Chez MŪN : la boutique des sorcières écoféministes

Chez MŪN, on reprend contact avec sa sorcière intérieur. Oubliez le folklore de Harry Potter, les cours de potion et autres chapeaux pointus… Dans cette « école des sorcières de lumière », Judith, la fondatrice, vous invite à vous reconnecter avec vous-même et la nature. Un lieu éco-féministe atypique à découvrir en plein cœur du 18e.

Révélez la sorcière qui est en vous

boutique écofeministe 18e, vitrine
Prendre soin de soi avec des cosmétiques ayurvédiques, tisanes, encens et produits de naturopathie ©Mūn

 

En poussant la porte du 10 rue Ramey, à deux pas du métro Château Rouge, on ne s’attend pas à tomber sur une sorcière, une vraie. Avec sa jolie devanture, sa vitrine pleine de cosmétiques ayurvédiques, de tisanes bio, d’encens et de produits de naturopathie de la marque Hildegarde de Bingen, MŪN ressemble davantage à une boutique de cosmétiques naturels qu’à Poudlard.

L’échoppe abrite pourtant bien plus que ça. Entre les ouvrages en libre consultation, les illustrations sur le thème de la lune, les cristaux et les huiles essentielles, l’atmosphère se veut accueillante et chaleureuse. On y propose aussi des stages et ateliers de méditation, de réflexologie plantaire, de numérologie ou de gemmothérapie (médecine des bourgeons). Des activités que l’on pratique dans une salle située en sous-sol et, selon le planning des activités, l’espace cosy et rassurant est également mis à disposition pour que chacun puisse venir méditer de façon libre et autonome.

Derrière le comptoir, Judith Vieille accueille les apprentis sorcières depuis la mi-septembre. Quand on l’interroge sur la signification et la dimension mystique de ce terme, elle nous rappelle : « Les sorcières sont celles qui autrefois étaient les guérisseuses du peuple, elles avaient une connaissance du vivant incroyable et mettait en lien le corps et la nature. Chose qu’on a oubliée de faire depuis longtemps. » Les sorcières de lumières font donc ici référence aux « femmes puissantes, aux femmes sachantes. »

Ecoféminisme et sorcellerie

boutique écofeministe 18e, vitrine
Un lieu hybride pour se reconnecter à sa vraie nature ©Mūn

 

« Je pense qu’on abrite toute une sorcière en nous, que cette sorcière est la source de notre puissance, ajoute-t-elle. Quelque chose qu’on doit identifier à l’intérieur de soi. Ça peut prendre plus ou moins longtemps, mais ça ne se fait pas sans engagement. Ça veut dire réapprendre à prendre soin de soi, s’extraire d’une domination patriarcale. »

Car, si vous vous intéressez un peu au féminisme, il ne vous a pas échappé que la figure de la sorcière est, au delà du folklore, hautement politique, comme le rappelle Mona Chollet dans son excellent ouvrage Sorcière, la puissance invaincue des femmes paru en septembre 2018. Elle y répare et décortique l’imagerie qui entoure ces figures féminines d’hier et d’aujourd’hui, souvent célibataires, sans enfant, vieillissantes ou simplement libres. Des femmes traquées et brimées pour n’avoir pas voulu se conformer aux mœurs de la société de leur époque.

Chez MŪN, au contraire, au lieu de la mettre au placard (à balais), on apprend à reprendre contact avec sa sorcière intérieure, à se libérer et à s’écouter. « Vandana Shiva le dit très bien : l’empowerment, c’est-à-dire le fait d’apporter le pouvoir aux femmes ou qu’elles aillent le chercher en dehors d’elles-même n’a pas de sens. On a toutes le pouvoir en nous, il suffit de se reconnecter avec », explique la propriétaire des lieux.

Il s’agit de « reprendre le pouvoir au sens écofeministe du terme. » Cela passe par une reconnexion avec la nature, dans le fait de prendre soin du vivant.« Or, rappelle Judith Vieille, on ne peut pas prendre soin de la terre sur laquelle on vit si on ne prend pas soin de nous, et inversement. Les deux dynamiques sont imbriquées. De la même façon, on ne peut pas s’engager à relever les enjeux écologique sans commencer par respecter 100% de l’humanité. Ça n’existe pas une terre respectée, avec 50% de l’humanité qui ne l’est pas. Si on commençait par considérer l’humanité dans toute sa pluralité, alors on pourrait commencer à prendre soin de notre terre. »

MŪN
10 rue Ramey, 18e
10h – 19h du lundi au samedi

 

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