La déferlante Halloween

Longtemps beaucoup plus populaire dans les pays anglo-saxons qu’en France où elle servait surtout de prétexte à entretenir les caries des enfants, Halloween connaît aujourd’hui chez nous un succès grandissant. Clubbing, événements dédiés, mode, food… Les façons de faire « bouh ! » le 31 octobre (à découvrir dans ce numéro) sont multiples. Parce que toutes les fêtes sont bonnes à prendre ou par envie de se rapproprier une tradition en vérité complètement… gauloise ?

Loin d’être à mettre au crédit des Américains qui la célèbrent, il est vrai, avec une conviction presque inquiétante, Halloween est une invention très ancienne que l’on doit aux Gaulois. Enfin plutôt aux Celtes, nos vrais ancêtres, super-conquérants qui ont envahi nos terres du XIè au IXè siècle avant J.-C. et y ont bien sûr alors imposé leur culture.

La fête dont le héros est un homme à tête de citrouille existait donc déjà en Gaule il y a plus de deux mille cinq cents ans. A l’époque, on l’appelait Samain. Elle célébrait l’été et le passage à la nouvelle année. Les Celtes croyaient farouchement à tout un tas de divinités, fées et esprits. Pour eux, à la date du Samain (qui correspond aujourd’hui à notre 31 octobre), les esprits des morts étaient plus que susceptibles de rendre visite à leur famille, pour y trouver un peu de chaleur et de réconfort à l’approche de l’hiver. Tout cela aurait pu être presque convivial… Cependant, les vivants craignaient que leurs défunts n’aient quelque dessein caché et choisissent de les emmener avec eux, une fois leurs civilités accomplies. Afin d’effrayer les esprits, les Gaulois se grimaient donc avec des masques et des costumes grotesques.

Alors qu’en France, la culture celte disparaissait, la coutume de Samain a perduré dans les îles britanniques où elle a pris le nom d’Halloween. Les Irlandais, eux, ont inventé le personnage de la courge luminescente, condamné à errer pour avoir défié Satan. Importé aux Etats-Unis lors de la grande vague d’immigration de 1846, Jack O’Lantern allait, dès lors, connaître la carrière que l’on sait. Etrangement, ce n’est que depuis quelques années que la coutume nous est revenue. Les défenseurs de la culture française peuvent donc se rassurer : Halloween est bien une fête gauloise. Ne reste plus qu’à la célébrer comme des Américains.