Les Parisiens sont-ils en bonne santé ?

Stress, solitude, pollution, nuisances sonores, multiplication des partenaires sexuels… Paris concentre tous les facteurs de risques inhérents aux grandes villes. Ses habitants ont-ils pour autant à craindre pour leur santé ? Ces chiffres risquent de vous étonner…

 

On vit plus longtemps à Paris qu’en Province

vue sur Paris et ses toits
© Paul Dufour on Unsplash

 

Commençons par une bonne nouvelle : les Parisiens vivent plus longtemps que les Provinciaux ! C’est en tout cas ce que révèle une étude de l’Observatoire régional de santé d’Ile-de-France, qui a établi en 2011 l’état des lieux de la santé des Parisiens, à la demande de la Mairie de Paris. Et les chiffres sont étonnants : les femmes parisiennes vivraient en moyenne un an de plus que les femmes provinciales, et les hommes parisiens deux ans de plus que leurs concitoyens. Précision étonnante, la situation serait beaucoup plus favorable dans l’ouest parisien que dans le nord et l’est. Une disparité qui serait liée à la différence de statuts socio-économiques.

 

L’incidence du bruit sur la vie des Parisiens

Une personne se bouche les oreilles
©chairulfajar_ on Unsplash

 

De la même façon, le taux de mortalité par cancer à Paris est inférieur à celui de la France hexagonale selon l’ORS. Peut-on dire pour autant que la vie parisienne préserve de tous les maux ? Loin de là ! L’incidence de certaines pathologies infectieuses comme les hépatites et la tuberculose y est trois fois supérieure qu’ailleurs en France d’après l’étude. Et le taux de découverte de séropositivité VIH, six fois plus élevé ! Autre chiffre alarmant : à cause des bruits ambiants, chaque habitant de la région parisienne perdrait en moyenne 7,3 mois de vie en bonne santé, selon une étude Bruitparif et l’ORS de 2015. De quoi donner envie de mettre un casque sur les oreilles dès la porte de chez soi franchie…

 

Un moral pas au top dans Paris intra-muros

portrait d'une femme de profil
©Fernando Brasil on Unsplash

 

L’image du Parisien déprimé car prisonnier de sa routine « métro-boulot-dodo » n’est pas complètement fausse. D’après une étude publiée en 2014 par IMS Health, Paris figure en haut du classement des départements les plus consommateurs d’antidépresseurs. En cause d’après les spécialistes ? Un plus grand nombre de célibataires et un taux plus faible de couples avec enfants. « Paris est une ville où on peut rencontrer beaucoup de monde, tous les jours. Mais il est difficile de créer de vrais liens forts, nourrissants », explique Annie, trentenaire célibataire et sans enfant. « J’avoue avoir parfois ressenti une grande solitude qui s’est muée à un moment en lassitude ». Heureusement, la jeune femme a su tirer profit des avantages de sa vie citadine pour ne pas se laisser sombrer. Elle s’est inscrite à plusieurs activités pour rompre son isolement.

 

Un an à Paris équivaut à fumer 183 cigarettes

<small>©Sara Kurfeß on Unsplash<small>
©Sara Kurfeß on Unsplash

 

S’il y a des paramètres sur lesquels il est possible d’agir, ce n’est pas le cas de la pollution. Selon une étude européenne, vivre un an à Paris équivaudrait à fumer 183 cigarettes. Un chiffre certes moindre qu’à Londres, Milan ou Prague, mais tout de même préoccupant. Notamment pour les personnes ayant grandi dans la capitale. De quoi expliquer par exemple que les Parisiennes soient plus touchées par le cancer du poumon que leurs homologues provinciales. Pour d’autres, cette pollution a des répercussions sur le système immunitaire : « après 5 années de vie à Paris, j’ai commencé à développer des allergies, des sensibilités au pollen, à la pollution, mais aussi de l’asthme. Certains jours, j’ai le nez qui picote dès que je sors dans la rue et je me sens à bout de souffle. Le pire, c’est au printemps car je n’arrête pas d’éternuer, surtout quand je passe à proximité de bouleaux », raconte Sarah, ex-nordiste exilée à Paris depuis 2011.

 

Du stress, mais aussi des solutions

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©Felipe P. Lima Rizo on Unsplash

 

Les particules fines, et surtout celles provenant du diesel, seraient très nocives pour les poumons. Elles rendraient aussi plus sensibles au pollen, ce qui peut provoquer des allergies. Mais ce qui fait de Paris une ville à risques pour les personnes vulnérables au niveau respiratoire, c’est aussi le stress, l’autre grande origine de l’asthme. Liée au rythme soutenu, aux transports mais aussi à la circulation, cette tension physique et nerveuse serait à l’origine de nombreux maux. Mais Paris propose heureusement beaucoup de solutions pour s’apaiser. Comme des cours de méditation, de yoga, des bars à chats ou encore des bulles d’isolation sensorielle pour se retrouver avec soi. D’ailleurs, d’après un sondage OpinionWay pour la Fondation Ramsay Générale de Santé, ce n’est pas à Paris, mais dans le nord-est de la France, que l’on serait le plus stressé…