Karl Lagerfeld : disparition du kaiser de la mode

Karl Lagerfeld est décédé ce 19 février 2019 à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine à l’âge de 85 ans, des suites d’un cancer du pancréas. Retour sur la vie d’un illustre créateur.

« Voyez la vie en rose, mais n’en portez pas »

Karl Lagerfeld
© Kmeron on Flickr

 

D’abord directeur artistique du couturier Jean Patou, Karl Lagerfeld décide très vite de mener sa propre carrière de styliste indépendant et rejoint la maison Fendi, parallèlement à son travail de designer de prêt-à-porter à la maison Chloé. Très vite reconnu à la juste mesure de son talent, il débute en 1983 comme directeur artistique de la prestigieuse maison Chanel, alors au bord de la fermeture. Non content de relancer l’entreprise, le génie de la haute couture lui redonne ses titres de noblesse et son rayonnement originel. Mais cela ne suffit pas à l’homme qui a « dépassé l’égo« . Il fonde donc un an après sa propre maison de prêt-à porter, éponyme. Ce succès d’abord très relatif posera toutefois les bases d’une légende qui revisite la mode et son histoire, tout comme Coco Chanel avant lui.

 

Un génie de la mode aux multiples casquettes

karl lagerfeld
© Christopher William Adach on Flickr

 

« Je ne sais jouer qu’un seul rôle : le mien. » Un seul rôle, peut-être, mais décliné en de multiples facettes. Sa personnalité si atypique laissera son sillon dans les domaines les plus variés, et ce au point d’être nommé « styliste le plus influent des 25 dernières années » en 2012. S’il a habillé – entre autres – Kylie Minogue et Madonna, Karl Lagerfeld ne s’est jamais contenté de la haute couture pour s’épanouir. Photographie, parfumerie, librairie, maisons d’éditions, cet homme touche à tout. Il dessinera ainsi des timbres spécial Saint Valentin émis par la poste française, dessinera le maillot de l’équipe de France de Football, deviendra tour à tour rédacteur en chef, animateur radio, designer de mobilier américain… Il fricotera même avec le septième art en jouant son propre rôle dans le film La Doublure, de Francis Weber ; avant de prêter sa voix au méchant du film d’animation Totally Spies. Son jugement vif et ses remarques acerbes ont fait la renommée de cet homme hors du commun, si pointilleux sur l’apparence et résolument doté de plus d’un tour dans sa manche.