Les lieux de fêtes parisiens au XXe siècle

À l’aube du XXe siècle, Paris est la ville de prédilection pour faire la bombe – faire bombance si vous préférez – ripailler, festoyer que diable ! Avec quelques thunes en poche, on pouvait faire mille folies. Il fallait pour cela s’aventurer dans le dédale des ruelles de la capitale et se mêler à la canaille. Les Parisiens se rendaient ainsi dans les faubourgs populeux où l’on croise des midinettes (ouvrières en maison de mode ou de couture), des étudiants, des cuisinières et femmes de chambre, des garçons bouchers et coiffeurs, côtoyer les Apaches et autres repris de justice de la cité. Bref, toute la jeunesse de l’asphalte de Paris réunie pour faire la noce !

Les bistrots et troquets


Trois jeunes femmes à une terrasse de café, Paris, 1929

Les Parisiens s’y retrouvaient dès la sortie du turbin pour aller boire quelques bocks ou se rincer les amygdales avec une carafe de bon vin, chacun j’entends ! Et pourquoi pas un petit verre d’absinthe avant de partir ? Faire ribote (picoler) ne coûte à l’époque que quelques balles, on pouvait donc quitter cette atmosphère empuantie de tabac et poursuivre sa soirée en allant faire la bringue ailleurs. Cependant, les terrasses de cafés parisiens étaient déjà les meilleurs endroits pour choper des gonzesses, selon des termes déjà usités à l’époque.

 

Les cafés-concerts et music-halls


Salle du Tabarin à 2 heures du matin, photographie de presse Agence Rol, 1908

Sortis du bistrot certains choisissaient de se rendre au café-concert – au beuglant pour les intimes – où l’on regarde plus qu’on écoute de jolies chanteuses aux larges décolletés. Pour une ambiance un peu plus guindée, on peut se rendre dans les music-halls dont la plupart existent encore de nos jours : les Folies-Bergères, le Moulin Rouge, le Casino de Paris, l’Olympia…

 

Les bals-musette


14 juillet 1919, un bal populaire dans Paris, photographie de presse Agence Rol

Pour ceux qui n’étaient pas du genre à s’asseoir et qui aimaient être dans le feu de l’action, il y avait les bals-musette, l’idéal pour aller tricoter des gambettes ! L’un des plus fréquenté était le bal du Moulin de la Galette où des danseuses répondant aux doux noms de la Goulue, Grille d’Egout ou encore la Môme Fromage épataient les spectateurs de leurs grands écarts froufroutés. Loin des valses de salon, les fêtards s’y retrouvaient pour danser la bourrée en faisant vigoureusement craquer le plancher de leurs gros souliers ferrés. L’orchestre qui accompagnait les danseurs était composé d’un seul instrument, vous l’aurez deviné, la musette ! On y entendait aussi parfois du biniou, un accordéon… Ah, la belle ambiance !

 

Les guinguettes


Balançoires près des guinguettes du Plessis-Robinson, 1921, photographie de presse, Agence Rol

Terminons notre tour d’horizon des lieux de réjouissance et de rigolade par l’ambiance familiale des guinguettes. Celles-ci offraient la possibilité, jusque tard dans la nuit, de jouer aux boules ou aux quilles, tout en en descendant quelques unes ! Après des farandoles endiablées, et une fois que l’on était suffisamment grisé, on pouvait aussi prendre place dans de gigantesques balançoires comme celles du Plessis-Robinson et se laisser bercer sous les étoiles…  

Paris la nuit, ça crie, ça chante et ça danse jusqu’au petit matin. Un siècle plus tard les modes de vie ont quelque peu évolué mais l’esprit festif est demeuré et l’on ne peut qu’affirmer avec Ernest Hemingway que Paris est une fête, la ville de l’éternel enjaillement !

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