Omar Kokach : des champs de batailles aux rangs de l’AFP à Paris

Après avoir obtenu l’asile politique, Omar Kokach a quitté Damas en juin 2017 pour la ville de Rennes où il étudie désormais le journalisme. Aujourd’hui, il poursuit un stage au sein de l’AFP à Paris. Portrait d’un réfugié syrien dont la volonté surmonte tous les obstacles.

 

Omar Kokach, réfugié syrien

 

« J’ai commencé à être reporter citoyen à l’âge de 16 ans, au moment où la guerre a commencé en Syrie. Je participais à toutes les manifestations avec ma caméra » raconte Omar. Né dans une famille d’opposants au régime syrien, le jeune homme a activement participé à la diffusion des images de la guerre en Syrie dont certaines ont été reprises par l’AFP. Un acte qui lui a valu d’être emprisonné trois fois. Mais cela n’empêche pas le journaliste en herbe de continuer sous différents pseudonymes. Début 2017, la situation de la famille Kokach devient critique. Omar a perdu plusieurs membres de sa famille et devient la première cible des soldats lors des manifestations. « Un jour, pendant qu’on fuyait les soldats, un autre journaliste civil est mort à côté de moi d’une balle dans la tête, ça aurait pu être moi » évoque-t-il avec émotion mais sans jamais pour autant verser dans le pathos, car Omar reste pudique. Et cela quelles que soient les circonstances. Il préfère parler de ses réussites que des obstacles qu’il a rencontrés : « A mon arrivée, la ville de Rennes a été très solidaire, les gens étaient accueillants et gentils. Je ne parlais pas un mot de français mais j’ai réussi à apprendre par moi-même sur internet et grâce à des applications ».

 

Un stage à Paris

En janvier 2018, il intègre le programme « Wintegreat » de Sciences Po Rennes. « J’y ai construit mon réseau avec les étudiants et élèves de Sciences Po. Grâce à eux j’ai appris le français intensivement, ils m’ont aidé à trouver ma licence à Lanion et mon stage à l’AFP à Paris ». Un stage pour lequel il ne cache pas son enthousiasme : « J’ai hâte de vivre à Paris et j’espère pouvoir venir continuer ma licence ici ». Car il voit désormais son avenir en France : « la France est un beau pays, j’y retrouve un apaisement que je n’avais pas connu depuis plusieurs années ». Un apaisement qui ne parvient tout de même pas à panser ses blessures, car lorsqu’on lui parle de son ancienne vie à Damas, Omar répond presque froidement : « tous les bons souvenirs ont perdu de leurs valeurs. J’ai connu des endroits qui étaient vivants grâce aux gens qui les occupaient. J’avais mes amis, qui ne sont plus là. Ma maison n’existe plus ».