L’aparté de la semaine : la solitude du lundi matin

La solitude du lundi matin
© Paola Chaaya

 

On connaît l’angoisse ou la déprime du dimanche soir. Bien que le système se remette en marche inévitablement toutes les semaines, l’esprit a tendance à mettre des œillères pour se concentrer sur les jours qui l’intéressent. En l’occurrence ceux auxquels il est confronté dans le présent. Il s’apaise au fur et à mesure que le week-end approche, les apéros avec les ami.e.s, les repas de famille, le cocon familial qui rebooste un ego entre la poire et le fromage pour nous rappeler exactement ce que nous sommes et ce que nous valons.

Dimanche soir, il est en pause, diverti et hypnotisé par un nouvel épisode de série ou un bon bouquin. Il repousse au maximum le moment où la réalité du quotidien va reprendre le dessus. À quoi bon se tourmenter maintenant alors qu’il nous reste une bonne nuit de sommeil avant la tempête…

Le réveil sonne. C’est l’heure. Les rouages de notre bonne vieille routine se remettent en marche avec les premières gorgées d’un café bien chaud, dernier rempart avant l’apocalypse annoncée du macadam parisien et de l’aliénation du quotidien. L’angoisse surgit alors et vient se fixer quelque part au fond de nos entrailles pour la journée. Trop de monde dans les rues, pas de place dans le métro, ceux qui klaxonnent, poussent, jurent, bousculent, des personnes dans le besoin qui nous rappellent la condition précaire dans laquelle nous sommes tous, le boulot et ses aléas, les potins qui reprennent, la liste des tâches qui s’allongent à vue d’œil, les petites frustrations qui nous fragilisent.

Et puis on lève les yeux et on voit que le ciel est bleu et que le soleil brille. On croise le regard d’un passant, quelques sourires du tout-venant. Les échanges qui reprennent, les plans qui s’organisent, les conversations effervescentes… Peu à peu tout va mieux. La quiétude revient. Il s’agissait juste d’une petite angoisse passagère liée à la solitude du lundi matin.