Nous finirons ensemble, l’état des lieux du cinéma français

Près de 8 ans après le gros succès des Petits Mouchoirs (numéro 1 au box office français de l’année 2010), Guillaume Canet tente de réitérer son exploit accidentel en offrant au monde une suite aux aventures de nos trentenaires désabusés (maintenant devenus des quadras neurasthéniques). Ce film s’ajoute à une longue liste de comédies françaises plus ou moins réussies, à une heure où le cinéma hexagonal est en pleine expansion. Mais dans la foule de ces productions qui sortent en masse, de plus en plus nombreuses chaque année, qu’en est-il de la qualité ? Guillaume Canet se pose en véritable ambassadeur du grand écran, du scénariste à l’acteur en passant par la réalisation. Mais est-ce vraiment justifié ? Cette suite de presque classique déroge-t-elle à l’inébranlable loi du second opus, celle-là même qui annonce un échec presque systématique aux suites de grands succès ? Retour sur un film annonciateur de l’état actuel du cinéma français.

Un scénario original… qui ne l’est pas vraiment

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Si Les Petits Mouchoirs ne brillait déjà pas tant pour son scénario (on parle quand même de 2h34 de fous rires et d’engueulades), Nous finirons ensemble met la barre encore plus haut. Non content de reprendre le concept déjà usé de la bande de potes névrosés partie en vacances, le film tombe dans la facilité débilisante du cliché en amplifiant à l’extrême les caractéristiques de chacun, des personnages aux situations. François Cluzet devient encore plus insupportable, Marion Cotillard encore plus violente, Gilles Lellouche encore plus méprisant, Laurent Lafitte encore plus stupide. Même la maison de vacances est plus grande.

Les actions, les plans, la bande-son… Tous les invariants d’une bonne parodie sont là, réunis dans une tentative grotesque et grossière d’orienter les émotions du spectateur. La musique devient pseudo dramatique lorsque les enfants disparaissent en mer, suivie d’un petit concerto classique apaisant doublé d’un coucher de soleil photoshoppé lorsqu’ils sont retrouvés, dans des scènes de retrouvailles si niaises qu’elles feraient passer Twillight pour un film de macho. Quant à l’humour… Si le secret d’un bon film humoristique réside dans l’alternance de situations décalées et de punchlines aiguisées, le cliché a encore une fois pris ses aises, et recouvert de son aura de déjà-vu chaque minute de ce qu’on pourrait appeler un navet stéréotypé. Mais c’est loin d’être la plus grosse faiblesse du film

Des dialogues insipides et désabusés

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« C’est difficile de nager avec une doudoune à plumes… Je sais pas comment font les canards ».  Oui, vous l’avez vu vous-même, la punchline est un art qui se perdNous Finirons ensemble est une succession de vannes ternes et pas marrantes, qui visent le grand public tout en ne touchant personne. Le genre de blagues à la lisière du beauf probablement écrites par un scénariste imbibé au Ricard à la sortie d’une guinguette au Cap Ferret. Si Les Petits Mouchoirs jouait avec plus ou moins de finesse sur les différents registres, son successeur s’estampille du sceau de la comédie française, et cela au mauvais sens du terme. Un film qui semble donc l’enfant bâtard d’un Dubosc et d’un Canet : blagues lourdes sur fond dépressif, humour de vestiaire sur mélodrame exagéré. Une preuve de plus qu’il faut savoir rester sur un succès, puisque les seuls mouchoirs qu’on sort désormais c’est en réalisant qu’on a payé pour voir ce film. Guillaume Canet a même avoué ne pas vouloir le faire initialement. Comme quoi la première impression est toujours la bonne…


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