Il ne fait pas partout aussi froid à Paris !

Il n’est pas évident en période de canicule de savoir où se réfugier. Mais lorsque le thermomètre est au plus bas, pas facile non plus de savoir quels coins privilégier. D’autant plus que ce ne sont pas les mêmes de jour et de nuit ! A part peut-être les trois arrondissements que l’on nous a décrits comme les plus chauds de Paris… Parce que sachez-le, le froid à Paris n’est pas partout le même !

 

Coup de froid sur les sommets de Paris

Froid à Paris, toits de Paris
© Giuseppe Mondì on Unsplash

 

La logique est imparable : plus l’altitude est élevée, plus il fait froid en hiver. On comprend donc que les quartiers surélevés de Paris sont plus froids que ceux qui sont à hauteur de Seine. C’est le cas de Montmartre, qui culmine à plus de 120 mètres, ou encore de Belleville dont la colline atteint les 128 mètres.

« Quand on grimpe de 100 mètres, la température moyenne descend de 0,6°C », précise le météorologiste Guillaume Séchet. Le créateur de météo-villes.com nuance en plaisantant : « l’endroit où il fait plus froid, reste tout de même en haut de la tour Eiffel (ndlr : à 324 mètres) ! Parfois, il pleut dans Paris et neige là-haut. Ce qui provoque des chutes de plaques de neige sur le champs de Mars, qui sidèrent les touristes »… Hé oui, difficile de s’adapter au froid à Paris !

 

Il existe un « îlot de chaleur urbain »

Paris possède un climat plus doux que le reste de l’Ile-de-France. Toute l’année, on y observe une température moyenne de 2 à 3 degrés supérieure à celle des zones alentours. La cause principale de cette différence ? L’urbanisation. Et notamment la présence plus importante de surfaces minéralisées, selon l’APC (Agence Parisienne du Climat).

Le type de matériaux utilisés pour les sols peut aussi créer des différences de températures à Paris. Le béton ou l’asphalte des sols stockent par exemple davantage la chaleur que les revêtements sablés ou les pavés de granit. Ce qui peut engendrer jusqu’à 10 degrés d’écart de chaleur au même endroit selon l’Atelier Parisien d’urbanisme ! Le froid à Paris n’est donc pas partout le même.

 

Les trois arrondissements les plus chauds de Paris

Froid à Paris
© Echo Grid on Unsplash

 

On pourrait citer Pigalle, si l’on osait l’humour de mauvais goût. Mais les arrondissements les plus chauds en terme météorologique sont « les 5e, 6e et 3e vers le Marais » selon Guillaume Séchet. «  A l’exception de l’Île de la Cité, plus on va vers le centre de Paris, moins il fait froid », déclare le météorologue.

« Les bâtiments y sont en effet plus rapprochés ». Et l’on y trouve « moins de quadrillage haussmannien et donc moins de grands boulevards ». En hiver, mieux vaudrait donc aller se réchauffer dans les ruelles de Saint-Germain-des-Prés plutôt que sur le boulevard Haussmann. Tout simplement aussi car plus les rues sont étroites, mieux on est protégé du vent.

 

Il fait plus froid aux abords des parcs

Météo France a installé sa station référence au parc Montsouris, près du périphérique. Ce qui a pour résultat d’indiquer des « températures plus basses que celles réellement ressenties par beaucoup de Parisiens » selon Guillaume Séchet. Les lieux situés à proximité de la verdure sont en effet plus froids que les autres.

« L’endroit où il fait le plus froid la nuit à Paris, c’est vers la station située à Longchamp, qui affiche souvent des gelées. Pratiquement autant qu’en banlieue, en forêt, ou dans les zones peu urbanisées », détaille à ce propos Guillaume Séchet. « Il peut aussi y avoir parfois jusqu’à 10 degrés de différence la nuit entre Fontainebleau et le centre de Paris ». Le froid à Paris et dans le Grand Paris peut donc énormément varier.

 

La nuit, les différences se creusent

Froid à Paris, jardin du luxembourg
© Travis Grossen on Unsplash

 

Si les températures chutent moins la nuit dans Paris qu’en banlieue, c’est principalement parce que certains matériaux urbains stockent la chaleur. Mais à l’instar des parcs, certains sites parisiens ne sont pas concernés, comme l’explique Guillaume Séchet : « au jardin des Tuileries par exemple, le sol est très blanc et sableux. Il peut y faire très chaud la journée, alors que dans la nuit il peut y faire plus froid qu’ailleurs dans Paris ».

De la même façon, les lieux les plus chauds l’été ne sont pas forcément les plus chauds l’hiver. Si la rue de Rivoli est l’une « des plus exposées à la canicule l’été », il n’y fait pas spécialement doux l’hiver. L’été, sa circulation dense devient vite étouffante. Sa largeur laisse également particulièrement entrer le soleil, alors que l’hiver, elle laisse entrer l’air…