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Clean Walker : des randonnées citoyennes pour nettoyer les villes

Si la cause écologique s’est renforcée en 2018, il est fort probable que 2019 sera une année charnière pour l’environnement. Cette transition passe par des gestes simples au quotidien et désormais, les citoyens prennent de plus en plus les devants avec des actions écologiques. À l’image du mouvement Clean Walker, qui organise régulièrement des randonnées à travers la France dans le but de nettoyer les villes des déchets (canettes, mégots, emballages…). Pour mieux comprendre cette action qui prend de l’ampleur,  nous avons posé trois questions au comédien Benjamin Carboni, fondateur du mouvement.

 

Comment est né le projet Clean Walker ?

Des déchets ramassés par les équipes de Clean Walker
© Clean Walker

 

Clean Walker date de septembre, donc le projet est assez récent. Il est né d’une prise de conscience personnelle. J’ai essayé de changer mon quotidien par des actions simples, mais cela faisait plusieurs mois que j’en avais marre de voir des déchets un peu partout en bas de chez moi. J’ai voulu quitter Paris quelques temps pour prendre l’air et j’ai constaté que le constat était le même en Auvergne et partout ailleurs. En quelques jours, j’ai ramassé une quinzaine de sacs pleins et j’ai commencé à réfléchir à ce que je pouvais faire à mon échelle.

La base du mouvement, c’est celui de rassembler des citoyens et de faire des ramassages tous ensemble. Il s’agit également de prendre conscience de ce qu’il y a dans notre environnement. 80% de ce que l’on ramasse vient de notre propre consommation qui n’est plus adaptée. Le 2e pilier de Clean Walker, c’est de communiquer sur la consommation, de donner les clés aux gens afin de consommer mieux et autrement, et enfin de communiquer sur la consommation et le mode de vie zéro déchet. À travers une communication quotidienne et des vidéos sur les réseaux sociaux, on donne des tips pour apprendre à changer les habitudes et créer un impact concret.

Comment le ramassage se déroule t-il ?

une équipe de ramassage clean walker
© Clean Walker

 

La plupart se déroule en ville, mais certains se font aussi dans des forêts. On essaie de sensibiliser les participants sur l’instant, leur faire prendre conscience que seulement 20 à 25% des déchets sont recyclés et revalorisés. Si une personne souhaite mettre en place un ramassage dans sa ville, elle nous contacte sur la page Facebook Clean Walker puis on lance une communication sur les réseaux et enfin on l’aide avec les démarches auprès de la mairie pour la question de récupération des déchets. Les ramassages n’ont pas pour but de critiquer le système de la ville ou de montrer qu’ils font mal leur travail, mais, bien au contraire, de montrer que les citoyens ont une part de responsabilité dans tout cela. Principalement, les actions se font dans le centre de la ville, car cela a un impact visuel immédiat. De plus, les citadins sont curieux et viennent nous interpeller, ce qui permet de sensibiliser d’autres personnes.

Quel bilan après ces premiers mois ?

Le mouvement grossit. Depuis septembre, il y a déjà eu plus de 40 ramassages. Les premiers ont eu lieu à Paris et à Lyon. Ils s’étendent désormais dans toute la France. En moyenne il y a 50 personnes pour les actions de dernière minute ou dans les plus petites villes, et entre 200 et 300 personnes dans les plus gros rassemblements Clean Walker. Je fais partie du conseil de quartier du 18e et la mairie souhaite mettre en place des ramassages réguliers ainsi que travailler sur d’autres projets comme les jardins partagés, le compost ou la permaculture. De plus en plus de villes comme Caen ou Mulhouse veulent soutenir ces actions. Qu’on le veuille ou non, 2019 sera une année de changement. On arrive à de tels enjeux qu’il va falloir faire quelque chose.