Idée balade : à la découverte des rues au passé coquin

Il est naturel que les noms de rues évoluent au fil des siècles. C’est encore plus flagrant quand ces noms sont associés à des activités illicites. Voici quelques exemples des rues parisiennes qui ont connu un passé coquin.

La rue Gratte-Cul

© Wikipédia

 

Cette rue, ainsi que sa voisine la rue Tire-Boudin, a l’avantage de se trouver en dehors des murailles construites au Moyen-Âge, ces dernières délimitant alors les frontières de la capitale. La prostitution étant en principe interdite dans Paris depuis une ordonnance de Saint-Louis en 1256, les filles de joie sont reléguées aux abords de la ville. La rue possède même au XVIIIe siècle une des plus célèbres maisons closes que Paris ait connu, anciennement située au n° 23. Elle conserve ce joli nom de Gratte-Cul jusqu’en 1881, puis est rebaptisée Dussoubs, du nom du révolutionnaire assassiné deux jours après le coup d’état du futur Napoléon III. Voilà un nom plus consensuel…

Rue Dussoubs, 2e

Métros Sentier, Réaumur-Sébastopol ou Etienne Marcel

La rue du Petit-Musc

© Wikipédia

 

Ce nom poétique est le résultat de la corruption de l’ancien nom de la rue, « Pute-y-Musse ». Si le début du nom est non équivoque, la deuxième partie a deux significations : se cacher ou flâner. La venelle a en effet la réputation d’être sale et étroite, ce qui en fait un lieu propice de cachette pour ces femmes de petite vertu. La voie est aussi hors des murailles médiévales et dans un quartier particulièrement fréquenté par la gent masculine. Les gourgandines sont nombreuses et flânent beaucoup à la recherche de leurs futurs clients. Difficile avec l’actuelle dénomination de suspecter une histoire aussi coquine.

Rue du Petit-Musc, 4e

Métro Sully-Morland

La rue Brisemiche

© La Tête en l’Air

 

La rue Brise-Miche se trouvait dans le cloître de Saint-Merri. Elle doit sa dénomination aux pains que l’on distribuait aux chanoines de la collégiale Saint-Merri. Plus tard, les prostituées s’installent sur cette voie et sa voisine, la rue Taillepain, au grand désespoir du curé. Il obtient l’expulsion des ribaudes mais les commerces souffrant alors de désertification, les habitants obtiennent finalement leur retour. La largeur de la voie Brise-Miche est si petite qu’elle est élargie au XIXe siècle. Elle absorbe finalement la rue Taillepain en 1911. Il s’agit d’une des rares rues à avoir conservé son nom d’origine, probablement grâce aux petits pains…

Rue Brisemiche, 4e

Métros Rambuteau, Hôtel-de-ville, Châtelet

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