Le PC est mort, place au tablinateur

Malmenés par le succès caracolant des smartphones, les tablettes, tout comme les PC, se devaient de riposter. Surprise : ils le font ensemble, sous la forme d’ordinateurs hybrides… baptisés tablinateurs ou encore ordinablette !

Le constat est sans appel : d’après une étude menée récemment par Google, 2 millions de jeunes Français utiliseraient uniquement leur smartphone pour accéder à l’internet. L’ordinateur – PC ou Mac – leur seraient donc d’une utilité limitée. En effet, les smartphones sont de plus en plus grands, et aussi performants que certains PC. Même l’iPad, le roi des tablettes, voit ses ventes stagner au point de se muer en… tablinateur : il se vend désormais avec clavier et stylets optionnels…

 

La solution de Microsoft : la performance

D’autres fabricants imaginent leurs ripostes d’emblée comme de véritables hybrides, unissant la mobilité d’une tablette à l’efficacité d’un clavier. C’est le cas du Surface Book de Microsoft. Certes pas donné – il coûte au moins 1600 € –, ce PC portable surfe sur le succès de Surface, la tablette de Microsoft, en y ajoutant un clavier en dur. Contrairement à celui précédemment fourni avec la Surface, ce dernier a l’avantage de tenir l’écran (la tablette) de l’appareil à la verticale ; on peut donc poser le Surface Book sur ses genoux sans problème. Le clavier du Surface Book contient également une batterie qui triple l’autonomie de la tablette seule ; atout particulièrement pratique. Enfin, le design de l’ensemble est fin et élégant à souhait, à l’instar d’un MacBook Air.

Côté inconvénients, l’écran/tablette du Surface Book reste plus lourd que le clavier et peut donc faire basculer l’ensemble en arrière. Il n’est pas non plus aisé de détacher cette partie du clavier pour l’utiliser en tablette seule : il faut trouver le bon bouton dans les menus à l’écran, puis attendre quelques instants, le temps que les verrous magnétiques se défassent. 

 

La solution de HP : l’accessibilité

Pas de problèmes de ce genre avec le Spectre x2 de HP, concurrent direct des Surface de Microsoft, dont l’écran se détache simplement en tirant dessus. Presque moitié moins cher (900 €) et moins performant sur le papier, il est pourtant aussi agréable à utiliser que le Surface Book, à deux exceptions près. D’abord, il est plus petit ; et ensuite, au lieu d’un clavier à charnière rigide, il compte sur une béquille, très peu pratique et difficile à manier, pour faire tenir son écran à la verticale.

En revanche, contrairement aux claviers des tablettes Surface, celle du Spectre x2 comporte de véritables touches à ressorts, ce qui facilite la rédaction de textes longs (même si, détail embêtant, les touches “astérisque” et “retour” sont trop près l’une de l’autre). On apprécie également la relative rapidité de la machine, ainsi que son écran, de très bonne définition, et le système audio intégré, signé Bang & Olufsen. Ainsi, si le Spectre x2 – tout comme le Surface Book, d’ailleurs – n’est pas suffisamment puissant pour faire tourner les derniers jeux vidéo, il fera largement l’affaire pour regarder les dernières séries TV ou pour écouter ses playlists sur Spotify.

 

Le verdict

Côté stylets, c’est le Surface Book qui gagne. Ce dernier est si rapide et réactif qu’il s’impose comme LA nouvelle façon d’interagir avec son ordinateur, aussi bien pour dessiner et prendre des notes que pour naviguer dans les menus. De plus, il s’attache par aimant sur le bord de l’écran, pour ne pas le perdre. En ce qui concerne le stylet du Spectre x2, nous n’avons tout simplement pas réussi à l’utiliser. Dommage…

Au final, ces deux tablinateurs valent-ils le détour ? Absolument. Le Spectre x2 pour essayer une nouvelle sorte de PC sans se ruiner et le Surface Book pour une expérience plus complète, avec grand écran, clavier rigide et stylet au poil. Dans les deux cas, on pourra effectuer tout un tas de tâches impossibles à exécuter avec un smartphone : écrire (longuement), dessiner, programmer, réaliser des tableaux Excel ou des présentations Powerpoint… la liste est longue. Toutefois, ces tablinateurs offrent-ils de quoi permettre à la génération Z de lâcher ses smartphones ? On attend de voir !