Tesla Model S : la conduite zen… mais à quel prix ?

Malgré sa forte croissance ces dernières années, la voiture électrique n’était pas encore un secteur très sexy. Jusqu’à l’arrivée de la marque Tesla, qui a réussi à unir luxe et écologie avec son étonnante Model S., en bonne et due forme…

Voiture green de rêve ?

Première impression : la Model S nous enveloppe dans un cocon de confort. Finitions en cuir, énorme écran tactile comme tableau de bord, système audio de haut vol… nous sommes loin de la simplicité d’une Renault Zoe, ou du pragmatisme d’une Prius.

À l’extérieur, à mi-chemin entre une Maserati et une BMW, les lignes de la Model S ne laissent aucun passant de marbre. On admire également des petites touches comme les poignées qui se rétractent dans les portes quand on ne s’en sert pas. De la frime de prime abord, mais pratique pour la sécurité, entre autres.

Mais c’est dans l’expérience de conduite que la Model S se démarque véritablement. Elle n’émet ni pollution, ni bruit. D’où une sensation de zenitude assez inédite ; et la toute aussi agréable impression de conduire la voiture de l’avenir !

 

Bête de course écologique

Mais la plus grande surprise se réserve au démarrage. Cette voiture peut atteindre les 100 km/h en 3,3 secondes. Résultat au décollage : l’impression que son ventre remonte dans sa poitrine, et le cœur qui bat deux fois plus fort ! Une dose d’adrénaline à consommer avec modération, bien sûr. Mais cette incroyable accélération sert également à éviter des ennuis routiers — on est toujours sûr de démarrer aux feux en premier — ainsi qu’à rouler sur l’autoroute en toute sérénité.

 

Le prix du bonheur

S’il faut mettre le paquet pour profiter de ces sensations fortes – la version P85D de la Model S coûte la bagatelle de 109 700 € – celle d’entrée de gamme, la 70 kWh à propulsion, à 70 800 €, atteint 100 km/h en 5,8 secondes. Ce qui est tout de même très rapide. Ceci grâce surtout à la propulsion électrique, qui se dispense de passer par différentes vitesses tel un moteur à combustion.

Après le coût d’achat, le deuxième prix du bonheur chez Tesla, c’est que même si son « carburant » est pratiquement gratuit, il faut tout de même aller la chercher, l’électricité. Sur une prise normale – si vous disposez d’un garage –, il faudra compter toute la nuit pour charger pleinement la batterie de la Model S. A Paris, on pourra la charger plus rapidement sur une borne Autolib, mais à condition de payer un abonnement mensuel (10 € par mois). La meilleure option reste un « supercharger » de Tesla, des bornes installées un peu partout en France (en région parisienne, à Senlis et à Rungis). On branche, puis on attend à peu près une heure et quart pour retrouver l’autonomie maximale, de 400 km.

 

L’angoisse de l’autonomie

Voici justement l’autre limite du bonheur à la Tesla, comme de toutes les voitures 100 % électriques : on se demande constamment si on a assez de batterie. Heureusement, le GPS de la Model S affiche toujours l’autonomie qui restera après le prochain trajet prévu. Malheureusement, pour traverser toute la France, il va falloir couper le voyage en deux, et ce, à condition de trouver un point de recharge sur le chemin. Bien conscient du problème, Tesla vient d’annoncer la mise en place de près de 200 stations de recharge partout en Europe.

Au final, malgré une expérience de conduite hors du commun et l’économie de l’essence, 70 000 € (minimum) reste une sacrée somme à investir dans une voiture. Autre option : attendre 2017, quand Tesla compte sortir la Model 3, au prix bien plus démocratique d’environ 30 000 €. Espérons qu’elle nous réserve tout autant de zenitude… et de sensations fortes !