6 choses à savoir sur le très inspirant Bilal Hassani

A l’approche de l’Eurovision 2019, un prétendant au titre semble fédérer plus qu’aucun autre : Bilal Hassani. Voici six choses à connaître sur ce jeune vidéaste, incarnation d’une génération qui déboulonne les genres, les stéréotypes sexistes et la haine facile.

 

Il est un enfant de The Voice

Qui est Bilal Hassani ? Un chanteur, vidéaste et influenceur à la notoriété grandissante – plus de 248 000 abonnés sur Instagram, 675 000 sur YouTube et 92 000 sur Twitter. On l’a repéré en 2015 dans le télé-crochet The Voice Kids. Alors âgé de 15 ans, ce féru de musique fait déjà très fort en reprenant « Rise like a phoenix », une chanson de Conchita Wurst, drag queen autrichien couronné par l’Eurovision en 2014 et violemment insulté – la « chanteuse à barbe » avait suscité les réactions les plus LGBTQ-ophobes. En poussant la voix, Hassani prône déjà l’ouverture d’esprit et la tolérance. Quatre ans plus tard, son discours n’a pas changé.

 

Il aime VRAIMENT beaucoup Aya Nakamura

Au gré des vidéos de sa chaîne YouTube – cumulant plus de 52 millions de vues – Bilal Hassani impose sa punchline (« Bonsooooooooir Paris !« ) et « coverise » aussi bien Ariana Grande et The Weeknd que Nicki Minaj. Fan de Beyoncé, de High School Musical et de Freddie Mercury, le jeune homme au look capillaire détonnant « ambiance » sa communauté par son sens du rythme très pop. Mais s’il y a bien une « queen » que le post-ado vénère, c’est Aya Nakamura. A celle que Libération surnomme « l’héroïne des temps modernes« , il dédie ses reprises très R’n’B de « Copines » (audacieusement couplée avec le « Tout Oublier » d’Angèle) et « Djadja ». A l’instar de Nakamura, Hassani recherche des sonorités entêtantes et feel good, idéales pour habituer son audience à sa singularité – que d’aucuns jugent trop exubérante.

 

Il déboulonne les codes

Cette singularité, Bilal Hassani en fait sa signature. Portant perruques hautes en couleurs et crop tops fashion, il déjoue les normes de genre et n’hésite pas à confesser sa fatigue face aux catégorisations « trucs de filles »/ »trucs de garçons » qui obnubilent encore l’inconscient populaire. Sans pour autant faire de cette situation une revendication politique, il la porte simplement sur soi, naturellement, d’un tuto makeup à un essai ASMR, d’une vidéo de réaction à un instant #playlist. C’est avant tout son enthousiasme qui déborde des cadres.

 

Il a fait l’objet d’un violent cyberharcèlement

« Je suis homosexuel, j’ai un nom musulman, j’ai une part de féminité très forte. Ça dérange beaucoup” a déclaré Bilal Hassani au site AJ+, le média inclusif des générations connectées. Et pour cause : le vidéaste a essuyé des mois durant une flopée d’insultes racistes et homophobes de la part de cyber-harceleurs tenaces (des menaces relayées sur ses réseaux et commentées dans sa vidéo « Ça devient grave ! »). A tout cela, Bilal Hassani répond par sa meilleure arme : l’inébranlable fierté d’être ce qu’il est, en toute bienveillance. Hassani a par ailleurs participé à « De l’amour » une campagne de l’association Urgence Homophobie dénonçant les violences portées envers les personnes LGBTQ, en compagnie de célébrités comme Amel Bent, Hugo Clément, Daphné Burki, Karine Le Marchand et Amir.

 

Il pourrait remporter l’Eurovision

« Quand je rêve, je suis un Roi« . Avec son morceau « Roi », ode intime à l’acceptation de soi publiée sur YouTube le 4 janvier dernier et composée en compagnie du duo pop Madame Monsieur, Bilal Hassani risque bien de remporter la couronne au futur concours de l’Eurovision. Sa chanson a suscité les réactions les plus positives sur Twitter. Mais cet engouement outrepasse la simple qualité musicale. Ceux et celles qui apprécient Bilal Hassani savent que le récompenser serait saluer l’évolution qu’il incarne : l’image d’une jeunesse spontanée et consciente, sans complexes ou peur, libérée des clichés virils et autres injonctions désuètes. « Ce son, c’est un hymne. Je me reconnais tellement dans toutes les paroles, ça fait tellement du bien, toute la communauté LGBTQ peut s’y reconnaître et ça c’est beau » décoche ainsi un auditeur sur Twitter. Plus que jamais, Bilal Hassani y affirme sa personnalité plurielle sans bafouiller : « Je suis free, ne me demandez pas qui je suis« .

 

C’est un véritable « rôle modèle »

Dans une tribune publiée sur le site de Madmoizelle, Mathilde Trg explique pourquoi Bilal Hassani est, à l’heure actuelle, un indispensable « rôle modèle » pour des milliers d’adolescents. « J’aurais adoré, lorsque j’étais au collège, pouvoir m’inspirer d’un mec comme lui. Bilal porte des perruques, se maquille, se déhanche, chante des chansons critiquées par une petite partie très bruyante de la population. Bilal place des jalons qui guideront les ados d’aujourd’hui et adultes de demain. Il leur montre que c’est possible de te maquiller même si t’es un mec, de chanter très sérieusement une chanson que certain·es taxent de « débile », d’aimer faire ça.  J’ai toujours profondément pensé que j’étais chelou. Mais j’ai confiance en des personnes comme Bilal pour permettre à ma petite sœur, à mon neveu, à mon filleul, de n’avoir pas à subir ça » espère l’admiratrice. En assumant sa personnalité, Bilal Hassani a de quoi positivement influencer ses abonné.e.s, qu’il surnomme affectueusement « mes vies« . Et ce n’est pas Coeur de Pirate qui contredira ce discours : pour la chanteuse, Bilal Hassani est « un héros pour toute une nouvelle génération« . Aujourd’hui, le stakhanoviste de 19 ans est sur un petit nuage. « Cette aventure est surréaliste et j’ai l’impression de vivre un rêve ! » conclut-il sur Twitter.