Futur imparfait

Comme chaque année, le CES, ce grand salon technologique ayant lieu à Las Vegas, nous a permis de parier sur les tubes technologiques à venir. Avec des résultats pour le moins variés…

Les tops

Aucune révolution n’aura été détectée dans les allées du CES ; plutôt des évolutions d’innovations existantes. Voire des ressuscitations… Comme le grand retour de Polaroid, la fameuse marque photographique. Elle aura non seulement révélé une nouvelle version de son appareil photo imprimant, le Snap+ — cette fois-ci avec un écran tactile intégré — Polaroid a également dévoilé une imprimante 3D, ainsi que deux smartphones. Plutôt futé à une époque où les téléphones remplacent les appareils photo.

Polaroid Snap+ © Polaroid

Autre augmentation d’une idée déjà bien galvaudée : quid d’un drone qui peut transporter un passager ? Et qui plus est, autonome ? En effet, d’après les créateurs chinois du Ehang 184, il suffit de monter dedans, de choisir sa destination, et ce drôle d’objet volant vous y emmène. Résultat : le plus gros buzz du CES 2016. Même si son autonomie est limitée à 23 minutes, le Ehang 184 serait capable de voler à 100km/h, et donc de couvrir presque 40km en une charge. Deux hésitations, et elles sont de taille : l’engin coûterait entre deux et trois cent mille dollars ; et étant donné les fortes restrictions juridiques qui gouvernent déjà les drones, pas sûr de pouvoir voler celui-ci partout. Voire nulle part…

Ehang 184 © Ehang

Autres stars du CES : les voitures autonomes. L’idée continue de faire froid dans le dos, tout en continuant à faire son chemin, grâce notamment à des supporters de première heure comme Google — qui prétend déjà que ses voitures pilotées par intelligences artificielles ont moins d’accidents que celees qui sont conduites par des humains — mais aussi à de grands constructeurs comme BMW ou Mercedes. Ce dernier aura amené la presse dans le désert pour des tests de leur nouvelle voiture autonome ; et BMW a présenté son concept car i8 Spyder, qui propose une conduite soit manuelle ; soit assistée, qui prend le contrôle dans des situations potentiellement risquées, soit un mode ‘auto’, où la voiture s’occupe de tout, laissant le (non) chauffeur profiter des écrans embarqués de la voiture.

Voiture autonome BMW © BMW

Enfin, comme le CES, c’est également le rendez-vous des technologies les plus improbables, citons également l’écran flexible de LG. Cet écran — ou plutôt feuille — est à base de technologie OLED, et malléable à volonté. A vrai dire nous ne voyons pas trop à quoi cela pourrait servir, mais nous le voulons tout de même !

 

 

Les flops

Il y a toujours un côté obscur, et il n’en manquait pas au CES 2016. L’erreur la plus médiatique fut l’annonce, tant attendue, du prix du casque de réalité virtuelle (VR) Oculus Rift. A 700 euros, il y avait de quoi mettre en cause l’attractivité grand public de ce gadget tant attendu. Au point que Palmer Luckey, le fondateur d’Oculus VR, a dû s’excuser de ne pas avoir expliqué qu’un gadget tellement à la pointe de la technologie ne pouvait pas coûter moins cher.

Ce qui n’a pas empêché, une fois de plus, à la VR d’être le sujet numéro un de l’événement en termes de buzz, d’après une analyse des retombées média menée par la société ScribbleLive, avec un florilège d’innovations et d’annonces de toutes parts. D’autres marques ou personnes les plus citées dans cette même analyse — comme Apple ou Mark Zuckerberg, le patron de Facebook — n’étaient simplement pas là ; phénomène qui confirme les limites de la hype du CES.

Enfin, autre absence notable : celle de GoPro, le fabricant de mini-caméras HD tant aimées par les fans de sports extrêmes, a annoncé le licenciement de 7% de ses salariés, au moment où le CES se terminait.  La preuve que les tendances d’avenir d’hier ne le restent pas éternellement. D’où notre futur plus qu’imparfait !