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L’histoire du quartier d’Aligre en 3 lieux emblématiques

Coincé entre Bastille et Nation, on pourrait presque oublié le quartier d’Aligre. Mais le marché du même nom est réputé et apprécié de bon nombre de parisiens. Le quartier, riche d’une histoire populaire, révolutionnaire et industrielle, mérite qu’on s’y attarde. Focus sur 3 lieux emblématiques du quartier d’Aligre.

La place d’Aligre

© La Tête en L’Air

 

Le marché Beauvau est édifié par l’architecte Lenoir en 1779, en charge de toutes les constructions du quartier, après l’annexion d’une partie des terres de l’abbaye Saint-Antoine. Il sera reconstruit en 1843. Rythmant la vie du quartier, le marché semi-couvert est un des plus anciens de la capitale. La place fut autrefois le théâtre sanglant des barricades de la Révolution, puis celles, non moins violentes, de la Commune en 1871. Il y règne encore une atmosphère particulière, sans doute véhiculée par la présence d’une des premières radios libres encore en activité, Radio Aligre, ainsi que de l’association qui anime le quartier.

Place d’Aligre, 12e

Métro Ledru-Rollin

Le lavoir du Marché Lenoir

© La Tête en L’Air

 

Construit en 1830, le lavoir comportait une structure en métal et bois, des persiennes pour l’aération, un séchoir, une chaudière et une grande cheminée. C’était un lieu accessible pour les blanchisseuses comme pour les ménagères. Le lieu public ferme en 1960 et devient jusqu’en 1987 une blanchisserie industrielle. Quand l’entreprise met la clé sous la porte, la mairie songe à la destruction pour construire des logements sociaux. C’est sans compter sur les habitants du quartier qui veulent préserver leur lavoir. Un compromis est trouvé : l’édifice est détruit à l’exception de la façade. Celle-ci est déplacée, à l’aide de rails, à 40m de là, intégrant le mur de clôture d’une école.

3, rue de Cotte, 12e

Métro Ledru-Rollin

Le passage Lhomme

© La Tête en L’Air

 

Le passage Lhomme, au même titre que tous les passages longeant la rue du Faubourg Saint-Antoine, profite d’une position stratégique. Exempté d’impôts par décret royal, le quartier connaît à partir du XVe siècle une expansion liée au commerce et à l’artisanat. Tous les artisans du bois, notamment, en font leur fief attitré. À ciel ouvert, le passage Lhomme, du nom du propriétaire qui l’a tracé dans les années 1850, témoigne de ce passé artisanal et industriel. Les habitations, peu élevées, sont représentatives d’une architecture utilitaire et simple. L’ancienne scierie, symbolisée par la longue cheminée et la verrière, atteste d’un temps industriel révolu.

Passage Lhomme, 11e

Métro Ledru-Rollin