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Résolutions 2019 : vers une année sans réseaux sociaux ?

Votre objectif et résolutions 2019 ?  Faire plier l’ado paresseux en vous, rompre définitivement avec la procrastination. Pour certains, ce sera quelques kilos en moins, pour d’autres 5 fruits et légumes par jour. À chacun sa recette pour se sentir mieux. Alors que les réseaux sociaux s’infiltrent de plus en plus dans nos vies, certains ont décidé de couper les ponts avec Facebook ou Instagram en 2019. Pour le meilleur ? 

 

Décriées, les résolutions de début d’année ne sont plus vraiment à la mode. Trop culpabilisantes, trop « magazine féminin ». Elles ont pourtant fleuries sur les réseaux sociaux. Stella Bugbee, journaliste pour The Cut et The New York Magazine, publiait ainsi sur Instagram sa liste de « more » and « less ». Plus de projets artistiques et d’huile d’olive et moins de shopping compulsif, de beurre et de déchets. Au sommet de sa liste des indésirables : Twitter.

 

Réseaux sociaux : pourquoi tant de haine ?

Quelques jours avant elle, la dessinatrice Louison se filmait sur Instagram en pleine suppression de l’app sur son smartphone. Quant à Louis Jean-David, il déclarait sur Twitter avoir désactivé son compte Facebook.  « J’ai d’abord cessé Snapchat quand mes contacts ont progressivement arrêté d’utiliser cette application. Pour Facebook, c’est un peu différent. Les raisons sont un peu plus profondes. Je ne suis pas en phase avec l’algorithme, qui, à plusieurs reprises, ne faisait plus remonter nécessairement le « contenu » que je souhaitais mais celui de marques, sponsorisé ou non. Après avoir constaté au passage un « appauvrissement » de la qualité des contenus de mes relations « humaines », j’ai donc progressivement délaissé l’application sans pour autant la désinstaller« .

En effet, fini l’ordre chronologique des publications sur Facebook. Aujourd’hui, vous voyez ce que Mark Zuckerberg et son équipe souhaitent que vous voyiez et ce qui parallèlement leur rapportent argent, données personnelles et tutti quanti.

« Finalement, j’ai décidé de désinstaller l’application pour une raison toute simple : j’en ai eu marre que mes contacts permettent aux applications partenaires de Facebook d’accéder à MES données sans que MOI je ne leur donne l’autorisation. La « valeur » que m’apporte le réseau versus le « coût » que représente son utilisation étant devenue négative. »

 

 

La vie avant les profil pics

quitter les réseaux sociaux fait parties des résolutions 2019

 

Si la question des données personnelles et la défiance généralisée a clairement égratigné l’image de marque des réseaux sociaux, elle n’est pas la seule raison du désamour. « Je ne retrouve plus le côté « réseau social » des débuts de Facebook. J’y retourne uniquement par habitude » ajoute Mélissa. Facebook est pollué par la pub, Instagram par la mise en scène de soi, Twitter par le racisme.

Mais même si nos usages des réseaux sociaux a changé, la plupart des millennials y restent encore très attachés. Le départ ne se fait pas sans mal. Assujettis par une forme d’anxiété sociale de manquer quelque chose (fear of missing out), on se gave de stories jusqu’à l’indigestion. D’après un article de Charles Chu sur Quartz, le temps passé sur les médias sociaux chaque année équivaudrait à lire 200 livres. De quoi faire réfléchir…

Terreau fertile au dépassement de soi, le mois de janvier semble le moment parfait pour arrêter ou freiner ce que l’on considère comme une mauvaise habitude. Revenir à des activités jugées moins virtuelles. « Je passe trop de temps sur les réseaux sociaux, et pour de mauvaises raisons. Aller sur Facebook, c’est une façon de procrastiner et de remettre à plus tard des décisions que je dois prendre. J’ai besoin de récupérer mon temps, parce que le temps de cerveau est une denrée rare que j’ai envie d’utiliser plus intelligemment  » analyse Camille. La jeune femme a décidé de commencer 2019 en réunissant ses réseaux sociaux dans un seul dossier, bien nommé « Chronophage ». « Du coup, pour accéder, je dois cliquer sur le dossier, j’y vais en connaissance de cause et avec une sorte de mise en garde « ok, mais n’y passe pas trop de temps«  ».

La blogueuse Éléonore Bridge, quant à elle, raconte sur un post Instagram qu’elle a isolé en dernière page de son téléphone ses apps réseaux sociaux, et les a remplacées en première page par une appli kindle.

 

 

Chacun cherche son réseau

Utilisation des smartphones et des réseaux sociaux
© rawpixel on Unsplash

 

Tous les réseaux ne sont pas jugés de la même manière en fonction de nos attentes et de nos ressentis. Si Facebook a vieilli et désintéresse largement les plus jeunes générations (le réseau a perdu deux millions d’inscrits chez les moins de 25 ans), Instagram pose quant à lui de nombreux problèmes. Une étude publiée par la Royal Society for Public Health en 2017 affirme qu’Instagram serait le réseau le plus néfaste pour la santé mentale. D’où le besoin qu’éprouvent certaines personnes de s’en détacher.

« Instagram capitalise sur la mise en scène de soi, de photos de ses possessions, de ses intérêts, de ce que l’on mange. C’est à la fois personnel et artificiel. Alors que sur Twitter, on retweete, on partage et pas seulement des choses sur soi. Il y a une plus grande variation de points de vue  » résume Fleur. Cette journaliste a ainsi récemment retiré Instagram de son smartphone et migré sur Twitter.

La plupart des résolutions croisées sur les stories Instagram ne plaident d’ailleurs pas pour leur abolition mais pour un ralentissement progressif. « En fait je n’envisage pas de les quitter mais j’ai un peu du mal à modérer le temps que je passe dessus. Le soir dans ton lit, tu fais un dernier tour Instagram, Twitter, Facebook avant de te coucher sauf qu’au lieu de prendre 10 minutes ça dure 40  » avoue Camille.

Les réseaux sociaux ne sont, en somme, que ce que l’on en fait. Et c’est certainement pareil pour les résolutions.