A.Savoir

Qui se cache derrière Dizonord, le nouveau disquaire sympa du 18eme ?

Si vous suivez de près l’actualité musicale parisienne, vous avez déjà forcément entendu parler de Dizonord. Ouvert en février rue André Messager, à deux pas du métro Simplon, ce nouveau « disquaire de la zone nord » (d’où son nom, aussi un clin d’œil aux archéologues de la musique et à l’esprit bon enfant de l’endroit) est rapidement devenu un incontournable pour tous les diggers. Preuve s’il en est : son logo jurassique bleuté accolé à la catégorie partenaires de l’expo événement Electro de la Philharmonie de Paris et sa présence dans les festivités orchestrées dans la capitale par Resident Advisor en mai dernier. Une ascension fulgurante qui doit beaucoup à son concept original, entre pourvoyeur de disques et acteur associatif de la vie culturelle du quartier, découlant de la personnalité elle aussi atypique de ses deux fondateurs, Xavier Ehretsmann et Vincent Privat.

Dizonord, un disquaire pas comme les autres

 

Vincent et Xavier de Dizonord © Mathilde Ayoub
Vincent et Xavier de Dizonord © Mathilde Ayoub

Ambiance conviviale et pépites à écouter

Quand on vient à la rencontre des deux hommes dans leur boutique un samedi en matinée, l’ambiance est calme, à la bonne franquette. Pendant qu’une poignée de visiteurs auscultent déjà les divers bacs de skeuds neufs et d’occasion – entre house, techno, rock, pop, italo disco, hip-hop, funk, zouk, field recording ou encore musique japonaise – et tandis qu’un obscur disque progressif italien trouvé récemment par Vincent passe en fond sonore, les compères proposent une tournée de café. La veille, plus de 200 personnes ont foulé le sol du shop, obligeant les locataires à pousser les meubles, histoire de permettre à cette faune festive de danser à sa guise.

Culture dancefloor…

« J’avais depuis longtemps envie de monter ma propre boutique, surtout pour défendre la scène dancefloor actuelle qui est très jeune, active et se renouvelle beaucoup », raconte Xavier, fin connaisseur des artistes et labels qui font bouger le tout Paris et le reste aussi. Après avoir débuté la vente de disques de façon professionnelle en 2010, sur le Net d’abord, puis dans des bars à Paris (« notamment à l’Udo et au Zéro Zéro »), celui qui s’est fait connaître sous le nom de DDD a ensuite participé à l’ouverture de La Source près de Jacques Bonsergent, une parenthèse qui durera quatre ans, et tenu « un petit shop planqué dans les bureaux de Club Maté pendant une période de transition » avant de tomber sur l’annonce d’un local via Paris Habitat. « Avec Vincent, on a monté le dossier et, après plusieurs mois, on a réussi à obtenir l’exploitation du lieu. Vincent, je l’ai rencontré en soirée, mais je suivais déjà ce qu’il faisait sur Instagram. C’était le seul qui me donnait envie de remonter un shop. »

… et musiques exotiques

Vincent, justement, a un parcours un peu différent. Passionné depuis longtemps par la musique et la culture africaine, bien aidé par un père lui aussi mélomane, ce nîmois de naissance a mis un pied dans le business de la wax en arpentant les brocantes afin d’établir sa propre collection. « Quand tu es collectionneur, tu commences forcément à revendre des disques aussi. Cela a démarré comme ça, en proposant sur le Net des raretés afro et caribéennes que j’arrivais à dénicher. Je me suis ensuite ouvert à d’autres styles, en retrouvant dans des musiques orientales, asiatiques ou folkloriques/traditionnelles françaises l’exotisme que j’appréciais dans la musique africaine. Cela a bien marché et, de fil en aiguille, je me suis fait un bon réseau, avec certains mecs costauds de la musique électronique qui venaient dans mon appartement à Ménilmontant pour chopper des disques à sampler, à collectionner ou jouer. »

 

Une plongée dans l’oubli

Séduit par l’idée de créer avec Xavier un endroit capable de faire découvrir des musiques originales et oubliées, mais aussi de proposer des événements (« J’aime faire des trucs différents »), Vincent se lance alors dans l’aventure. Il profite de Dizonord pour poursuivre l’une de ses spécialités : les deadstocks. « J’aime pouvoir mettre la main sur des stocks de disques neufs, d’artistes et labels souvent méconnus. Du coup, nous en proposons ici aussi. Et dès que l’on bosse avec un de ces artistes, on tient à partager le bénéfice des ventes de ces disques avec lui. C’est une manière de vendre des disques rares sans être forcément un requin. Tout le monde y trouve son compte. »

Un dino multi-casquettes

En plus des deadstocks et des nombreuses autres références sur microsillons, la boutique propose aussi des CDs, des cassettes (un revival qui dure), des collations pour les diggers assoiffés, un service de réparation de matos et surtout pas mal d’événements réguliers. DJ sets, ateliers pour les enfants, apéros, expositions éphémères, release parties… Bref, un vrai bouillon de culture qui permet au spot de rameuter une faune bigarrée. « On a l’impression que ça fait un an que nous sommes ouverts alors que ça ne fait que trois mois, se marre Xavier. Cela marche bien : les gens répondent présent et l’on a un très bon accueil du voisinage, de la mairie… On essaye de faire kiffer et se faire kiffer. » Une formule qui, visiblement, fonctionne.

 

Dizonord
Rue André Messager, 18e

Ouvert du lundi au samedi, de 11h à 20h (voire plus si affinités)
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