Les bonnes adresses de la rue de la Folie-Méricourt

En six mois, près d’une dizaine de boutiques ont ouvert sur la grande artère du 11e arrondissement. Fleuriste, resto, cantine, magasin de déco… le quartier s’est vidé des grossistes et a vu s’installer une nouvelle génération de commerces. Une rue qui sent bon la savonnerie, le créateur indépendant et la joie de vivre.

La rue de la Folie-Méricourt doit son nom à une “folie” (maison de campagne des classes bourgeoises ou nobiliaires) qui fut la propriété d’un maître épicier de la fin du Moyen-Âge. Autrefois artère principale qui arrivait au hameau de Popincourt, cette longue voie est aujourd’hui située dans l’un des quartiers les plus animés du 11e traversant le bas de la rue Oberkampf et ses commerces de bouche.

Le Baigneur

Le Baigneur
© Le Baigneur

C’est du propre

Fabien Meaudre est le créateur du Baigneur. Une marque de savons et d’huiles de barbe 100 % bio lancée il y a six ans et jusqu’alors distribuée dans les différents concept-stores de France et de Navarre. Le succès aidant, et le packaging toujours séduisant, le garçon vient d’emménager rue de la Folie-Méricourt chez un ancien grossiste. Une boutique toute carrelée de blanc et d’un bleu Méditerranée bien choisi, ouvrant sur une partie labo où s’enchaînent toutes les étapes de fabrication des savons, des huiles mises en bidon au séchage des pains. Une savonnerie parisienne dans la plus pure tradition, où Fabien décline toute sa gamme de produits, les savonnettes en coffrets de voyage parmi les plus vendues, celles à la coupe, ou la gamme femme et enfants parmi les dernières nouveautés, des accessoires pour faire beau dans la salle de bains, dont ces bols en porcelaine de Limoges, clin d’œil aux anciens barbiers. Le Baigneur devrait prochainement organiser des ateliers de fabrication pour qui veut sentir bon.

Au n° 5. Du mardi au samedi de 11 h à 20 h.

À l’ombre

A l'Ombre
© Pierre Lucet-Penato

Petite fleur de Provence

À l’angle de la rue Pasteur, le restaurant À l’ombre fait débarquer le soleil à Paris. À l’origine, deux filles du Sud, Lucie et Marion, amies depuis 20 ans, parties faire le tour de la Provence à la recherche des meilleurs producteurs. Résultat, un restaurant qui donne envie, ouvert sur la rue par ses grandes vitrines, brut et gratté jusqu’à l’os, couvert d’une fresque au plafond, habillé d’osier et de céramique. Au menu, tous les fondamentaux du Sud : le pastis, la mauresque ou le perroquet à l’apéro, à boire à coup d’excellentes chips de socca à la farine de pois chiche réalisées par le chef niçois Luc Salsedo. Et une série d’assiettes à partager avec terrine au pastis (oui, encore !) ou à la lavande pour le goût de fraîcheur, un velouté glacé de courgette, œuf poché et poutargue, des œufs mimosa à l’estragon meilleurs que chez mamie, du saucisson de Provence… Au final, une cuisine efficace, relevée par deux choix de plats du jour – salade niçoise, daube provençale – et par un excellent final de desserts. Bonne nouvelle, À l’ombre a ouvert sa terrasse, une trentaine de couverts en plus à la fraîche. 

Au n° 10. Du mardi au vendredi de 19 h à minuit, le samedi de 12 h à 15 h et de 19 h à minuit.
Tél. : 01 48 06 54 28. 

Luso Lusa

Luso Lusa
© Luso Lusa

L’art de vivre à la portugaise

Originaire du Nord du Portugal, la décoratrice d’intérieur Sandra Da Costa met à profit son réseau de fournisseurs, «  principalement des artisans de la nouvelle génération », au sein d’une boutique ouverte en association avec le fleuriste Désirée (voir plus loin). D’abord lancée via un e-shop puis quelques pop-up, son concept Luso Lusa réunit là des créateurs de savons – comme ce professeur du lycée français de Lisbonne qui y applique ses motifs azulejos –, met en avant les créations d’upcycling à travers coupelles, chaussons et marionnettes, tous colorés et recyclant d’anciennes chutes de tissus. Des plaids, tapis (demander la marque Gur), de la céramique très graphique et de la vaisselle aux effets de broderies viennent compléter la sélection. On trouve aussi quelques marques de vêtements en éponge made in Portugal, logotypés Atlantic.

Au n° 9. Du mardi au samedi de 11 h à 19 h.
Tél. : 06 70 95 24 40. 

Café Méricourt

Café Méricourt
© Molly-S-J-Lowe

À la mode

Longtemps restaurant de quartier, le Bistrot Méricourt change de nom, l’équipe du Café Oberkampf dupliquant là son concept de coffee-shop. Soit une cantine ouverte directement sur la rue, le décor zen et lumineux, toute bardée de cactus et de lampes en osier au plafond. Originalité du lieu, les plats signatures de type Shakshuka ou Green Egg & Feta. Ajoutez-y les plats du jour, façon bistrot, réalisés par des chefs expérimentés et talentueux. Le Café Méricourt aligne aussi quelques délicieuses pâtisseries en dessert – carrot cake bien comme il faut, cookies coco extra larges – et sert également un café unique confectionné avec un torréfacteur Parisien assez représentatif des envies d’originalité de l’établissemement. Un peu coincé, un peu timide, le service fait quand même l’affaire, les tabliers tie and dye collant bien à l’envie branchée de la maison.

Au n° 22. Tous les jours de 9 h à 18 h.

Tél. : 01 58 30 98 02.

Désirée

Désirée
© Chloe Gassian

Fleurs de France

Sur la carte de visite de Désirée, les deux créatrices Audrey et Mathilde ont inscrit “fleuristes engagées”, une rareté. Responsables d’achat dans le fromage, les filles se sont converties il y a deux ans aux végétaux en se positionnant sur la fleur made in France. « La filière manque aujourd’hui d’une vraie transparence, les fleurs arrivent du Kenya, de l’Équateur, de Colombie, et traversent le monde. Nous avions envie d’aller voir ce que les petits producteurs français tenaient entre leurs mains », explique Mathilde. S’appuyant sur le label Fleurs de France, elles sillonnent le pays et font le tri. Deux ans plus tard naît Désirée, boutique de fleurs champêtres, où les roses ont un vrai parfum de rose, où l’arbre à papillon côtoie le chardon, le dahlia ou le tournesol et les fleurs séchées. Juste à côté, Audrey et Mathilde ont ouvert leur café, une dizaine de places généralement squattées par les habitués, la maison ne servant que du bon : café made in Saint-Denis, formule petit déjeuner complet (granola, tartines), jus de fruits frais et, au déjeuner, plat du jour, tartes, gaspachos, bols et brunch le week-end (22€).

Au n°5. Du mardi au samedi de 10h à 19h30, le dimanche de 10h à 16.
Tél. : 09 81 02 52 13

A venir

Outland

Nouvelle dans le village Méricourt, au n° 9, la marque de vêtements Outland s’invite dans un univers brut et sauvage, celui imaginé par deux amis, Olivier et Jeff, rompus à l’industrie de la mode, du streetwear et de la surconsommation, et décidés à faire différent. « Notre propos est celui du produit et de la marque, Outland est un vestiaire masculin fait au Portugal et réalisé dans les belles matières, un style sportswear aux détails workwear, explique Olivier, complété par une sélection de pulls marins made in Bretagne ». Un univers concurrentiel à celui d’Homecore ou de Bleu de Paname et qui décline en cette rentrée le drap de laine en surchemise (170 €) et manteaux (240-340 €), propose le gros pull en laine vierge, du denim.

Et aussi

Pour ne rien rater, il faudra également passer au n° 43 de la rue, le tailleur pour femmes Admise déclinant de parfaits ensembles pour working-girl et Parisienne comme des modèles plus casual. À ne pas rater non plus, en bon voisin de la fromagère, un nouveau bar à vin prénommé Alfonse (ouverture attendue courant septembre). Enfin, parmi les incontournables du quartier, la cantine Kokotte du salon de coiffure Nicolas Waldorf tient une terrasse parfaite pour manger l’œuf sous toutes les formes (au n° 48), tandis que Melt au n° 74 fait la halte du bon viandard, Botanique fait découvrir sa cuisine bistronimique au n°71, et au n°90 la pizza à la romana d’Ave Pizza est une tuerie.