Anti-gaspillage : ces hôtels qui redistribuent leurs produits non consommés à ceux qui en ont besoin

Entre viennoiseries pas touchées, literie régulièrement remplacée, et tubes de gels douche ou de shampoings non utilisés, les hôtels mettent régulièrement à la benne de nombreux produits consommables. Heureusement, certains d’entre eux ont ouvert les yeux sur ce grand gaspillage et noué de judicieux partenariats avec des associations anti-gaspillage.

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©L’association les Hôtels solidaires

Alors qu’il travaillait dans un hôtel du 14ème arrondissement, Antoine Janot était aux premières loges pour constater le gaspillage quotidien de viennoiseries dans l’hôtellerie. Alors, avec son associé Pierre Capelle, il a fondé il y a un an et demi l’association Les hôtels solidaires. Son concept est simple : convaincre les hôtels de Paris de mettre de côté leurs produits inusités, puis passer les récupérer pour les redistribuer immédiatement aux associations.

L’association Les hôtels solidaires sauve 500 viennoiseries par collecte

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©L’association les Hôtels solidaires

 

«On collecte après 11h, moment de la fin du petit-déjeuner, jusqu’à 15h environ. Puis on amène les produits dans les associations partenaires qui sont surtout L’Armée du Salut et Aurore » explique Pierre. Grâce à leur initiative, environ 500 viennoiseries sont sauvées par journée de collecte. Des croissants, pains au chocolat, pains aux raisins etc, dont des migrants peuvent par exemple profiter lors de distributions effectuées aux alentours de Porte de la Chapelle.

Mais ce n’est pas tout, puisque l’association récupère également à présent des produits d’hygiène (entre 400 et 1000 par journée de collectes), comme des savons encore emballés, et plus ponctuellement du mobilier, de la literie et de l’électro-ménager. Depuis peu, les collectes ont lieu trois fois par semaine, rive droite le lundi, puis rive gauche le mercredi, pour terminer par une tournée générale le samedi dans les hôtels qui redistribuent le plus de viennoiseries.

De nombreux établissements de luxe mobilisés

<small>KUBE HOTEL © Kube Paris Machefert Group<small>
KUBE HOTEL © Kube Paris Machefert Group

En tout, ce sont une cinquantaine d’hôtels de Paris intra-muros qui participent à l’opération. Parmi eux, surtout des établissements de luxe, voire des palaces. Depuis 2018, Le Kube Paris hotel, un quatre étoiles du 18ème arrondissement, a rejoint la liste, comme d’autres établissements du Machefert group.

Très sensible aux démarches éco-responsables, Daniella McNulty, la responsable marketing, a su motiver les équipes, heureuses de lutter contre un gaspillage qu’elles constataient impuissantes depuis toujours. Chaque semaine, ce sont pas moins de 100 à 200 produits d’hygiène, des savons, des gels douches, des shampoings etc, qui sont mis de côté par ces dernières puis confiés aux Hôtels Solidaires.

Too good to go, l’appli qui leur permet de revendre le surplus à bas coût

<small>Petit déjeuner d'hôtel, Photo by Mink Mingle on Unsplash<small>
Petit déjeuner d’hôtel, Photo by Mink Mingle on Unsplash

Pour les « restes » du petit-déjeuner, Kube hôtel a choisi de se tourner plutôt vers l’application To good to go, à l’instar du Pavillon Nation ou encore de la Villa Eugénie. « Même s’il n’y a qu’une personne par jour au petit-déjeuner, il faut que le buffet soit rempli. Et à la fin, tous les produits frais du jour comme le bacon, les œufs brouillés et la salade de fruits doivent être jetés car ils seront périmés à la fin de la journée ». En bon système « gagnant-gagnant », Too good to go sauve ces victuailles en permettant à ceux qui possèdent l’application de venir les récupérer, contre une somme modique.

Pour éviter aux hôtels de la capitale de gaspiller, les alternatives ne manquent donc pas. Le Meurice de son côté donne les savons et les bouteilles entamés par ses clients à l’association Mobil douch, à destination des SDF et des mal logés. L’hôtel de luxe adresse ses produits alimentaires à Moulinot, qui les transforme en compost bio, et met le pain et les viennoiseries non consommés à disposition de ses salariés. Ainsi, l’établissement sauve de la benne aux alentours de 300kg de produits chaque année. Un autre exemple à suivre.

 

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