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Orchestre Orage raconte son Paris idéal

Uèle Lamore est une jeune cheffe d’orchestre bien décidé à révolutionner le genre. Déjà en imposant le sien, ce qui n’est pas négligeable lorsqu’on sait l’infime proportion de femmes à la tête d’orchestres, mais aussi en dépoussiérant le répertoire. Sa vingtaine d’instrumentistes accompagnent en effet les groupes de musiques actuelles parmi les plus cool du moment (Agar Agar et Renart de la maison Cracki Records par exemple, Grand Blanc). Pour voir Orchestre Orage en concert, il faudra attendre un peu : le 1e décembre, mais avec des super guests prévus ! En solo, Uèle travaille sur la musique d’un film qui sortira l’année prochaine, Trip, et compose des bandes originales pour plusieurs projets audiovisuels. Entre tout ça, elle a pris le temps de nous raconter son Paris.

A quoi ressemble un week-end type parisien chez toi ?

La plupart du temps, le week-end est en fait le temps de la semaine le plus chargé. Mais quand je sais que ça ne va pas l’être, un de mes trucs favoris est de sortir de chez moi en vélo sans prendre ma montre ou mon portable et juste pédaler dans tout Paris et découvrir de nouveaux coins.

Ton ou tes bars préférés ?

 Le Championnet à Guy Môquet que mon frère vient de reprendre. La Méduse pour un bon cocktail, et quand on se sent fou fou avec sa carte bleue, la Maison Du Saké.
orchestre orage
© La Méduse

Ton petit secret / adresse confidentielle ?

Le Bal, c’est une galerie qui fait des expos de photographie moderne et contemporaine de tous horizons et beaucoup d’artistes japonais. En plus il y a un resto de tapas japonais et un saké bar avec un super choix.
oeuvre du Bal, musée préféré de orchestre orage
© Le Bal – RAQ. Anbar Province, Iraq. June 2008.

Ton ou tes restos préférés ?

 Le Tien Hiang rue Bichat, juste LA bonne adresse à absolument connaître, qu’on soit végétarien ou pas !
Plat de Tien Hiang, restaurant préféré de orchestre orage
© Tien Hiang

Ton quartier préféré ?

 Le 13e arrondissement côté BNF le soir. Ce quartier se vide complètement et devient une vraie mini ville fantôme à partir d’une certaine heure. Parcourir ses immenses rues au milieu de la forêt de nouveaux buildings hyper futuristes en allant à 100 à l’heure en vélo sans croiser un chat, c’est juste délirant.

Ton ou tes musées préférés ?

Le Musée Guimet des Arts Asiatiques, Beaubourg et le Musée de la Chasse.

 

Ce que tu préfères à Paris ?

Un truc que je trouve incroyable dans cette ville, c’est qu’on peut sortir les mains dans les poches, sans portefeuille ni rien et trouver milles activités culturelles de qualité qui sont complètement gratuites et ouvertes au public. C’est vraiment un truc de fou qu’on devrait chérir et développer encore plus.

S’il y avait une chose à changer dans cette ville, ce serait laquelle ?

C’est  en train de se passer, mais je dirais intégrer plus les banlieues à la vie parisienne et partager le standard de qualité de vie de cette ville avec ses proches voisins. Mon studio de travail est à Vitry, et je vois dès que je passe le periph’ la différence : le contraste est hyper frappant, surtout pour tout ce qui est accès aux transports, propreté de la ville, service public… Vivre à même 100 mètres du periph’ change tout, et ce n’est pas normal.

C’est comment d’être artiste / musicienne dans la capitale ?

C’est vraiment super. Je trouve qu’on assiste depuis deux ans à une nouvelle explosion de créativité dans la ville avec des collectifs, artistes et groupes géniaux qui apparaissent partout. Et un vrai sens de la communauté et une solidarité qui en découle. Avant, il n’y avait que les musiques électro qui étaient vraiment quali, mais maintenant on a tous les styles qui sont là et c’est génial. Ça me rend hyper contente de faire de la musique ici et de côtoyer au quotidien tous ces gens.

Ton ou tes artistes parisiens préférés ?

Il y en vraiment une tonne, mais si je devais en citer quelques-uns, je dirais Grand Blanc, Kodäma, Renart, qui ont tous les trois récemment sorti des albums géniaux. Et un peu moins connu aussi, Midori du label Menace qui vient de sortir un EP juste incroyable à écouter absolument.

 

Ton ou tes disquaires préférés ?

Je n’achète presque plus de disques physiques ! J’achète absolument toute ma musique sur Bandcamp et iTunes. Et quand j’aime vraiment un album j’achète le CD ou vinyle directement sur le site de l’artiste.

Ton ou tes festivals de prédilection ?

 Je dirais We Love Green qui a une programmation démente tous les ans.

Plutôt hiver, automne, printemps ou été à Paris ?

 100% meuf de l’automne mais je commence a aimer l’été de plus en plus !

Quelle a été ta dernière découverte ?

Le Cinéma Arlequin rue de Rennes. J’y suis allée avec une copine voir une version remasterisée et projetée sur bande comme dans le temps de 2001 : A Space Odyssey. C’était vraiment génial. Et du coup je me suis rendue compte qu’ils font aussi des live stream des captas Arte concert, Culture box…  de ballets ou d’opéras dans les salles de cinéma. Vraiment une super idée.

Ton meilleur souvenir de concert à Paris ?

Quand j’avais environ 13 ans, je suis allée voir Les Fées de Wagner au Théâtre du Châtelet avec mon école. C’était la première fois que je voyais pour de vrai un opéra et je n’étais pas du tout branchée classique. Et ce fut ma première expérience de « wow » total avec la musique. C’était absolument magique, je suis sortie de là tellement impressionnée par ce que je venais de voir.

Ta soirée parisienne la plus épique ?

Je dirais le soir où je suis allée à l’anniversaire d’une de mes meilleures potes dans un club échangiste tenu par ses parents (histoire vraie). Pour ensuite finir dans un état d’ébriété assez avancé en compagnie d’une amie anglaise que je n’avais pas vue depuis 10 ans, dans un club gay 10 minutes avant la fermeture. Juste le temps de faire quelques shots avec une charmante demoiselle, que je me fais virer avec elle à coups de balai du bar (un vrai balai). Cette personne est depuis ce jour devenue ma encore plus charmante copine !