L’Eléphant de la Bastille

Si tout le monde connait la place de la Bastille, sa Colonne de Juillet et son Génie de la Liberté, beaucoup ignorent que c’est … un éléphant qui devrait trôner au centre de la place.

Tout commence en 1808. Napoléon veut une fontaine gigantesque à Paris ! Reste à lui trouver un emplacement. La place de l’Etoile est d’abord choisie puisque, initialement, l’Empereur voulait ériger l’Arc de Triomphe à la Bastille. Finalement c’est sur la place de la Bastille qu’il décide en 1810 d’élever « une fontaine de la forme d’un éléphant en bronze, fondue avec les canons pris sur les Espagnols insurgés. Cet éléphant sera chargé d’une tour et […] l’eau jaillira de sa trompe ». L’éléphant doit être terminé pour le 2 décembre 1811. Les architectes se mettent au travail, mais seul le soubassement est érigé selon les plans prévus. Finalement, en 1813, on y ajoute une maquette en plâtre, grandeur nature. Après la chute de Napoléon, l’éléphant, emblème impérial, est abandonné, et le 4 juillet 1815 les travaux sont suspendus. Des années passent, sans qu’aucun autre projet d’embellissement de la place de la Bastille ne soit réalisé. La maquette de l’éléphant se dégrade rapidement. En 1831, il est toujours là, gardé par un fonctionnaire nommé Levasseur, qui loge dans une des pattes de l’animal pour empêcher les voleurs de s’y installer. Le pachyderme de plus en plus délabré ne se visite plus. Les enfants du quartier en font leur terrain de jeu. Il sera même immortalisé par Victor Hugo dans une scène des Misérables située en 1832, où il sert d’abri à Gavroche. La carcasse n’est démontée qu’en juillet 1846. On raconte que des ruines de l’animal s’échappèrent alors des hordes de rats, qui terrorisèrent le quartier durant des semaines. Son soubassement sert aujourd’hui de base à la colonne de Juillet.

Retrouvez d’autres histoires du Vieux Paris sur la page Facebook de John d’Orbigny.