Que mangent les Parisiens ?

À en croire les clichés véhiculés à l’étranger, les Parisiens se nourriraient principalement de baguettes, de fromages, d’escargots à l’ail et de soupes à l’oignon. À en croire ceux venus de la Province, ils seraient plutôt du genre à alterner repas sur le pouce et restaurants de Chefs étoilés. Mais qu’en est-il réellement ? Petite enquête dans les assiettes des Parisiens.

 

Les Parisiens, des « mangeurs-zappeurs »

Birdy Hamburgers
Birdy Hamburgers © Pierre Lucet Penato

 

« Les Parisiens sont plus mangeurs-zappeurs que les autres ». C’est en tout cas le constat du sociologue de l’alimentation Jean-Pierre Corbeau, qui corrobore là l’idée selon laquelle le Parisien actif serait adepte des repas rapides en semaine. « À Paris, avec le rythme de vie qui tend à limiter la pause méridienne, on va rationnaliser son temps », poursuit l’auteur du livre Penser l’alimentation, expliquant ainsi pourquoi le Parisien jette fréquemment son dévolu sur des « salades, des burgers ou encore des sandwiches« .

Une alimentation qui ne rime pas forcément avec monotonie, le célèbre jambon-beurre ayant été largement rejoint dans les rayons par « les paninis, sandwiches poulet tandoori et autres sandwiches vegan ». Toujours dans un souci de rentabilité de temps, la street food attire également beaucoup de Parisiens, et notamment « les hommes trentenaires et quadragénaires » selon le sociologue. Pourtant, précise ce dernier, le Parisien même débordé aura tendance à s’accorder un ou deux déjeuners plus élaborés durant la semaine. Et il sait aussi se rattraper le soir et le week-end.

 

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De l’exotisme au resto les soirs et les week-ends

© Pixabay
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D’après une enquête de l’institut de sondage BVA pour Areas, réalisée en juin 2017 auprès de 1 068 Parisiens, un habitant de Paris sur deux se rend au moins une fois par semaine au restaurant. 15 % d’entre eux y mangeraient même au minimum trois fois par semaine le soir ou le week-end. L’enquête révèle même le classement de leurs plats préférés : dans le trio de tête, on retrouve tartare de saumon, de dorade ou de bar, tranche de foie gras et assiette de crudités en entrée. Pièce de bœuf, noix de Saint-Jacques ou filet de poisson en plat. Et enfin, café gourmand, fondant au chocolat et tiramisu en dessert.

Mais loin de se cantonner uniquement aux classiques, les Parisiens seraient aussi très friands d’exotisme, et privilégieraient même les restaurants thématiques les soirs et les week-ends. Parmi les innombrables adresses de world food que comporte la capitale, ce sont les restaurants italiens, asiatiques et orientaux qui sont les plus plébiscités.

 

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Les Parisiens, rois des fourneaux et du vin

 

© Hotel du Vin & Bistro / CC BY-ND 2.0 / Flickr 

 

Mais à ceux qui penseraient que les Parisiens passent leur vie au restaurant, il n’en est rien. « Les Parisiens cuisinent plus qu’il y a 10 ou 15 ans ! », avance le sociologue Jean-Pierre Corbeau, qui précise toutefois que le phénomène concerne principalement les Parisiens « avec un bon niveau de vie ». Selon lui, il n’y a qu’à voir le succès de l’offre de marchés haut de gamme, d’épiceries de luxe, de rayons de grande distribution qui deviennent bio… pour comprendre que « recevoir et cuisiner est branché ! ».

« Il y a aussi un engouement pour le vin et tout ce qu’il y a autour de la dégustation de ce dernier : tapas, mais aussi tartines, etc. », ajoute le sociologue. Belle illustration de cet engouement, la nouvelle Grande Épicerie ouverte Rive droite fin 2017, qui propose une sélection d’une centaine de sortes de chips, 1 500 références de vins et spiritueux ou encore une dizaine de taramas à tartiner.

 

Manger sain et penser à l’environnement

© DR

Autre particularité des Parisiens : ils sont plus sensibles à la qualité des aliments consommés et à leurs effets sur leur santé. C’est en tout cas le résultat d’une étude de la Mairie de Paris présentée le 3 mai 2017. Selon cette dernière, les habitants de la capitale consomment moins d’aliments favorisant l’hypertension, l’obésité et le diabète comme les sodas (- 25%) et privilégient les fruits, légumes, poissons et légumes secs.

En plus de consommer davantage de fruits (15 % de plus que la moyenne nationale), ils s’orientent davantage vers des produits bio ou issus de circuits courts, montrant là un souci certain pour l’écologie. En cause, la proportion importante de cadres et professions supérieures aux revenus élevés, qui consacre une part plus grande de leur budget à leur alimentation.