Premier atterrissage d’un dirigeable sur le Champ-de-Mars

Au début du siècle dernier, inspirés par les exploits de Santos-Dumont, Paul et Pierre Lebaudy, fils d’une puissante famille d’industriels sucriers, associent leurs talents, leur audace et leur fortune, pour lancer des engins d’une conception nouvelle, les dirigeables.

En 1901, un gigantesque hangar est édifié près de Mantes, en région parisienne, pour abriter ces ballons semi-rigides. « Le Jaune » tel qu’il est nommé à cause de la couleur de sa toile, est construit en 1902. Il mesure 61m de long, son volume est de 2300 m3, et il a un moteur de 40 chevaux qui actionne 2 hélices de 2,80m de diamètre. 

Le 12 novembre 1903, après plusieurs vols d’essai, le Jaune parcours 60Km en 1h41 pour atteindre le Champs de Mars, entre la Tour Eiffel et la Galerie des Machines, vestige des Expositions Universelles de 1889 et 1900. Dès la nouvelle connue, curieux, journalistes et notables accourent pour féliciter les frères Lebaudy. Le dirigeable est démonté, et mis à l’abri dans la Galerie des machines. 

Le 20 novembre 1903, quelques jours seulement après son exploit, le ballon dirigeable repart de Paris. En arrivant au parc militaire de Chalais-Meudon, le vent le jette contre un arbre et l’enveloppe se déchire. L’accident ne fait heureusement pas de victime, mais c’est le dernier voyage du Jaune. Cependant, les frères Lebaudy ne sont pas découragés. Poursuivant leurs efforts, ils entreprennent la construction d’un nouveau dirigeable.

Au cours de l’année 1904, le « Jaune II » fait son apparition. Il sera suivi de bien d’autres, notamment du « Patrie », et du « République »… Santos Dumont a reconnu les qualités de l’aéronef par cette appréciation de connaisseur : « Celui-là est réellement technique »…

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© 1903 dirigeable Le Jaune