Y-a-t-il des lieux hantés à Paris ?

Certains vont se faire peur en visitant les Catacombes ou en profitant des attractions du Manoir de Paris. Mais ne fréquenterait-t-on pas sans le savoir des lieux hantés plus mystérieux encore ? Des quartiers, des lieux publics, des musées où les phénomènes paranormaux seraient quotidiens ? Nous avons posé la question au chasseur de fantômes Erick Fearson.

 

De drôles de hantises olfactives au Père Lachaise

Photo by Echo Grid on Unsplash
Photo by Echo Grid on Unsplash

 

« Paris est l’une des villes les plus ésotériques du monde » affirme Erick Fearson, lorsqu’on lui demande si la capitale est hantée. Communément surnommé « chasseur de fantômes« , ce mentaliste-tarologue-paranormaliste recueille les récits de ceux qui sont témoins de phénomènes étranges. Quand il ne les constate pas lui-même. Au Père Lachaise, il a par exemple observé des « hantises olfactives », des présences qui se manifestent par des odeurs. « En passant près d’une sépulture, j’ai senti une odeur de chocolat. J’ai su après coup qu’il s’agissait de celle de Menier, grand chocolatier parisien ».

Si les cimetières ne sont pas les « lieux les plus hantés », le Père Lachaise, lui, serait « habité par une multitude d’entités » selon Erick Fearson. Une légende dit d’ailleurs que le spectre de Jim Morrison hanterait ses allées. « Vers les années 2000, un producteur de musique américain (ndlr Brett Meisner) est venu au Père Lachaise, et a pris en photo la tombe du chanteur. Et il aurait découvert un fantôme sur le cliché », raconte le chasseur de fantômes. Difficile pour autant pour lui de savoir s’il faut prendre l’affaire au sérieux.

 

L’île de la Cité, île mystérieuse de Paris

<small>Photo by KaLisa Veer on Unsplash<small>
Photo by KaLisa Veer on Unsplash

 

Sur son site maison-hantée.com, Erick Fearson semble accorder plus de crédit à d’autres témoignages. Comme celui d’un quinquagénaire qui a aperçu un « homme vêtu à la mode du 19e siècle » s’évaporer derrière la tombe de Gérard de Nerval. « Après vérification, il apparut que cet étrange personnage était le portrait craché du poète ! », explique le chasseur de fantômes. Selon ses recherches, les apparitions du musicien Chopin seraient également « récurrentes ».

Il ne suffirait pourtant pas d’éviter le Père Lachaise et ses abords pour échapper aux esprits. Riches d’histoires, les quartiers anciens de Paris seraient aussi très propices aux présences du type. Et notamment « l’île de la Cité, les alentours de Notre-Dame, mais aussi les grands boulevards haussmaniens », selon Erick Fearson. « Près de Notre-Dame, sur le square du Vert Galant, des personnes disent avoir vu le fantôme de Jacques de Molay, un templier exécuté à cet endroit ». Mais là encore, il n’y aurait pas de règles. « Il y a fort potentiel de hantise dès lors qu’il y a eu dans la maison ou l’appartement une mort violente ou injuste ! »

 

Une maison hantée avenue Frochot

<small>Photo by Mr Cup / Fabien Barral on Unsplash<small>
Photo by Mr Cup / Fabien Barral on Unsplash

 

Voilà qui expliquerait la présence (supposée) d’esprits dans la maison néo-gothique de l’avenue Frochot dans le 9e arrondissement. Plus qu’hantée, cette bâtisse portant le numéro 1 serait maudite. Une servante y serait morte assassinée au début du XXème siècle, et depuis, tous les habitants y connaissent une fin tragique : le compositeur Victor Massé y est mort paralysé, tout comme le critique de théâtre Matthieu Galey. Sylvie Vartan, elle, n’y serait restée que quelques jours avant de prendre la fuite.

Hormis cet exemple, difficile pour Erick Fearson, soumis au secret professionnel, de dévoiler les autres adresses hantées de la capitale. « Les agents immobiliers font souvent appel à moi. Mais ils me demandent de garder le silence si je perçois quelque chose ». De même, le chasseur de fantômes assure que beaucoup d’hôpitaux et de théâtres sont hantés. Mais que beaucoup d’entre eux refusent de communiquer à ce sujet…

 

Certains musées parisiens seraient « très chargés »

<small>Le Musée National Gustave Moreau © RMNGP/Franck Raux<small>
Le Musée National Gustave Moreau © RMNGP/Franck Raux

 

En insistant un peu, le chasseur de fantômes finit par citer quelques lieux : « au musée de l’Homme au Trocadéro, vers la première moitié des années 2000, une statue se déplaçait toute seule. L’équipe du musée devait la replacer régulièrement », lâche le spécialiste, en nous renvoyant vers des articles de presse.

Selon lui, le musée Gustave Moreau serait aussi un lieu « très chargé ». Est-ce parce que l’artiste a vécu entre ses murs ? Probablement selon le chasseur de fantômes, qui affirme qu’« il n’est pas nécessaire d’être décédé dans un lieu pour que le lieu conserve l’énergie ». Et quid du fameux fantôme de l’Opéra, qui hanterait la loge 5, dévasté par la mort accidentelle d’une ballerine dont il était amoureux ? « Cela se baserait sur du réel », nous répond Erick Fearson, qui titille là encore notre curiosité sans trop en dévoiler…