Enquête : à la rencontre de ceux qui nettoient Paris bénévolement

Nettoyer les rues de Paris bénévolement qu’il pleuve ou qu’il vente, cela paraît un peu fou et c’est pourtant ce que font chaque mois une cinquantaine de personnes à la conscience écologique aigüe. Nous avons rencontré ces « green birds » qui s’inspirent d’une tradition japonaise.

Un fois par mois, un samedi ou un dimanche, de drôles d’oiseaux se donnent rendez-vous dans un quartier parisien. Pas pour assister à une visite guidée, ni faire du sport (quoique). Équipés de gants, d’une grande pince, d’un dossard vert et d’un sac en plastique, ils se retrouvent pour ramasser ensemble les déchets laissés dans la rue, sous la houlette de Green bird. Une association née au Japon en 2003, qui fait aujourd’hui des émules dans le monde entier.

Une quarantaine bénévoles pour chaque opération de nettoyage

<small>Les green birds à Paris©Association Green Birds<small>
Les green birds à Paris©Association Green Birds

Parmi la quarantaine de bénévoles parisiens qui se portent volontaires chaque mois, on trouve des personnes de toutes les générations et tout milieu social. « Leur première motivation est de rendre Paris plus propre bien sûr, mais c’est aussi de rencontrer des personnes différentes », explique Yoshiko, responsable de l’antenne parisienne depuis 2013.

« Un jour de grand froid, près des Galeries Lafayette, nous étions 94, dont un groupe de jeunes venu du 93 aux origines variées. Certains sont même devenus des habitués », raconte Michèle, bénévole fidèle depuis plus de quatre ans. S’ajoutent à ce beau vivier, de nombreux touristes japonais de passage, qui y voient l’occasion d’échanger avec des locaux tout en faisant une bonne action. « Certains réservent même leur séjour à Paris en fonction des actions qui auront lieu », ajoute Yoshiko.

Une heure d’action par mois dans un quartier parisien

Les green birds à Paris©Association Green Birds
Les green birds à Paris©Association Green Birds

Afin qu’elle reste agréable pour tous, et notamment pour les enfants qui se joignent parfois au groupe, l’opération ne dure qu’une heure. Le quartier du Temple récemment, Châtelet ou encore celui de la Gare du Nord sont alors tour à tour passés au peigne fin. « A chaque fois, nous informons la Mairie de Paris du lieu du prochain rendez-vous, afin qu’elle récupère les sacs de déchet après notre opération », nous dit Yoshiko. Bien sûr, avec ses dossards verts, la fine équipe ne passe pas inaperçue, ce qui génère parfois des effets inattendus. Michèle se rappelle ainsi de la surprise exprimée par un habitant du 16e arrondissement face à leur démarche : « Il m’a dit ‘Je ne comprends pas pourquoi vous faites cela, alors que vous êtes mignonne, maquillée, pleine d’humour’. Je lui ai répondu avec humour et insolence que ça n’était pas incompatible ».

Semer « une petite graine » dans l’esprit des autres

Selon ses aveux, d’autres personnes les accusent de prendre le travail des employés municipaux, quant elles ne pensent pas carrément qu’ils font partie d’une secte. Mais pour celle qui y voit surtout une action symbolique, tout cela n’est rien à ses yeux comparé au bonheur de « semer des petites graines » dans la tête de certains.

« Parfois certains passants nous voient et se joignent à nous spontanément », assure Yoshiko, la responsable de l’association à Paris. Nul besoin en effet d’inscription ni d’adhésion pour participer. Il suffit juste de se tenir informé des dates et lieux de rendez-vous et venir avec une tenue adaptée. Le matériel, lui, est prêté par les encadrants de l’association présents sur le terrain.

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