Les lieux parisiens qui ont servi de décor au film Deux Moi de Cédric Klapisch

Nul doute que Cédric Klapisch aime sa ville de naissance. Après y avoir planté le décor de ses films Chacun cherche son chat, le Péril jeune ou encore Paris, le réalisateur y a de nouveau posé ses caméras pour parler d’amour et de solitude à l’ère des réseaux sociaux pour Deux Moi. Mais dans un tout autre quartier, qu’il a redécouvert pour l’occasion.

<small>Deux Moi de Cédric Klapsich, ©Emmanuelle Jacobson-Roques - Ce qui me meut<small>
Deux Moi de Cédric Klapsich, © Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

 

Après avoir exploré le Père Lachaise et ses environs pour son film Paris, le quartier de Montmartre pour l’Auberge espagnole, ou encore la rue de Charonne, le faubourg Saint-Antoine et la rue des Taillandiers pour Chacun cherche son chat, Cédric Klapisch a souhaité ancrer ses personnages dans le Paris « qui a changé », cosmopolite et moderne.

 

Les rues Stephenson et Marx Dormoy en vedette

<small>Rue Stephenson, mbzt, CC-BY-SA-4.0<small>
Rue Stephenson, mbzt, CC-BY-SA-4.0

 

Pour ce faire, le réalisateur s’est détourné de ses quartiers de prédilection pour se concentrer sur le nord de Paris. « J’ai eu besoin d’enquêter, de me promener dans des nouveaux coins comme le bassin de la Villette, de voir que le Stalingrad que je connaissais bien n’était déjà plus le Stalingrad d’il y a cinq ou dix ans… Ou encore la Goutte d’Or », explique-t-il.

Et l’atmosphère de ces quartiers l’a très agréablement surpris : « Ils ne se sont pas simplement « boboïsés » parce qu’y vivent encore les différentes communautés africaines, maghrébines, antillaises […] les Indiens qui sont à Porte de la Chapelle, des Asiatiques également et la population dite bobo – qui sont en général des gens que ça ne gêne pas de vivre avec ce mélange, des gens ouverts à la mixité sociale et ethnique… C’est un Paris positif, beaucoup plus familial et pacifique que ce que les gens pensent.« 

Très naturellement, Cédric Klapisch a choisi de situer l’action principale du film dans deux artères populaires des environs, les rues Marx Dormoy et Stephenson. Deux rues sans charme immédiat jonchées de cyber-cafés, épiceries et autres bazars, permettant d’installer l’atmosphère « banale » et proche du réel si chère au réalisateur. Rémy et Mélanie, les deux protagonistes du film, vivent tous deux dans la seconde, dont certains immeubles donnent à la fois sur la rue et sur les rails de la gare du Nord. Une configuration originale qui permettait de varier les plans et de profiter d’une belle profondeur de champ. Si l’immeuble habité par le personnage de Rémy (François Civil) a été reconstitué en 3D, celui de Mélanie, interprétée par Ana Girardot, existe bel et bien.

 

Une épicerie orientale filmée telle quelle

<small>Sabbah orientale, rue Marx Dormoy ©Wassila Djellouli<small>
Sabbah orientale, rue Marx Dormoy ©Wassila Djellouli

 

Tout comme la supérette à la devanture jaune dans laquelle les deux Parisiens se croisent quotidiennement sans se (re)connaître, l’épicerie Sabbah Orientale, tenue dans le film par Simon Abkarian. « Le tournage a duré trois jours de 6h à 18/19h environ », nous explique le vrai patron, qui y a conservé quelques reliques de guirlandes dorées et deux trois citrons en plastique pendus à un mur.

« Il y avait beaucoup de monde, une quarantaine de personnes, et ils avaient installé un étal de fruits devant, qui n’existe pas en temps normal. Sinon, rien n’a vraiment été changé… », raconte-t-il, confirmant la volonté du réalisateur de respecter la réalité. Ce qui a fait que Sabbah orientale a été choisie comme décor selon son patron ? « Elle a des allées larges, qui facilitent les déplacements avec du matériel, et un plafond haut pour les micros. Et aussi parce qu’on peut la filmer de loin, avoir un peu de recul depuis la rue qui fait face(ndlr la rue Jean-François Lépine) ».

Certainement aussi, ajoutons-nous, grâce à l’accueil convivial qui y est réservé aux clients et au charme de ses longues étagères colorées et jonchées de bocaux, d’épices, d’olives, de fruits secs en tous genres qui mettent l’eau à la bouche…


Deux moi, réalisé par Cédric Klapisch avec François Civil, Ana Girardot
Sortie le 11 septembre 2019