Les Parisiens sont-ils plus coquins que les autres ?

Paris, « ville de luxure » ? Voilà qui serait un peu réducteur. Pourtant, ses habitants ont la réputation d’être plus libérés, – pour le versant positif – , et globalement moins sérieux, – pour l’aspect négatif -, qu’ailleurs. Mais qu’en est-il vraiment ? Petite enquête indiscrète, dans l’intimité sexuelle des Parisiens.

 

Les Parisiens soumis à plus de tentations

© Allef Vinicius on Unsplash

 

Plus coquins que les Provinciaux les Parisiens ? Difficile à dire. Mais moins fidèles, ça oui. C’est en tout cas ce que suggèrent les résultats d’un sondage Ifop sur leur vie sexuelle datant de 2016 et réalisée sur un échantillon de 2 000 Parisiens. 58% des hommes et 36% des femmes interrogés ont trompé leur conjoint au moins une fois, contre 48% des hommes et 31% des femmes au niveau national. Une différence significative peut-être moins due au caractère potentiellement libidineux des Parisiens qu’à leur exposition à un plus grand nombre de tentations. Ne serait-ce que parce qu’ils sont plus nombreux…

 

Des lieux où assouvir leurs fantasmes

intérieur d'une chambre au Love Hôtel
© Love hotel, source : facebook

 

Si certains trompent, beaucoup cherchent avant tout à pimenter leur intimité de couple. Et les lieux offrant de rompre avec la monotonie sexuelle ne manquent pas à Paris. Au Love hotel, seul hotel de France proposant des chambres à l’heure, la clientèle est constituée de « couples adultères mais aussi de jeunes qui n’ont pas la possibilité d’avoir de l’intimité dans leur propre appartement. Mais il y a aussi beaucoup de couples légitimes qui veulent assouvir un fantasme ou se faire un délire », raconte Dominique, la community manager de l’établissement. Parmi les chambres les plus demandées, celle sur le thème des pirates où l’on peut louer des déguisements pour se mettre dans l’ambiance, le « Palais oriental », et celle où l’on peut observer la chambre voisine par une petite lucarne.

Les Parisiens, rois de l’expérimentation

devanture du magasin le passage du désir
© Passage du Désir boutique rue du Pont Neuf

 

Curieux, les Parisiens seraient incontestablement les plus expérimentaux dans leurs pratiques selon le sondage de l’application pour adultes Lazeeva, réalisé sur 450 000 habitants d’une centaine de villes différentes. Échanges de partenaires, plans à plusieurs (près de la moitié des hommes parisiens auraient déjà fait l’amour à trois selon le sondage Ifop), mais aussi utilisation d’accessoires en tout genre, rien ne leur fait peur.

À ce sujet, Patrick Pruvot, fondateur de l’enseigne Passage du désir, a observé quelques tendances parisiennes dans ses lovestores glamour : à commencer par un plus gros succès des sextoys connectés et interactifs qu’en province ! Les jeux de massages et les accessoires de soft bandage démocratisés par la saga 50 nuances de Grey y feraient également un carton.

 

Les Provinciaux seraient plus pudiques

© Redd Angelo on Unsplash

De façon générale, « il faut prendre un peu plus de pincettes en province qu’à Paris, car le sex shop y souffre d’une mauvaise image, un peu glauque… », explique Patrick Pruvot, qui a mis en place un marketing un peu différent dans ses boutiques de province.

 L’idée ? Y vendre « plus de petits produits pour dédramatiser, comme des pétales de rose, des petits jeux romantiques, des bougies love. Une façon de planter le décor en douceur…». Mais cette précaution n’empêche pas certains Provinciaux de« venir faire leurs achats à Paris alors même qu’ils ont une boutique dans leur ville, car ils sont sûrs de ne pas se faire piquer par quelqu’un qu’ils connaissent », comme le raconte le fondateur de la marque, amusé.

 

L’atout des Parisiens : l’anonymat

©Anna Sastre on Unsplash

 

L’anonymat offerte par la grande ville, voilà donc aussi ce qui pourrait expliquer que les Parisiens soient plus décomplexés qu’ailleurs. Dans un lieu où l’on a peu de chance de croiser plusieurs fois la même personne, et où les réputations mettent beaucoup plus de temps à se faire, les règles s’assouplissent. Pour preuve, le nombre de personnes ayant eu des rapports sans lendemain, plus important dans la capitale (68% des hommes parisiens contre 60% des provinciaux, et 50% des Parisiennes contre 44% au niveau national). Audacieux, les Parisiens prendraient aussi plus de risques face au regard des autres : la moitié des Parisiens et un tiers des Parisiennes auraient déjà participé à des jeux sexuels dans un lieu public, selon le sondage Ifop. Une chose est sûre, les Parisiens n’ont pas froid aux yeux !