Est-il plus facile d’être célibataire à Paris qu’ailleurs ?

Paris a beau être la ville de l’amour, elle n’est paradoxalement pas celle du couple. Près de la moitié des Parisiens seraient célibataires, une proportion plus importante qu’en province. Est-ce à dire que ce statut de célibataire est plus facile à vivre dans la capitale ? Nous sommes allés vous poser la question.

 

« Célibataire à Paris » ne rime pas avec ennui

Etre célibataire à Paris, jeune femme dans un passage parisien
©Tristan Colangelo on Unsplash

 

« Depuis que je suis à Paris, je vis mieux mon célibat qu’en Province. Je crois que c’est parce que je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Je fais de la boxe, je cours… Il y a toujours un truc à faire, un resto, un bar à tester. Je passe moins de temps chez moi aussi… », nous confie Miloud*, 27 ans. Originaire du centre de la France, ce jeune homme dynamique estime qu’il est moins essentiel d’être en couple quand on est comme lui « tourné vers l’extérieur ». Et donc « moins replié sur son intimité ».

Les grandes possibilités de sorties, voilà qui pourrait expliquer en partie le nombre très important de célibataires à Paris. Selon une étude de l’Ifop publiée en janvier 2017, 43% des Parisiens le sont, contre seulement 33% des personnes résidant en Province. Et la différence est encore plus nette chez les femmes. Une Parisienne sur deux est célibataire, contre 36% des femmes de Province.

 

« Hors des grandes villes, tout est fait pour les familles »

célibataire à Paris, caddie de supermarché
©rawpixel on Unsplash

 

« A 30 ans, j’ai plein d’amis de mon âge qui sont encore célibataires comme moi à Paris ! », confirme Iris*, une ancienne alsacienne. « Je ne me sens pas seule, car je peux partager des sorties avec eux et qu’on arrive à se voir toutes les semaines ». Quand elle rentre dans sa ville natale, une petite bourgade près de Strasbourg, l’ambiance n’est pas la même : « tous mes amis ou presque sont en couple et ont déjà au minimum un enfant. J’avoue me sentir parfois un peu mal. Ma vie est tellement différente de la leur, que je ne me verrais plus aujourd’hui vivre à côté d’eux ».

Tania* a la même impression d’être en-dehors de la norme, quand elle rentre chez elle, dans une petite ville du nord : « à Paris, beaucoup de choses sont faites pour les personnes solo. Mais hors des grandes villes, j’ai l’impression que tout est fait pour les couples et les familles. Chacun vit dans une maison, on se déplace dans une voiture 5 places, on remplit des caddies dans de grands supermarchés… Dans ce contexte au quotidien, je serais vite déprimée… ».

 

Les célibataires profitent de la liberté sexuelle de la capitale

célibataire à paris, pieds dépassant d'une couette
©rawpixel on Unsplash

 

« A Paris, la pression sociale au sujet du couple est moins forte », ajoute à ce sujet Miloud. Ce célibataire de 27 ans soulève un autre point important : « il est plus facile à Paris de trouver des partenaires sexuels en-dehors du cadre du couple. Alors on ressent moins cette urgence « physique » d’être casé ». En effet, selon l’étude Ifop 2017, deux tiers des hommes parisiens et la moitié des femmes parisiennes ont déjà eu un rapport sans lendemain. Une grande liberté dont certains sont ravis de pouvoir profiter.

Mais est-ce à dire pour autant que les célibataires y sont plus épanouis qu’ailleurs ? Pas forcément, à en croire une étude de TNS Sofres datant de 2010 sur les Français et la solitude : paradoxalement, 45% des habitants des trois plus grandes agglomérations françaises (Paris, Lyon, Marseille) disent souffrir de solitude. Contre environ 30% dans les autres zones urbaines.

 

En ville ou à la campagne, nos besoins affectifs sont les mêmes

célibataire à paris, jeune femme seule dans le métro
© Camille Minouflet on Unsplash

 

Si cette solitude urbaine est en partie liée au fort taux de célibat, il serait réducteur de l’expliquer uniquement par cela. Cindy*, 25 ans, le confirme : « c’est surtout le fait de ne pas me sentir assez entourée qui me déprime. Quand je vois des groupes de jeunes aller au resto, les photos de soirées partagées sur les réseaux de sociaux, ça me rend mal… ». Selon la jeune femme, la faculté à supporter son célibat serait donc fonction de la présence ou non d’un entourage amical, professionnel, familial solide.

Pour ceux qui débarquent à Paris à l’âge adulte, et qui ont tous ces liens à construire, difficile donc de percevoir les bons côtés du célibat. Mais ils ne sont pas les seuls. Alors qu’elle se dit bien entourée amicalement à Paris, Tania avoue avoir de plus en plus de « moments de blues ». Si elle se réjouit de ne « jamais s’ennuyer » dans la capitale, elle réalise aujourd’hui que ce « tourbillon » l’éloigne de ses vrais besoins. « Même en ayant fait trois expos, deux restos et vu 10 amis, je me sens vide certains soirs. Je manque d’affection, de bras qui m’enveloppent. Que l’on soit en ville ou à la campagne, on en a tous besoin. C’est juste que notre mode de vie fait que l’on en a plus ou moins conscience je crois… »

 

*tous les prénoms ont été modifiés

 

Où trouver l’amour à Paris ?