La plus grande ferme urbaine du monde ouvre à Paris

Vers une capitale plus verte ?  Alors que le climat est en passe de devenir la considération principale du 21e siècle, la cité des Lumières suit le mouvement et rattrape petit à petit son retard sur les autres capitales européennes en multipliant les installations vertes. Le dernier projet en date est aussi ambitieux qu’éco-responsable : la création au coeur de la ville de la plus grande ferme urbaine du monde. Rien que ça.

 

Un projet mirobolant

 

Ferme urbaine
© Valode & Pistre

 

Une ferme urbaine de 14 000 m2 viendra surplomber les toits d’un bâtiment en construction au Sud-Est du parc des expositions de la porte de Versailles (15e). Un projet démesuré (une superficie d’environ deux terrains de football) ayant pour but une production maraîchère et potagère destinée à alimenter les restaurants du 15e arrondissement, ainsi que les communes alentours. Entièrement gérée par les sociétés Agripolis et Cultures en ville, spécialistes de l’agriculture urbaine, la ferme nécessitera l’entretien quotidien d’une vingtaine de maraîchers, pour plus d’une trentaine d’espèces cultivées.
Les riverains peuvent se réjouir : des espaces seront mis en location pour que les particuliers viennent entretenir leur propre potager. (Du moins ceux ayant la main suffisamment verte pour ne pas laisser systématiquement mourir leurs plantes d’intérieur).
Le projet se veut « un modèle à l’échelle mondiale en matière de production responsable » selon ses créateurs, entendant privilégier le circuit court, et s’orienter vers un Paris locavore.

 

Plus beau que bio ?

 

ferme urbaine
© Aliona Gumeniuk on Unsplash

 

Si les fondateurs du projet s’engagent à n’utiliser ni pesticides ni produits chimiques, il sera toutefois impossible pour la ferme de décrocher le label Bio. Ceci pour la raison très simple que l’une des conditions pour qu’un végétal soit qualifié de bio, c’est sa pousse naturelle en terre. Or les contraintes techniques liées à la culture sur un toit imposent de remplacer la terre par un substrat spécial, plus léger (1 tonne par m2 au lieu d’1,6 tonnes pour de la terre traditionnelle).
L’une des grandes inquiétudes est la question de la pollution parisienne : peut-on vraiment faire pousser des végétaux sains en pleine période de pic de microparticules ? Comme Clément Lebellé, co-fondateur de cultures en ville le disait à nos confrères du Parisien, un lavage des fruits et légumes à l’eau permettrait de « retirer 99 % des particules fines venant de la circulation automobile ». On le croira sur parole, en essayant de ne pas trop penser au 1 % restant.

C’est donc un grand pas en avant en matière d’écologie pour la ville de Paris, qui ne souhaite pas en rester là et s’est fixé pour objectif de consacrer 33 hectares de plus à l’agriculture urbaine d’ici l’année prochaine. Une ambition qui s’inscrit dans la veine des récents appels à projets Réinventer Paris et houblon Saisons 2, faisant déjà la part belle à un urbanisme un peu plus vert. 


Plus d’information sur la société à l’initiative du projet de ferme urbaine