longtemps sans y laisser leur santé. Selon les cadres parisiens interrogés par Cadremploi en 2017, le paramètre le plus difficile à gérer serait le temps de transport trop long pour se rendre au travail (pour 68% d’entre eux). Manque de lumière naturelle, de civilité, problèmes techniques, mauvaises odeurs… Rares sont ceux qui apprécient ce temps passé quotidiennement dans le métro. Alors pour s’épargner une tension coûteuse dès le matin, chacun développe sa petite stratégie.

 

Leurs astuces pour mieux supporter le métro

telephone portable métro
©ROBIN WORRALL on Unsplash

 

« Personnellement, je lis des messages ou des articles sur mon téléphone, ça me permet de me mettre dans ma bulle », explique Nalya, une étudiante en finance de 24 ans. Il suffit d’observer le nombre de Parisiens penchés sur leur écran pour comprendre qu’ils sont beaucoup à tirer bénéfice de cette pratique. Mais lorsque cela ne suffit pas à la détendre, Nalya explique se concentrer sur sa respiration : « Je fais une séance de sophrologie en quelque sorte afin de me recentrer. J’essaie de garder mes « batteries » chargées pour la journée ». Prévenir plutôt que guérir, c’est aussi la stratégie utilisée par Charles, un responsable d’achat de 38 ans. Pour « éviter la sensation d’enfermement qui le stresse énormément », le Parisien explique préférer se « déplacer en bus plutôt qu’en métro, quitte à faire un détour ». Afin d’être encore plus détendu, il « met son casque », pour écouter la musique qui lui fait du bien. Transporter un bout de son « univers » avec soi, cela semble être en effet l’une des meilleures façons de préserver son énergie.

 

Faire une cure de silence

Détente insolite
Flottaison au centre MEISO©Meïso

 

Mais qu’en est-il lorsque le stress s’est déjà emparé d’eux ? S’ils sont très variés, les remèdes d’urgence des Parisiens en mal de sérénité sont souvent de même nature. Du sport ou de l’activité pour évacuer les tensions, ou du calme pour apaiser leur esprit. Lorsqu’elle n’en peut plus, Iris, qui se dit avant tout « irritée par les bruits de moteur, de klaxon, de métro », ressent le besoin de faire « une cure de silence ». « Je squatte les coins où les voitures ne circulent pas, comme les parcs et les quais », explique la trentenaire. « Et je suis déjà allée plusieurs fois dans une bulle d’isolation sensorielle, pour couper radicalement avec l’extérieur », ajoute-t-elle en faisant référence à Meïso. Dans ce centre près de Barbès, on s’immerge dans des bulles de flottaison, où aucun bruit ne filtre et où l’on peut se reposer dans l’obscurité totale…

 

L’art d’être bien chez soi

Zen home maison
©Ruthson Zimmerman on Unsplash

 

Mais le mieux pour certains reste encore de profiter d’un chez-soi apaisant, véritable refuge en cas de tempête. « Depuis qu’on lui a offert un livre sur le hygge », Morad est un adepte de cette philosophie danoise du bonheur simple chez soi. Un chocolat chaud, des bougies, le téléphone éteint pour ne pas être dérangé, une musique relaxante et le tour est joué. Si le jeune homme préfère l’appliquer chez lui, il existe à Paris des lieux inspirés de cette tradition, comme le Höja, coffee-shop du Marais doté d’une agréable cheminée. De façon plus générale, la capitale abrite de nombreux cafés et restaurants cosy et feutrés où il fait bon prendre un café avec un ami cher, ou juste bouquiner.

 

Vivre à Paris, l’esprit zen

©Becca Tapert on Unsplash

 

Marie a son spot préféré pour passer du bon temps avec ses copines tout en se relaxant : le Café des chats, un lieu près de Bastille où l’on peut déguster de « délicieux thés bio, en caressant des chats adoptés dans des assos ». Les vertus apaisantes des ronronnements ne sont plus à prouver ! Lorsqu’elle est chez elle, la fleuriste de 28 ans en profite pour faire des séances de méditation disponibles gratuitement « sur YouTube ». Comme elle, beaucoup de Parisiens pratiquent la méditation ou le yoga chez eux ou à l’extérieur dans l’espoir de retrouver un esprit zen. De plus en plus de lieux dédiés à ces pratiques fleurissent d’ailleurs à Paris. À l’image du Bar à méditation, un centre proposant des séances de 30 minutes, faciles à caser dans la journée des Parisiens actifs. Chiffre qui illustre bien l’engouement de ces derniers pour ces méthodes bien-être : à Montmartre, on trouverait un centre de Yoga environ tous les 300 mètres !

 

Le sport préféré des Parisiens pour se défouler ? Le tennis !

©John Fornander on Unsplash

 

D’autres se consacrent à une activité plus physique pour libérer leurs endorphines. À commencer par le tennis, sport le plus plébiscité par les Parisiens selon les données publiées par le ministère des Sports sur les licenciés des fédérations sportives françaises en 2011. « Moi je vais nager », explique de son côté Anissa, qui n’a rien trouvé de mieux pour se défouler et se délasser en même temps. « La sensation de l’eau sur mon corps me fait un bien fou, c’est indéniable », raconte celle qui ressort toujours « fatiguée mais détendue » d’une séance à la piscine.

Découvrez les meilleurs courts de tennis de Paris

Des quartiers plus apaisants que d’autres

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Montmartre©lesbottinesrouges.fr

 

Mais la jeune femme est aussi une grande adepte de la marche, qu’elle pratique en ville, mais pas dans n’importe quels coins : « il y a des quartiers de Paris qui m’apaisent. Alors quand j’ai la tête sur le point d’exploser, je vais m’y balader. Il y a par exemple le quartier Mouffetard, les arènes de Lutèce et le Jardin des Plantes près de Jussieu. Je crois que c’est parce qu’il y règne une forme de quiétude et que je peux m’imaginer le Paris du passé ». Mais Anissa va également se vider la tête sur « les quais entre le port de l’Arsenal et Notre-Dame de Paris et à Montmartre le matin, quand la lumière est belle et que les touristes ne sont pas encore réveillés ». Preuve qu’en dehors du métro-boulot-dodo, Paris peut aussi offrir quelques instants de quiétude…