3 créateurs innovants repérés au Who’s Next

Le salon des professionnels de la mode s’est tenu du 6 au 9 septembre derniers à Porte de Versailles. L’occasion pour A Nous Paris de passer au crible ceux qui créent la mode du futur.

Mode sociale, responsable et durable, inclusive et positive… Autant de positionnements engagés qui animent les stylistes d’aujourd’hui. Parmi les centaines d’exposants qui ont présenté leurs collections lors de l’édition 2019 du Who’s Next, zoom sur trois marques qui repensent la mode.

Soi : la mode pour toutes

soi paris
Soi Paris – © DR

 

Dans « Soi », il y a « soie », tissu noble majoritairement utilisé pour la confection des chemisiers emblématiques du label. Mais ce nom de baptême est également une référence à « l’estime, l’amour et la confiance en soi », précise Aurélie Boutboul, co-fondatrice de la marque lancée il y a trois ans avec sa sœur Julia Laussinote. Pour preuve, la dernière collection présentée en exclusivité au Who’s Next s’intitule « Ode à la femme » et célèbre, comme son nom l’indique, la féminité à travers des imprimés inspirés d’œuvres d’art (les Nanas de Niki de Saint Phalle, la Vénus de Milo…).

« Pour créer un élan féministe et positif, nous avons lancé une campagne digitale avec cinq ambassadrices de toutes morphologies et de tous les âges, raconte la responsable commerciale. En boutique, nous recevons autant la jeune fille de 25 ans que sa maman et sa grand-mère de 70 ans, détaille-t-elle. Parce que le chemisier est universel ».

Derrière le discours marketing se cache un vrai positionnement inclusif puisque, depuis sa création, Soi a élargi sa gamme de tailles en passant du 36-40 au 34-44. Et met en place des opérations en collaboration avec l’association Joséphine aidant les femmes à reprendre confiance en elles via des ateliers de maquillage. Produite en petite en série, la collection comporte une cinquantaine de modèles et s’est ouverte aux robes et blouses et à de nouvelles matières naturelles comme le coton, la laine, le cachemire…


Soi
104 rue Vieille du temple, Paris 3e

 

Le Neomad : label éthique et itinérant

le neomad
mannequins : Coco et Myriam – © Caroline

 

Parmi la pléiade de vêtements présentés dans certains corners du salon, l’espace dédié à cette marque née en 2015 casse les codes. Ici, seulement quelques bombers recyclés et brodés à la main d’inspiration indienne sur le portant de droite, et à peine une dizaine de t-shirts et sweats évoquant les jolies portes ornées de Tunisie sur celui de gauche. Neomad : un concept nomade, donc, que l’on doit à la créatrice française d’origine mauricienne, Amal Boodhoo. A bientôt 26 ans, cette diplômée en stylisme et création de marques de mode part chiner ses tissus provenant de fin de stocks à New Dehli, à Jaipur ou bien Tunis, puis réalise ses petites collections en France. De la slow fashion mixte – seule une collection est créée par an – que l’on peut retrouver à Paris dans le show room réservé aux jeunes créateurs qui réinventent la mode, l’Atelier Meraki.


Neomad
A découvrir en ligne ou à l’Atelier Meraki :14-16 rue Neuve Pompincourt, Paris 11e

 

Sakina M’sa, initiatrice du Front de mode

sakina msa
Corner Sakina M’sa du Front de mode au Who’s Next 2019

 

Rendez-vous au nouvel espace réservé à la mode durable du Salon Who’s next baptisé « Impact ». C’est ici qu’est exposée la collection capsule de mailles rayées tendance color block de la marque Sakina M’sa. Si le regard se pose d’emblée sur les jolies tonalités pastels et autres motifs géométriques, les messages brodés en lettres capitales sur les pièces attirent d’autant plus l’attention. « Earth » (terre), « save the planet » (sauvez la planète)… Autant de slogans taillés pour les banderoles de la marche pour le climat. Mais c’est bien au corner de Front de mode que nous sommes.

Ce concept-store réservé à la création écologique (prêt-à-porter, mobilier, déco) a été créé en 2016 par la styliste franco-comorienne qui porte le nom de sa marque, Sakina M’sa, plus de 15 ans de carrière dans la mode durable à son actif. La créatrice « alerte sur notre façon de consommer la mode, glisse Laura Ehui, son assistante-styliste. La question de la traçabilité est très importante. Les pulls sont fabriqués en Bretagne, on est sur du 100% made in France », complète-t-elle. Pour ce qui est des pantalons et des shorts, ils sont réalisés à partir de chutes de tissus provenant du groupe de luxe Kering (Gucci, Yves Saint Laurent…), dirigé par François-Henri Pinault, qui n’est autre que le parrain de Front de mode.

Aux côtés des créations de Sakina M’sa, des pièces de grandes maisons comme Vivienne Westood viennent côtoyer des créateurs montants à l’instar de Panafrica. Celle qui a organisé des défilés dans des prisons pour femmes et qui s’est entourée de salariés en insertion professionnelle milite pour une mode aussi durable que sociale.


Le Front de mode
42 rue Volta, Paris 3e