Les femmes qui ont donné leur nom à des rues parisiennes

Simone de Beauvoir, Marie Curie, Louise Michel, Rosa Bonheur… Hormis le fait qu’elles ont marqué l’histoire, qu’ont en commun ces femmes ? Réponse : toutes ont laissé leur empreinte sur Paris en donnant leur nom à une rue, une place ou un square. Des noms qui marquent tant ils se font rares. En effet, dans la capitale, seulement 2,6 % des voies portent un nom féminin, autant dire une goutte d’eau dans un océan de testostérone. En ce 8 mars, découvrez l’étonnant destin de huit de ces femmes.

 

Louise Michel, l’instit rebelle (1830 – 1905)

Metro Louise Michel

Figure de la Commune de Paris, cette fille d’un châtelain et de sa servante grandit aux premières loges pour constater les inégalités sociales. Pendant 20 ans, elle va mener une double vie. Institutrice le jour et révolutionnaire la nuit. Anarchiste et féministe, elle est la seule femme à avoir donné son nom à une station du métro parisien.

Métro Louise Michel, ligne 3
Levallois

 

Rosa Bonheur, icône gay (1822 – 1899)

 

Rue Rosa Bonheur

©Jessicalazhos

Si elle est reconnue de son vivant pour son art, la peintre animalière ne deviendra qu’après sa mort l’icône homosexuelle qu’elle est aujourd’hui. Cheveux courts, pantalon (sur autorisation préfectorale évidemment), et surtout jamais mariée mais en concubinage avec Nathalie, sa moitié, Rosa ne fait rien comme tout le monde. Et c’est pour ça qu’on l’aime !

Rue Rosa Bonheur, 15e
Métro Sèvres Lecourbe

 

Simone de Beauvoir, un cerveau sous le bandeau (1908 – 1986)

 

Place Simone de Beauvoir

©Luiza Perocco Pazetti

Libre et indépendante, la philosophe a marqué le XXe siècle grâce à ses écrits sur la condition féminine. Dans Le Deuxième Sexe, celle pour qui « on ne naît pas femme, on le devient » invite ses congénères à questionner leur place dans la société en cessant d’endosser d’office le rôle qui leur est habituellement réservé. A lire absolument !

Place Simone de Beauvoir, 13e
Métro Bercy

 

Marguerite Yourcenar, la première Immortelle (1903 – 1987)

Allée Marguerite Yourcenar
©Jules Vallès

 

La plume de Marguerite Yourcenar (romancière, poétesse, essayiste et dramaturge) a marqué l’histoire de la littérature française. Tant et si bien qu’elle sera la première femme à entrer à l’Académie française ! Huit ans après sa mort, Paris donne son nom à une allée du 15e… Une allée, oui… Soyons clairs, sur l’ensemble des voies aux dénominations féminines, on trouve plus d’impasses, de passages, de villas que d’avenues ou de boulevard.

 Allée Marguerite Yourcenar, 15e
Métro Dupleix

 

Marie Curie, la scientifique du siècle (1867 – 1934)

 

Rue Pierre-et-Marie-Curie

©Shalakhova

Les recherches sur le radium et le polonium qu’elle mène avec son mari vont révolutionner la médecine. A la mort de ce dernier, elle continue son combat et devient la première femme à recevoir un prix Nobel. Et la seule à en décrocher deux ! Pour autant, en 1909, c’est le nom de son mari que l’on donne à la rue où se trouve l’Institut Curie. Il faut attendre près de 60 ans pour que leurs deux noms apparaissent côte à côte.

Rue Pierre et Marie Curie, 5e
RER Luxembourg

Marguerite de Rochechouart, queen of Montmartre (1665 – 1727)

 

Rue Rochechouart

©Pascal POGGI

Cette femme d’Église vit à cheval entre le XVIIème et le XVIIIème siècle. Elle est restée célèbre pour avoir été l’une des abbesses de Montmartre. Outre un boulevard à son nom, elle fait partie des rares femmes à s’imposer sur le plan de métro bien que, comme Marie Curie (ligne 7), elle soit contrainte de partager l’affiche avec un homme.

Rue Rochechouart, 9e
Métro Barbès-Rochechouart

 

Suzanne Lenglen, la légende du tennis féminin (1899-1938)

 

Rue Suzanne Lenglen

©Fvanborre

Pour le style comme pour le jeu, la “Divine” a laissé son empreinte sur les courts de tennis. Bandeau dans les cheveux et jupe courte, elle permet enfin au tennis féminin de briller. Commencée à l’âge de 13 ans, sa carrière est éblouissante : pas moins de 241 victoires en sept ans ! Si cette rue de 180 mètres de long dans le XVIème arrondissement est un bien faible hommage, elle se rattrape avec le court qui porte son nom à Roland Garros.

Rue Suzanne Lenglen, 16e
Métro Michel-Ange Auteuil

 

Juliette Dodu, la révolutionnaire bricoleuse (1848 – 1909)

 

rue Juliette Dodu
© Pascal Poggi

 

C’est pendant la guerre contre la Prusse, en 1870, que la jeune femme s’illustre comme résistante. Alors que le bureau télégraphique où elle travaille et vit avec sa mère est pris par l’ennemi, elle a l’idée de bidouiller un des câbles qui passe par sa chambre. Elle peut ainsi intercepter les transmissions et les faire passer aux autorités françaises. Son courage est récompensé puisqu’elle devient  la première femme à recevoir la Légion d’honneur à titre militaire.

Rue Juliette Dodu, 10e
Métro Colonel Fabien