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10 questions posées aux street artistes Zag & Sia

En couple dans la vie comme dans l’art, les street artistes Zag & Sia embellissent les rues de Paris au fil de leurs créations, toutes plus sublimes les unes que les autres. On a tenté d’en savoir un peu plus sur ce duo atypique. 

 

 

 

Pouvez-vous nous expliquer la signification de votre nom de street artistes ?

Pour ma part, la signification du pseudo ZAG est simple puisqu’il est l’acronyme de mon nom et prénom. SÌA n’est pas un acronyme mais prend référence dans la mythologie égyptienne, « Sia étant la personnification de l’intuition qui aide à prendre les bonnes décisions. C’est l’incarnation de l’omniscience intuitive des dieux, que seul le démiurge possède ». Quoi de plus représentatif pour une muse que de porter ce nom.

 

Depuis quand exercez-vous cet art et, par extension, quelle a été votre première œuvre ?

J’exerce depuis presque 30 ans, en ayant exploré les différents médiums, techniques et supports que la peinture peut offrir. Nous nous sommes rencontrés il y a 11 ans. Nous avons eu presque instantanément cette relation artiste/muse, mais là où je peignais SÌA sur toiles en atelier, nous avons eu le désir d’exposer notre relation en changeant de supports et de lieux. C’était un peu comme rendre publiques nos inspirations communes et mettre à nu notre relation mystique. La rue s’est donc imposée spontanément et les escaliers devenaient notre terrain de prédilection pour l’aspect complexe, technique et ludique que cela engendrait. Notre première œuvre commune était « la Parisienne », le début d’un concept mettant en exergue les expériences de vie de SÌA, pour la plupart dramatiques, dont il fallait parler au grand jour. Chaque lieu indiquait la trace de l’expérience vécue, et c’est dans la station de métro de Saint-Germain-Des-Près que tout a commencé…

 

Oeuvre street art de Zag & Sia
Charles Chaplin by Zag & Sia © Wesley Bodin

Avez-vous toujours travaillé en duo ? Si non, comment vous êtes-vous rencontré, quels sont vos parcours respectifs ?

Nous nous sommes rencontrés au détour d’un chemin virtuel. Elle était mannequin depuis 10 ans et j’étais un artiste en mal d’inspiration…

 

Quels sont les principaux messages que vous véhiculez à travers le street art ?

Nous véhiculons des messages tirés de nos propres expériences de vie, souvent dramatiques, mais utilisées comme une catharsis à travers nos œuvres. Cet exutoire était essentiel pour se libérer de nos chaines, et peindre illégalement dans la rue devenait un exercice dont la prise de risque justifiait notre démarche commune.

 

Arrivez-vous à vivre à 100 % du street art ou exercez-vous une activité annexe ?

Comme on m’a souvent répété tout au long de mon parcours, on ne devient pas un artiste passionné si l’on ne se donne pas à 100 % dans ce que l’on croit. Être artiste n’est peut-être pas un métier au fond, mais plutôt une façon d’entrevoir la vie différemment et avec sensibilité plus que par pragmatisme. C’est une prise de risque de ne pas savoir de quoi notre avenir « financier » sera fait au jour le jour, puisqu’on parle bien de revenu tiré de notre art, mais c’est une liberté qui en vaut la chandelle quand on croit en ses rêves. C’est un peu la fable de la Cigale et la Fourmi, avec des mois où l’on chante et d’autres où l’on déchante (rire).

 

Quel est votre quartier de prédilection à Paris pour pratiquer le street art ?

Le 13e a été un des premiers arrondissements de Paris à nous avoir « permis » d’exercer librement. Nous le devons à la relation que nous avons avec le maire Jérôme Coumet qui a nous fait confiance dès le début, en nous permettant d’exprimer librement notre art.

 

Avez-vous déjà mis en place des collab’ avec d’autres street artistes ? Si oui, lesquels ?

Ils nous arrivent souvent de collaborer avec Anje, car en plus d’avoir une relation d’amitié, il nous permet grâce à son support Plasti’graff, de peindre partout où il nous est possible de peindre. #streetarteverywhere

 

Avec quel street artiste français, ou étranger, adoreriez-vous vous associer pour une création future ?

Pour nous, une collaboration est le résultat d’une amitié, d’un respect mutuel, d’un petit quelque chose qui fait que la relation est différente. Nous avions participé il y a quelques années à un festival à Malte où nous avions rencontré les artistes internationaux les plus réputés en matière d’anamorphoses. Nous avions eu beaucoup d’affinités avec Leon Keer, un artiste hollandais. Ce serait avec lui que nos souhaits de collaboration se porteraient en premier. Surtout que nous l’avions évoqué à l’époque, et il n’y a rien de plus déplaisant qu’une promesse ou un souhait que ne serait tenu.

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer dans le street art ?

Suivre ses propres convictions, inspirations, choix en faisant fi de ce qu’il se fait déjà, ou de ce qu’il faudrait faire pour attirer le regard vers soi, en utilisant les techniques de com’ en vogue (par exemple). Même si nous n’aimons pas l’appellation « street art », l’art de rue doit rester un art intègre, inspiré par l’authenticité de l’artiste et inspirant pour le spectateur. Si l’on croit fermement en ce que l’on fait artistiquement et pourquoi on le fait, tout arrive à point à qui sait attendre.

 

Puisque nous sommes à Paris, avez-vous des bonnes adresses pour boire un verre et se restaurer à Paname ?

Il y a bien évidemment le Faust sous le pont Alexandre III, et plus précisément l’Evphorion au cadre magnifique que nous ne pouvons pas oublier de citer. D’autant que ce lieu nous fait l’honneur de nous proposer notre première exposition à partir du 24 novembre. Côté restauration, La spaghetteria à Montrouge est un lieu très convivial que nous conseillons.

 

Interview A Nous Paris Zag & Sia Street Art
Des street artistes français… et Coluche ! – © Zag & Sia