Rencontre avec 3 Parisiens nés un 29 février

Ils sont un peu moins de 2000 à naître chaque année bissextile. Les bébés du 29 février pointent le bout de leur nez avec une petite originalité. Une date de naissance qui laisse souvent place à beaucoup de curiosité. Avides d’en savoir plus, nous avons donc rencontré trois Parisiens nés un 29 février.

 

Léo*, né le 29 février 1980, réalisateur et photographe

 

Quelles sont les remarques que l’on vous fait le plus souvent ?

Déjà, ça amuse beaucoup les gens. Ils me disent que je n’ai vraiment de chance mais au final ils ont plutôt tendance à se rappeler de mon anniversaire. Donc, contrairement aux idées reçues, c’est assez cool d’être né le 29 février. Aux États-Unis, c’est un phénomène bien délimité. Ils s’appellent les « leap year babies » et ils ont même des groupes Facebook, des réunions…

Ça vous a déjà servi ?

Disons qu’auprès des filles, je suis un oiseau rare un peu gratuitement… Ça suscite la curiosité. Je pense que les jumeaux doivent avoir le même genre d’intérêt. En général les gens y voient une dimension « cosmologique », ce qui les poussent à me considérer comme étant spécial au niveau astrologique. Mais pour moi, c’est juste une question administrative. Aussi, hasard ou coïncidence, les années bissextiles sont souvent des années positives pour moi.

Quand le fêtez-vous ?

A minuit, le 28, je pense avoir un peu de légitimité à célébrer mon anniversaire. Mais quand ça tombe un lundi, par exemple, ça complique les choses. C’est délicat de reporter au week-end un anniversaire qui n’a pas vraiment existé dans la semaine. Je pense que c’est un truc à célébrer sur le moment, comme une étoile filante ou une victoire au foot. Mon entourage attend en général le 1er mars pour me le souhaiter.

*prénom modifié

 

Nadine, née le 29 février 1948, retraitée

Comment ont réagi vos parents et votre famille à votre naissance ?

Je suis née en Tunisie, un jour où il pleuvait à torrent. Je me suis présentée par le siège mais à l’époque, on accouchait à la maison sans médecin. Mes parents ont eu peur car je commençais à me cyanoser. Mon père est parti sous la pluie pour chercher un médecin, mais quand il est revenu j’étais déjà sortie et en pleine forme ! Il disait toujours que j’étais déjà une originale. Un ami lui avait dit « déclare-la le 28, elle ne peut pas être née un 29 février ! » mais il n’a jamais voulu. Pour lui, c’était bien ma date de naissance et il ne fallait pas changer ça.

Avez-vous une anecdote liée à votre anniversaire ?

Petite fille, mon père était un passionné de cinéma. On allait tout le temps voir des films et notamment des films avec Michèle Morgan qui est aussi née un 29 février. Elle faisait partie de mes idoles avec Danielle Darrieux. Alors, une année, vers mes 14 ans, je lui ai écrit une lettre d’anniversaire. Eh bien elle m’a répondu ! C’était une lettre courte, mais très aimable. Elle me remerciait de penser à elle et y racontait qu’elle était toujours ravie d’échanger avec des fans qui partageaient sa date de naissance. Je l’ai toujours gardée précieusement.

Comment avez-vous vécu votre date de naissance originale ?

Je pense qu’il y a deux versions : l’optimiste et la pessimiste. C’est soit « je prends 4 ans d’un coup », soit « je prends un an tous les 4 ans ». Moi je ne l’ai jamais mal vécu, j’ai toujours dit qu’on pouvait me faire des cadeaux le 28 février et le 1er mars. C’est une date sympathique, originale. Je préfère qu’on me le souhaite le 28 parce que c’est le dernier jour de février et je suis née en février. Mais une fois, petite fille, j’ai oublié que l’on était une année bissextile et je ne comprenais pas pourquoi personne ne me souhaitait mon anniversaire le 28…

 

Valéry, né le 29 février 1968, journaliste

Y a t-il une anecdote sur votre naissance ?

Je suis né le 29 février 1968. Mes parents n’ont pas percuté qu’il s’agissait d’une date particulière. Et ils ont trouvé le moyen de m’appeler Valéry, un prénom qui se fête le jour du 1e avril…

Attachez-vous de l’importance à votre anniversaire ?

Je fête classiquement mon anniversaire. Je n’ai pas d’attachement particulier au 29 février. Si on oublie de me le fêter, cela ne pose pas de problème pour moi. Je me laisse porter par mon entourage. Au final, cela n’a pas vraiment d’importance.

Quand les gens vous souhaitent-ils votre anniversaire ?

Je reçois des appels le 28 février ou le 1e mars mais aussi le 27 ou le 02 mars. Le fait d’être né le 29 février a tendance à déstabiliser l’entourage. Du coup, trois années sur quatre, on me fête mon anniversaire pendant 4 jours. Cela amuse mes enfants de se dire qu’en années bissextiles, j’ai 12 ans et demi. A 52 ans, j’aurai 13 ans ; je serai le plus jeune de la famille