Il est l’heure de jeter l’encre

À la fin de la semaine, la Grande Halle de la Villette accueillera une nouvelle édition du Mondial du tatouage, tout en étendant encore la superficie de ses espaces extérieurs dédiés à la manifestation. On pousse les murs donc, pour un événement qui n’en finit pas de prendre de l’ampleur. Présentation en trois points.

Un come-back triomphal

Tin-Tin © Thomas Krauss

Le Mondial a eu deux vies. Une première, en 1999 et 2000, quand Tin-tin, déjà l’une des stars de la discipline qu’on n’appelait pas encore le 10e art décide de réunir les meilleurs spécialistes du monde à Paris. Sa seconde existence démarre en 2013, quand le tatoueur cède à la demande des aficionados et réitère l’expérience. En moins de quinze ans, pourtant, les choses ont beaucoup changé. Le phénomène a pris une ampleur inattendue, en partie grâce à une plus grande médiatisation, mais surtout grâce à l’avènement d’Internet. Les travaux des talents du monde entier se révèlent ainsi au grand public et l’émulation grandit du côté des artistes. 15 000 visiteurs se pressent lors de cette nouvelle édition aux allures de plébiscite. Cette année, les organisateurs en attendent plus du double.

Rien que les meilleurs

Logo Mondial Du Tatouage

Ce sont plus de 350 professionnels venus du monde entier qui officieront encore cette année. Pointures reconnues ou nouveaux venus repérés pour leur créativité par Tin-tin, ceux-là font la crédibilité de la manifestation reconnue au côté de son équivalent londonien, comme l’une des meilleures du genre. De quoi faire encore grimper les chiffres déjà impressionnants d’une pratique plus du tout confidentielle (aujourd’hui, plus d’un Français sur dix est tatoué). Si l’on sait maintenant que pour passer sous l’aiguille de l’artiste de ses rêves, il est préférable de l’avoir contacté au préalable via le site du Salon, les moins prévoyants auront tout de même une chance de ne pas repartir peau nue. Certains tatoueurs travailleront en effet par moments en “walk in”.

Une ambiance

MDT © Anthony Dubois

Bien sûr, tous les visiteurs du Mondial n’ont pas pour objectif de se faire tatouer sur place, et particuliers et professionnels y viennent pour y faire des rencontres ou trouver l’inspiration. Mais l’événement doit aussi beaucoup à ses animations : des concours publics où les participants sont soumis à l’avis d’un jury prestigieux, des expositions (cette année, les photos en tirage limité issues de l’hommage de Free Freaks à Coyote et les mythiques guitares Fender tatouées), des food-trucks, un espace annoncé comme lounge par la bière 8.6, partenaire du Salon, qui proposera aussi des bornes d’arcade ou des ateliers de customisation de tee-shirts… La musique tiendra également une place importante avec, le vendredi et le samedi, des lives à conseiller davantage aux habitués du Hellfest qu’aux oreilles sensibles (Orange Goblin, Sticky Boys, Uncle Acid, Hangman’s Chair). On imagine que des DJ sets viendront encore faire monter le volume sonore, avec peut-être une incursion de Günther Love, qui parraine, avec Daphné Bürki, cette nouvelle session. L’an dernier, avec Moche Pitt, son collègue des Airnadettes, sa playlist mêlait Deftones, Sex Pistols et Gojira, histoire de donner le ton.