L’aparté de la semaine : d’où viennent les mots ?

Vous êtes-vous déjà demandé d’où venaient les expressions ? Comment pouvaient-elles traverser le temps ou les régions ? Passer six mois ou un an dans la bouche de tout un pan de population puis disparaître soudainement ? D’où viennent les mots, les nouvelles tendances liées à notre consommation ?

chouette étonnée
Quentin Dr © quentindrphotography

 

Sans savoir qui de l’œuf ou de la poule, on se retrouve aujourd’hui à manger circuit court, sans gluten. On devient adepte du paddle et de la méditation. On se fait des apéros au moscow mule sur le rooftop d’une friche éphémère, le spot trendy de l’été. N’en déplaise aux fervents défenseurs de la langue française (coucou Michel). Alors on ne jettera pas la pierre à ceux qui le font hein, nous ne sommes pas les derniers à relayer ce genre d’info. Mais on se demande quand même pourquoi les projets arrivent par troupeaux entiers.

Pourquoi on a été victime de la mode des « bars à » déclinés à peu près à toutes les sauces, du bar à vin (ok), au bar à cocktails (jusque-là tout va bien), au bar à sourcils (sérieusement ?) en passant par le bar à eau (le moment où on a lâché l’affaire, donc).

Pourquoi tous les toits d’immeubles se sont subitement transformés en rooftop ?

Pourquoi ensuite tout est devenu éphémère, de la boutique éphémère (pop-up pour les intimes), à l’événement éphémère, en passant par l’exposition éphémère. Au diable les pléonasmes ! Alors oui, si on creuse, c’est juste une façon plus jolie de dire que l’économie actuelle ne permet pas forcément à quelque chose de s’ancrer dans le temps. La faute à l’argent, comme toujours, on raisonne en projets. On fait du business plan à court terme, du truc exclusif never seen before, seulement accessible à des happy fews… Et cette fragmentation, cette multiplication des choses, on la retrouve un peu partout, dans une course effrénée à l’originalité.

Si le suivisme marketing peut avoir du bon, comme par exemple dans le cadre du mieux manger, de l’écologie ou du retour de la tendance de la bonne franquette, il est parfois exaspérant de voir un mot se galvauder juste parce qu’il sonne bien. Dans les mois qui viennent, la tendance latente étant à l’expérience et au participatif, comptez bien le nombre de fois où vous allez voir le mot “immersif”. Un film immersif, une expérience immersive, une expo immersive, une cuisine immersive, un camping immersif… Préparez-vous à être inondé. Littéralement. Chez nous aussi, probablement.