Le Permanent pop-up de Sessùn

Depuis son lancement à la fin des années 90 à Marseille, la marque de prêt-à-porter féminine casual chic connaît un succès exponentiel. Emma François, sa créatrice, ouvre aujourd’hui un nouveau lieu où seront présentées des créations éphémères, à côté de sa boutique parisienne rue de Charonne. Rencontre.

Peu d’enseignes textiles modernes ont su aussi bien capter l’air du temps, avec toujours ce soin particulier du respect de la morphologie et des matières riches et variées, et cette envie d’inspirer un mode de vie ethnique chic à ses clientes. À l’image de sa créatrice, Emma François, Sessùn est en mouvement perpétuel. Nous l’avons rencontrée à quelques jours de l’ouverture du pop-up où seront présentés collections et accessoires limités, objets d’art(isanat) et éléments de déco au charme fou, à commencer par sa première collection capsule, Marine Girls, du nom du premier groupe de Tracey Thorn dans les années 80, et par la suite voix d’Everything But the Girl.

Comment vous est venue l’idée de ce projet de pop-up store ?

Je réfléchissais depuis des années à une proposition de séries limitées et de petites raretés, éloignées des logiques de diffusion en quantité. Avec l’idée de travailler autour de thématiques mêlant plusieurs corps et cœurs de métiers, savoir-faire ou disciplines. En 2013, le projet s’est initié avec nos expos lancées en boutique, la dernière a eu lieu en 2013 autour de l’artisanat et de l’indigo : Indicraft. L’idée d’avoir un lieu dédié à ces événements polymorphes a germé et nous nous sommes mis à la recherche de celui-ci. Coup de chance, le local mitoyen de notre boutique parisienne s’est libéré. Très vite, l’idée a été de créer non pas une extension mais bien un lieu différent et atypique, une boutique transformable au gré de nos envies. Un pop-up mais permanent.

Vos premières sources d’inspiration ?

Textiles, évidemment. Nouer et renouer des cordes jusqu’à en créer des objets, rhabiller des pots de notre ami céramiste Pierre Buisson, encorder des planches à découper, etc. La première expo s’appelle Marine Girls, en référence au groupe éponyme, éternelle source d’inspiration. J’espère que nos expositions nourriront les imaginaires, inviteront à prendre le temps d’essayer, de toucher, regarder et découvrir.

Quels sont vos critères de sélection des objets proposés ?

Jolies rencontres, coups de cœur, aucune logique préétablie sauf celle de répondre au thème, de créer des choses différentes et d’élargir le champ du quotidien.

Une idée du rythme des expositions ou des collections ?

Je ne veux pas complètement m’enfermer dans un calendrier qui viendrait remettre en cause la spontanéité du projet. Toutefois une expo cohérente et séduisante, ça se prépare. Donc quatre expositions par an, avec des entre-deux durant lesquels la boutique sera dédiée à l’accessoire ou aux petits cadeaux.

Vos envies – secrètes ou non – pour le futur ?

Peut-être bien de lancer une vraie ligne de déco. Puis, continuer à conjuguer les influences et les disciplines pour ne pas m’endormir. Et toujours garder intacte l’envie de se faire plaisir.