6 comptes Twitter pour combattre le sexisme

Les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc l’ont démontré : tweeter est un sport de combat. Sur Twitter, les revendications féministes se font ainsi entendre. Entre sexualités militantes, dénonciation de la misogynie publicitaire et du cyberharcèlement, focus sur six comptes essentiels pour renverser le sexisme en une centaine de caractères seulement.

 

@PepiteSexiste

Profile pic de qualité, le faciès de la sarcastique Daria résume à merveille ce que nous ressentons en crawlant le fil de Pépite Sexiste : un profond désespoir face à la persistance des stéréotypes sexistes au sein du monde médiatique. Ces bribes de marketing macho, le prolifique compte en fait la veille minutieuse. De quoi s’angoisser en constatant que certaines représentations tout droit issues des années 50 perdurent encore aujourd’hui, plaquées sur papier glacé ou dans les couloirs du métro, surgissant à notre arrêt de bus ou dans notre boîte mail. Si ces pépites sexistes ne nous épargnent aucun facepalm, il est d’utilité publique de les dénoncer pour voir les choses évoluer. Ou, tout du moins, l’espérer.

 

@Clarence_ER

Vous la connaissez peut-être mieux sous le nom de Poulet_rotique. Introspective blogueuse et rédactrice en chef de la version digitale de Marie Claire, « la frange courte et le verbe haut » selon ses dires, Clarence-Edgar Rosa est une éminence au sein de la communauté web féministe. Qu’elle évoque la congélation d’ovocytes, les travaux de la photographe sex-positive Romy Alizée, les publicités les plus misogynes ou l’expression du plaisir féminin, on ne se lasse pas de ses focus ciselés propices à faire bouger les lignes. Ni de ses #funfacts en vrac (« il y a des gens qui draguent comme si c’était une personne« ).

 

@HypathieBlog

Vous êtes déjà plus de 7 000 à vous passionner pour la curation quotidienne d’Hypathie, blogueuse antispéciste usant de Twitter comme d’un support pour militantismes – féminisme radical, écoféminisme et végétarisme s’y enlacent l’espace de centaines de signes. Les multiples couches du patriarcat s’affichent et se fissurent au gré de news concises mais jamais évasives.  Du combat pour l’IVG en Argentine aux traditions les plus nauséeuses de l’Hexagone (la Fête de la Rosière visant à récompenser la « réputation vertueuse » des jeunes femmes), le panorama que donne à voir Hypathie confine à l’exhaustivité. Chapeau bas.

 

@monachollet

Plume majeure du Monde Diplomatique, la brillante essayiste Mona Chollet n’a plus rien à prouver. On s’est plongés avec passion dans ses écrits lucides, qu’elle ausculte les diktats de beauté qu’imposent l’industrie cosmétique et la presse féminine (Beauté Fatale) ou les contingences de l’espace domestique (Chez Soi). Lorsqu’elle pose le doigt sur la représentation des sexes au sein de notre société, c’est toujours l’évidence de notre conditionnement et de notre aliénation que questionne l’intellectuelle. Forcément, la suivre sur Twitter tombe sous le sens, en attendant l’imminente sortie de son prochain opus (Sorcières, l’étude d’un imaginaire constamment réactualisé au fil des féminismes).

 

@FéministesVsCyberH

Collectif féministe intersectionnel aux 6 000 followers, FéministesVsCyberH se mobilise chaque jour contre le cyberharcèlement, mal online aux conséquences encore trop incomprises. Réseau social largement fréquenté, Twitter s’envisage dès lors en plateforme de prévention et de sensibilisation des plus efficaces. Les récentes affaires heureusement médiatisées (le combat au tribunal de l’ex-actrice pornographique Nikita Bellucci et de la journaliste Nadia Daam) démontrent la nécessité de ce type d’initiatives numériques.

 

@alaleu

Aliette de Laleu, c’est une voix complice, apte à digresser jusqu’à plus soif sur les sonates et les altistes, les livrets d’opéras et les vertus de la flûte à la bec. Mais sur France Musique où elle officie en tant que chroniqueuse, ce sont surtout des dissonances que fait entendre la jeune journaliste : celles d’un sexisme ordinaire qui traverse de part et d’autre le monde phallocratique de la musique classique. Compositrices méconnues et slut-shaming à l’égard des pianistes, danse classique et grossesse, instruments revisités façon gender studies et femmes chefs d’orchestre… Rien n’échappe à cette mélomane engagée. On file sur son compte Twitter pour retrouver cette érudition bien sentie, sans fausse note mais forte en traits d’esprit.